Top Edge : Chapitre 65 - Même une journée, c'est trop


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… c’est déjà en tendances.

Malken était debout sur le canapé, un pied planté dans le dos de Leizhe, une tablette à la main, faisant défiler sans arrêt les commentaires.

— Ils disent quoi ? marmonna le chef des Rossignols, allongé de tout son long, savourant le massage brutal.
— Ils exigent que les Margs se conforment à la volonté du général et reconnaissent la validité de l’accord.

Malken, les yeux rivés sur l’écran, ne regardait absolument pas où il mettait les pieds. Il écrasa accidentellement le cou de Leizhe.

— Tu essaies de me tuer ou quoi ?!
— C’est le niveau de service gratuit.

Malken se déplaça et continua à marcher le long de la colonne vertébrale de Leizhe.

— L’opinion publique est globalement fixée. Sauf imprévu, on peut lancer un référendum national, dit-il. Mais beaucoup espèrent encore une union pacifique entre les Margs et les civils.
— Le capitaine et Adolf ? fit Leizhe en tournant la tête. Ils ne savent pas à quel point Adolf est retors.
— Le chef est mort, répondit Malken en relevant enfin les yeux de la tablette. Les gens ont besoin d’un nouvel espoir. L’image des Margs ne s’est pas encore totalement effondrée. Si le négociateur rompt les fiançailles, ça risque de provoquer un mécontentement populaire.
— Et alors ? dit Leizhe. Tu crois que Klet va rester les bras croisés ?
— C’est vrai.

Malken hocha la tête.

— Mais puisque le boss est un Marg, autant que ce soit une union entre eux deux.

Trop concentré sur sa réflexion, Malken ne remarqua pas qu’il s’approchait dangereusement du bas du dos de Leizhe. Son pied glissa entre ses fesses et heurta quelque chose.

Un hurlement de douleur retentit dans le salon.

— Aaaah  !

Malken laissa tomber la tablette, paniqué.

— J-j’suis désolé… !

 ⸻

Pendant ce temps, dans la villa de Miller.

— La pression est bonne ?
— Mm… parfaite…

Shen Siwei était allongé sur le canapé, la tête posée sur la cuisse de Klet, profitant d’un massage crânien divinement efficace. Les doigts rugueux appuyaient sur ses tempes avec une force juste, dissipant sa fatigue comme par magie.

— Tu veux ailleurs ? demanda Klet.
— Oui, s’il te plaît.

Shen Siwei ferma les yeux, détendu. Il sentit son compagnon se lever, glisser un coussin sous sa tête, puis le retourner pour qu’il soit allongé sur le ventre. Deux mains se posèrent sur le bas de son dos. Les muscles tendus furent pétris par les pouces, comme un glacier fondant en eau vive. Il ne résista pas à la pression.

— Un peu plus fort.

Soudain, un genou se glissa entre ses cuisses. Avant qu’il ne puisse réagir, les mains appuyèrent brutalement, lui arrachant un gémissement étouffé.

— Tu veux me briser la taille ou quoi ?

Shen Siwei tourna la tête, contrarié, et croisa le regard sombre de Klet.

Il resta figé une seconde, puis se redressa.

— On s’arrête là.

À peine avait-il parlé que Klet le plaqua de nouveau contre le canapé.

— Tu sais à quel point tu m’as manqué ?

Sa voix était chargée de reproche, il était visiblement encore agacé par les fiançailles. Shen Siwei ne put s’empêcher de rire.

— On a été séparés une journée.
— Même une journée, c’est trop.

Klet se pencha pour l’embrasser.

— Là, tu ne risques plus d’étouffer, non ?
— Attends, c’est pas le mom-

Ses lèvres furent capturées. Grâce aux capsules araignées, leurs langues s’affrontèrent. Klet avançait, lui esquivait, jusqu’à ce qu’il trouve l’ouverture parfaite : il mordit violemment la lèvre de son compagnon et le repoussa.

— Ne gaspille pas mon oxygène pour ça.
— Gaspiller ?

Les sourcils de Klet se froncèrent.

— Et puis...

Il n’eut pas le temps de finir. Klet l’embrassa de nouveau. Le baiser, censé être tendre, était teinté d’agressivité, comme une punition pour son manque de coopération. Mais Shen Siwei ne se laissait jamais faire. Il leva le genou et envoya un coup de côté, le projetant contre la cheminée décorative. Au même instant, la porte coulissante s’ouvrit brusquement de l’extérieur, et la silhouette d’Adolf apparut.

Le capitaine avait voulu dire que, vu que la nouvelle était sortie, Adolf viendrait forcément les chercher et que donc ce n’était clairement pas le moment pour ça. Mais Klet avait été trop pressé.

Les pas du Marg s’arrêtèrent net face au bruit. Il observa Klet, littéralement collé au mur, avec suspicion.

— Qu’est-ce que vous êtes en train de faire ?

Klet se détacha calmement du mur, alla s’asseoir à côté de Shen Siwei, comme si rien ne s’était passé. Le soldat ne répondit pas non plus.

— On ne frappe pas ? dit-il en fronçant légèrement les sourcils.
— C’est le dernier étage. Mon territoire.

Adolf entra, les dominant du regard.

— Je vais où je veux.

Visiblement frustré par l’affaire Miller, il cherchait un semblant de supériorité dans ce genre de détails.

— Qu’est-ce qu’on fait des promesses, alors ? cracha-t-il.
— J’ai changé d’avis en rentrant, répondit Shen Siwei tranquillement. Tu devrais être habitué. Tu es né dans une famille politique, tu ne devrais jamais croire les paroles de qui que ce soit.

Le capitaine ne pensait évidemment pas qu’Adolf était naïf. Il avait simplement sous-estimé son adversaire.

— Pourquoi tu ne me forces pas à céder le pouvoir ? lança Adolf avec agressivité. Tu sais te battre, non ?

Shen Siwei resta sur ses gardes. Adolf cherchait probablement à provoquer une attaque pour se poser ensuite en victime et retourner l’opinion publique. Mais honnêtement, à ce stade, l’autre avait déjà perdu le contrôle.

— Ce ne serait pas intéressant, répondit-il. Les choses doivent être faites correctement, et avec justification.
— Ne crois pas que parce que tu as révélé le suicide en premier, je ne peux rien te faire, menaça Adolf. Il y a encore plein de zones d’ombre. J’ai les moyens de faire requalifier ça en meurtre.
— Oh.

Shen Siwei resta indifférent.

— Il y a une foule entière devant le manoir pour rendre hommage au général Miller. Tu es sûr de ne pas vouloir t’occuper des funérailles d’abord ?

La mort d’un dirigeant était un événement majeur pour l’Arbre de Vie. Les funérailles ne pouvaient en aucun cas être bâclées.

Adolf voulut ajouter quelque chose, mais comprit vite que le soldat ne mordrait pas à l’hameçon. Il finit par partir, furieux. Shen Siwei, n’ayant aucune envie d’être dérangé à nouveau, donna un coup dans le système de l’ascenseur, le détruisant. Désormais, pour entrer ou sortir de la chambre, il faudrait soulever manuellement la lourde porte métallique.

— Klet ?

Il retourna vers le canapé et regarda celui qui boudait, la tête tournée vers la baie vitrée.

Klet ne dit rien.

— J’ai de nouveau mal à la tête.

Shen Siwei se pencha contre sa cuisse.

— Tu peux me masser un peu ?
— C’est la deuxième fois.

Klet tourna enfin la tête, l’agacement clairement visible.

— Tu m’as repoussé deux fois.
— Oui, ça n’arrivera plus, pardon…

Le ton de Shen Siwei se fit traînant, presque plaintif.

— J’ai mal à la tête. Tu crois que la puce a un problème ?
— Ça fait vraiment mal ?

L’agacement disparut instantanément. Klet massa nerveusement ses tempes.

— Comme ça, c’est mieux ?
— Oui…

Shen Siwei ferma les yeux.

 ⸻

Le bruit du verre brisé envahit une autre pièce luxueuse.

— Pourquoi est-ce si compliqué de maquiller ça en suicide ?!

Adolf fracassa le vase sur la table basse et hurla sur la personne assise sur le canapé.

— Les somnifères, la lettre d’adieu… C’est quoi ce cirque ?!
— Les somnifères, c’était au cas où il résisterait.

Quant à la lettre, si on voulait un suicide crédible, il fallait bien une raison.

— Tu trouves ça crédible ? Que mon père se sente coupable envers de simples civils ?

Adolf serra les dents.

— Sans tes initiatives inutiles, je n’aurais jamais pensé à faire porter le chapeau à Shen Siwei et à ce fugitif !
— Les accuser était une bonne idée. Mais qui aurait cru que ce Shen Siwei serait aussi pénible ?

Adolf faisait les cent pas, nerveux.

— À cause de cette lettre, ils s’accrochent obstinément à la thèse du suicide. Maintenant je dois prouver que c’est un meurtre. Je suis en train de creuser ma propre tombe ou quoi ?

Il se tourna brusquement vers la personne sur le canapé.

— Non… C’est toi qui m’as tendu le piège, pas vrai ? Si tu avais fait ça correctement, je ne serais pas dans ce merdier !
— Tu m’as demandé de maquiller ça en suicide. J’ai exécuté. Je ne pouvais pas prévoir la suite.
— Putain.

Adolf attrapa un objet décoratif et le fracassa au sol.

— Qu’est-ce que tu proposes maintenant ?

Des éclats volèrent vers le canapé. La personne inclina la tête pour les éviter, ajusta ses lunettes et répondit :

— Je ne comprends rien à la politique. Tu es le décideur. Trouve une solution.
— À quoi tu sers, alors ?! s’emporta Adolf. Tu ne sais faire que de la recherche ! À quoi ça sert, hein ?
— Mon travail, c’est la recherche.

Adolf eut l’impression de parler à un mur. Il se frotta l’arrière du crâne, puis lâcha, abattu :

— Je vais vraiment me retrouver à égalité avec les civils ? Quelle blague…
— Il n’y a peut-être pas d’autre choix. As-tu vu le communiqué des Rossignols ? La station énergétique des grands fonds est toujours opérationnelle. Rien que ça suffit à ébranler le pouvoir des Margs.
— Tu as raison.

Les yeux d’Adolf s’illuminèrent soudain.

— Il faut d’abord démolir cette information. Je dois faire comprendre aux civils que personne ne peut s’approcher des abysses. Les Rossignols mentent.
— Mais si une autre station apparaît, comme celle de Z City dans le district Ouest, hors de tout contrôle, alors les civils sauront qui ment.
— Merde !

La personne soupira et se leva.

— Occupons-nous d’abord des funérailles.

 

 

 

 


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