Silent Reading : Chapitre 40 - Humbert Humbert VIII
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| @羅羁 |
— «
L’enfant disparu s’appelle Qu Tong, onze ans. En essayant d’aider
l’enseignante à détourner l’attention du ravisseur, elle a jeté un
dispositif d’alarme par la fenêtre, puis, profitant de la confusion,
elle s’est enfuie. Nous ne savons pas où elle est allée. »
— « Faites
venir des chiens policiers du district de la Crête Ouest. » Après avoir
écouté le rapport, Luo Wenzhou resta étonnamment calme. « Ce n’est pas
grave. Une enfant ne peut pas aller bien loin. Trouvez des gens
compétents pour rassurer les parents. Si elle n’avait pas fui, elle
aurait eu de graves problèmes avec le ravisseur. Cette gamine est plutôt
futée. »
Fei Du tourna la tête et siffla en direction de ses compagnons peu fréquentables, restés plus loin. Dans cette société de feignants, il pouvait en rassembler une centaine d’un seul appel. Ces fils de bonne famille avaient commencé par faire la course à moto sous la pluie, puis avant même d’avoir complètement séché, ils avaient encore participé à une opération de sauvetage. Bien qu’ils n’aient servi que de figurants et n’aient même pas vu si le ravisseur était gros ou maigre, la stimulation leur suffirait largement pour tenir toute l’année.
En entendant Fei Du, ils accoururent en masse.
— « Maître Fei, qu’est-ce qu’on peut faire d’autre ? »
— « Ils sont du Commissariat Central. »
En quelques phrases, il résuma la glorieuse existence du bel homme se tenant devant lui. Puis ajouta :
—
« Une fillette de onze ans a disparu du bus. Je vais envoyer sa photo
dans le groupe tout à l’heure. Si vous n’avez rien de prévu cette nuit,
aidez à chercher. »
— « D’accord, aucun problème ! »
Zhang Donglai réussissait enfin à se tenir droit devant Luo Wenzhou. Il lui lança un sourire taquin et hocha la tête.
— « Bonsoir, Capitaine Luo. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, appelez-nous, on est tous de la même famille ! »
Luo Wenzhou le détailla froidement. Il avait entendu dire qu’après ses dernières frasques, le jeune maître Zhang avait été enfermé à la maison dans une « petite chambre noire » pendant plusieurs mois. À l’instant présent, venant probablement d’être « libéré pour bonne conduite », il portait un débardeur laissant ses bras à nu, un pantalon troué de chaque côté, et une nouvelle coupe de cheveux : une crête de coq rasée, d’où partaient dans tous les sens des mèches longues multicolores. À l’arrière de son crâne, un caractère avait été gravé.
Par curiosité, il demanda :
— « C’est quoi, sur votre tête ? »
Zhang Donglai se mit immédiatement au garde-à-vous.
— « Le caractère endurer. »
Sans le vouloir, Luo Wenzhou ressentit une profonde révérence : ainsi donc, l’auguste apparence du jeune maître Zhang était le fruit de l’endurance.
— « Capitaine Luo, soyez tranquille, je connais bien le coin », dit Zhang Donglai. « Nous autres bourgeois sommes la principale source de pollution ici. À part le luxe et la décadence, il n’y a aucun autre fléau. Dans un rayon de cinquante kilomètres, l’animal sauvage le plus féroce, c’est un écureuil. Il n’y a absolument aucun danger ! »
Ce n’était pas faux. À cette époque, la Crête Ouest, déjà un secteur élitiste et isolé, avait été vidée encore davantage par l’orage.
Jusqu’où une fillette paniquée aurait-elle pu courir ?
À l’annonce de la nouvelle, personne ne s’affola vraiment. Tout se déroulait de manière méthodique. Han Chengzheng, devenu fou, fut emporté dans un sac mortuaire ; une ambulance emmena l’enseignante Hu, grièvement blessée, ainsi que le ravisseur Han Jiang, encore en vie. Les élèves terrifiés quittèrent les lieux par groupes, accompagnés de leurs parents, pour subir des examens médicaux et un suivi psychologique.
Les chiens policiers transférés furent rapidement mis en place. Plusieurs petites équipes de recherche se séparèrent pour quadriller la zone. Zhang Donglai réussit on ne sait comment à rassembler une flotte de cabriolets aux couleurs criardes qui, diffusant à plein volume le générique de la Chèvre Joyeuse et le Grand Méchant Loup¹, se déployèrent rapidement sur les routes des environs pour participer aux recherches.
Les professionnels et les amateurs évoluaient chacun de leur côté, sans se gêner mutuellement, se complétant même assez bien, malgré le fait que la diffusion en boucle de Ne me regarde pas, je ne suis qu’un mouton avait quelque chose de franchement écœurant.
Fei Du posa la main sur la portière et fit un signe de tête à Luo Wenzhou.
— « Allez, allons voir l’endroit d’où l’enfant s’est enfui. »
L’autre monta sans se faire prier, pointant en même temps le torse du conducteur en prenant un ton de seigneur féodal :
— « Habille-toi correctement. C’est quoi tout ce cirque ? »
Fei Du rassembla paresseusement les pans de sa chemise, fermant quelques boutons au hasard sans même vérifier leur alignement. Le résultat n’était guère mieux que lorsqu’elle était ouverte, le tissu étant encore trempé.
— « Des courses. »
— « En cabriolet ? » demanda Luo Wenzhou.
—
« À moto. Deux se sont même vautrés. Avant que vous ne boucliez la
route, une ambulance est venue chercher quelqu’un qui s’était fracturé
un os. »
Fei Du démarra avec douceur et, d’un ton inhabituellement enjoué, sans la moindre pointe de sarcasme, le taquina :
— « Bien sûr, ça peut être un peu trop stimulant pour les personnes d’âge mûr. »
Luo Wenzhou baissa les yeux vers ses bottes maculées de boue et réalisa, avec une certaine tristesse, qu’il approchait peut-être effectivement de l’âge mûr, car il était incapable de comprendre comment ces jeunes pouvaient être aussi désœuvrés.
— « Qu’est-ce qui est arrivé à ta main ? » Fei Du lança un regard désinvolte aux trois marques. « Qui était d’humeur si explosive ? »
Luo Wenzhou, écoutant les rapports d’avancement des équipes de recherche, répondit distraitement :
— « Ton petit frère. »
Fei Du resta interdit.
— « Bien reçu. Faites attention aux endroits difficiles d’accès. Après une expérience pareille, une enfant peut être psychologiquement sous pression ; elle s’est peut-être cachée quelque part. »
Il posa le talkie-walkie et se tourna vers le jeune conducteur.
— « Tu trouves que ça ressemble à des griffures de primate ? Aucun bon sens… Ce bâtard de chat que Tao Ran t’a donné, tu as oublié ? Petit morveux, quoi que tu fasses, au bout de deux jours et demi de nouveauté, c’est toujours nous qui devons nettoyer derrière toi. »
Fei Du marqua une pause, un peu perdu, puis sembla se souvenir de quelque chose ; ses yeux en amande, jusqu’alors à demi-clos, s’ouvrirent brusquement.
La nuit défilait de part et d’autre des vitres. Longtemps, il ne dit rien, jusqu’à ce que les lumières vives apparaissent devant eux, indiquant qu’ils approchaient du lieu où la fillette avait initialement pris la fuite. Alors seulement, il parla, son ton indéchiffrable :
— « Après toutes ces années, tu l’as encore ? »
—
« Oh, qu’est-ce que tu veux que j’en fasse ? Te le donner ? Si tu le
veux, dépêche-toi de l’emmener, mais ne viens surtout pas me le
rapporter. » Pensant au chat démoniaque, la main de Luo Wenzhou se remit
à le lancer, et il la gratta machinalement. « Arrête la voiture un peu
plus loin. L’enfant a peut-être laissé des empreintes, ne les abîmons
pas. »
Fei Du s’exécuta et s’arrêta à distance.
— « Tu… euh, tu dois te faire vacciner ? »
À cette question pourtant tout à fait banale, Luo Wenzhou fut profondément ébranlé ; bien plus que si Luo Yiguo avait soudain surgi pour se blottir contre lui. Il en resta même un peu interdit.
— « N-non… pas besoin, le dernier n’est pas encore périmé. »
Le Capitaine Luo était invincible onze mois et demi sur douze. Le médecin qui l'avait vacciné lui avait même proposé de lui obtenir une « carte annuelle », passant ainsi du statut de particulier à celui de professionnel.
Une fois remis de son choc, il ne put s’empêcher de lancer une petite pique :
— « Te voir soudain si filial me rend un peu nerveux. »
Fei Du réprima l'expression inhabituelle de son visage et reprit son ton traînant et insupportable. Avec son légendaire sourire de façade, il répondit :
— « Prendre soin des personnes âgées esseulées est le devoir de chacun. Tsk, tenir compagnie à un chat dans la nuit sans fin, semble bien triste. »
Peut-être parce que Fei Du était habillé de manière indécente, ou peut-être parce que la bonne opinion que Luo Wenzhou avait de lui-même lui était montée à la tête, il eut l’impression que le regard flottant du jeune homme tandis qu'il débitait des inepties avait quelque chose de vaguement séduisant. Ce « nuit sans fin » murmuré inspirait véritablement la rêverie.
Sa bouche dérapa.
— « Quoi, » dit-il, se permettant une petite digression, « tu m’offres une consolation orale ? »
Dès que cette plaisanterie franchissant la ligne fut prononcée, tous deux se turent simultanément. À l'intérieur de la petite voiture de sport étroite, l'atmosphère était si étrange qu'elle en était indescriptible.
Luo Wenzhou aurait donné n’importe quoi pour ravaler ces mots échappés sans prévenir. Il resta interdit un instant, puis toussota sèchement et tenta maladroitement de rattraper le coup :
— « À la fin de l’année, n’oublie pas d’apporter une boîte de gâteaux à papa. »
Fei Du força un rire.
— « Je dois aussi brûler trois bâtons d’encens ? »
Ils sortirent ensuite tous les deux de la voiture, d’un commun accord tacite, décidés à oublier l’embarras précédent à l’intérieur de l’innocent véhicule.
Luo Wenzhou se souvenant soudain de quelque chose se tourna vers Fei Du.
— « À propos, il me semble que tu aimais bien ce chat. Pourquoi as-tu refusé si obstinément de le garder par la suite ? »
Fei Du posa la main sur la portière, son geste se figeant. Les lumières lointaines éclairaient son front et ses sourcils découverts ; leurs courbes semblaient avoir été taillées ainsi, avec une précision calculée.
— « Un animal de compagnie ? » Après une courte pause, il répondit, comme si de rien n’était : « C’est trop contraignant. Je n’osais pas le dire devant Tao Ran. Et puis… »
Il leva les yeux, la pointe d’un sourcil frémissant légèrement.
— « Et si j’avais le hobby de torturer et tuer les petits animaux ? Si je perdais le contrôle, je n’aurais aucun moyen de m’expliquer auprès de Tao Ran. J’ai donc préféré garder mes distances. Capitaine Luo, trouvez-vous que ce soit une explication raisonnable ? »
Luo Wenzhou resta figé, pressentant instinctivement que les paroles de Fei Du n’étaient pas une plaisanterie répugnante. Mais avant qu’il n’ait le temps d’en saisir les sous-entendus, la voix d’un membre d’une équipe de recherche retentit dans son oreillette.
— « Capitaine Luo, nous avons retrouvé l’endroit d’où la fillette a lancé le dispositif d’alarme, ainsi que des empreintes de pas. »
⸻
Lorsque le professeur Hu avait été attaqué, la pluie s’était déjà calmée. Les ornières laissées par l’arrêt du bus n’avaient pas complètement été effacées par l’eau. À ce moment-là, le chauffeur se trouvait à l’avant, et l’assaillant avait été repoussé hors du véhicule par l’enseignante. Si la fillette avait voulu fuir, elle n’avait pu que sauter par l’arrière du bus et courir dans une direction lui permettant d’éviter les phares. En suivant cette hypothèse, les équipes avaient rapidement trouvé des traces laissées par une enfant.
Les chiens policiers se lancèrent à la poursuite de la piste.
Tout le monde eut l’impression que la chance était de leur côté. À l’endroit choisi par le ravisseur pour s’arrêter, la route était en mauvais état, avec beaucoup de terre à nu. Qu Tong avait laissé de nombreuses marques ; en suivant ces traces, on devrait pouvoir retrouver l’enfant sans difficulté.
Mais dans la seconde moitié de la nuit, il n’y avait toujours aucune nouvelle de l’enfant.
Les parents de la fillette fixaient les allées et venues des policiers et des bourgeois bénévoles. Les yeux du père étaient comme des lampes à détecteur de mouvement : au moindre souffle de vent ou bruissement d’herbe, ils s’illuminaient, mais dès qu’un chercheur repartait, ils s’éteignaient de nouveau, encore et encore.
— « Capitaine Luo, venez voir ça ! »
Luo Wenzhou se fraya un passage dans la foule. Plusieurs chiens de recherche s’étaient arrêtés au même endroit, accroupis, la langue pendante. Il caressa distraitement la tête de l’un d’eux et s’accroupit à moitié. Sur une pierre coupante subsistaient de légères traces de sang, et la lanière en cuir d’une sandale y était accrochée.
— « Faites venir les parents pour confirmer que cette lanière appartient bien à la sandale de Qu Tong », dit un secouriste à proximité. « Plus loin, on retrouve des empreintes de pas d’enfant. Il y a aussi des sillons assez longs. On suppose que la fillette a couru par ici, puis trébuché sur une pierre et chuté. Il y a également des empreintes d’adulte et des traces de pneus. À vue de nez, pointure quarante et un ou quarante-deux, très probablement un homme. »
Le capitaine resta silencieux un instant.
— « Vous voulez dire que quelqu’un est passé par hasard et a emmené l’enfant. »
— « C’est très probable. Les chiens ne détectent plus rien au-delà. »
À la lueur de la lampe de son collègue, le regard de Luo Wenzhou balaya la zone.
Empreintes entremêlées, sol retourné de façon chaotique à l’endroit de la chute, la terre détrempée par la pluie… À première vue, il était très difficile de déterminer exactement ce qui s’était passé.
— « Capitaine Luo, je pense que c’est plutôt une bonne nouvelle. Si quelqu’un est passé et a secouru l’enfant, au moins elle n’aura pas passé la nuit seule dans la nature. »
L’expression de Luo Wenzhou resta sombre. Il ne répondit pas.
Au bout d’un long moment, il hocha lentement la tête.
—
« Très bien. Préservez soigneusement la scène. Faites venir les
techniciens pour voir s’ils peuvent déterminer, à partir des traces, si
l’enfant est parti de son plein gré avec cette personne. Et aussi…
préparez un avis de disparition, et surveillez de près si quelqu’un aux
alentours appelle la police après avoir recueilli un enfant. »
— « Bien reçu ! »
—
« Contactez le musée que les élèves ont visité aujourd’hui. » Le cœur
lourd, Luo Wenzhou glissa une cigarette entre ses lèvres, réfléchit
soigneusement à ce qu’il aurait pu oublier, puis ajouta : « Vérifiez les
visiteurs du musée, ainsi que les caméras aux sorties d’autoroute
voisines. »
Le secouriste à côté de lui parut perplexe.
— « Hein ? »
—
« Regardez quels véhicules sont passés », dit Luo Wenzhou à voix basse.
« Portez une attention particulière aux voitures conduites par un homme
seul. J’ai un mauvais pressentiment. »
Dans une zone dégagée et isolée, une petite fille affolée apparaît soudain au milieu de la route et vous raconte qu’un malfrat a détourné leur bus non loin de là. Quelqu’un de normal n’aurait sans doute pas le courage d’affronter un homme armé d’un couteau. Il n’oserait peut-être même pas laisser l’enfant monter dans sa voiture sans vérification ; après tout, les histoires de criminels utilisant des enfants comme appâts circulaient régulièrement.
Il y avait donc deux possibilités : soit il faisait semblant de ne rien avoir vu et repartait, soit, après avoir prudemment interrogé la fillette, il appelait immédiatement la police.
Or, depuis qu’ils avaient établi que le détournement du bus avait eu lieu dans le district de la Crête Ouest, tous les appels adressés à la police du coin leur avaient été transférés. Pourquoi, plusieurs heures après la fuite de l’enfant, n’y avait-il toujours aucune nouvelle ?
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La disparition de la fillette jeta une ombre sur toute l’opération de sauvetage.
Trois jours passèrent en un éclair, et la police ne trouva rien. Du début à la fin, aucune trace de la mystérieuse personne qui aurait emmené la fillette ; que ce soit via l’enquête au musée ou auprès des commerces voisins ayant accepté de garder l’œil ouvert, aucune information utile ne remonta.
En début de soirée du troisième jour, les parents de Qu Tong se présentèrent au Commissariat Central avec une clé USB.
— « Nous ne savons pas qui l’a laissée, ni quand… Elle était dans la boîte à lait. Avec l’enfant toujours introuvable, nous n’avons pas eu l’esprit d’aller la vider ces derniers jours », dit le père de Qu Tong, les yeux rougis. « Le lait s’est accumulé, et ce matin le livreur a frappé pour demander. C’est là qu’on a ouvert la boîte et que cet objet est tombé. »
Lang Qiao, portant des gants, prit la petite clé USB.
— « Qu’y a-t-il dessus ? »
À ces mots, la mère de Qu Tong s’effondra soudain, éclatant en sanglots.
— « Dessus… Il y a un enregistrement sonore. »
Quinze minutes plus tard, Lu Youliang, le front plissé, terminait d’écouter l’enregistrement.
Il durait moins d’une minute. D’abord, les cris paniqués d’une fillette, puis une lutte violente. Après plusieurs dizaines de secondes, les cris et les bruits de lutte s’affaiblissaient peu à peu, jusqu’à ce que tout devienne silencieux. Enfin, un tintement résonnait, comme une boîte métallique remplie de petites clochettes violemment secouée ; ce bourdonnement tremblant semblait frapper directement le cœur, s’étirant longuement, puis l’enregistrement s’interrompait brutalement.
Le coin de l’œil de Lu Youliang tressaillit. Il alluma lentement une cigarette.
— « Directeur Lu. » Luo Wenzhou prit la parole le premier. « Nous avons trop peu d’indices pour spéculer à l’aveugle, mais j’ai passé la moitié de ma vie à écouter Lao Yang parler du Mont Lotus, et l’empreinte est vraiment trop profonde. Je devais venir vous voir pour confirmer. L’affaire remonte à plus de vingt ans, et nous n’en connaissons que des ouï-dire. Vous êtes le seul à l’avoir vécue personnellement. Pensez-vous que cet enregistrement ressemble aux appels que le ravisseur passait aux familles à l’époque ? Est-ce que cela pourrait être un imitateur ? »
Lu Youliang expira lentement un rond de fumée, sans répondre pendant un long moment. Quand le silence se prolongea encore, il parla enfin d’une voix sombre.
— « À l’époque, cette affaire avait fait énormément de bruit. On peut encore retrouver des journaux remplis d’articles interminables. Nous manquions de sens de la confidentialité, et des détails comme “la famille de la victime a reçu un appel terrifiant” ont filtré. Mais… »
Les personnes présentes voyaient rarement une expression aussi grave sur le visage du directeur.
— « Je me souviens de la première fillette disparue, celle de l’affaire du Mont Lotus. Il y avait un détail… Un détail fourni par le père de la victime pendant l’enquête », dit Lu Youliang. « Il disait avoir entendu le bruit d’une trousse au téléphone. Les trousses en métal étaient à la mode à l’époque. Sa fille collectionnait des petites clochettes rondes et les mettait dans sa trousse métallique. Parfois, elle la secouait pour écouter le bruit. Les adultes de la maison n’aimaient pas ce vacarme et la grondaient. Le son qu’il avait entendu au téléphone, c’était sans aucun doute celui d’une trousse. C’est pour ça qu’il était certain que la voix était bien celle de sa fille. »
Lang Qiao, qui prenait des notes pour le compte rendu de réunion, frissonna légèrement.
Ce détail était trop infime. Et comme il n’y avait pas eu d’enregistrement à l’époque, il ne reposait que sur le témoignage du père de la victime. Celui-ci était anxieux, terrifié, dans un état psychologique instable ; il était tout à fait possible qu’il se soit trompé. Il était extrêmement difficile d’en vérifier l’authenticité. C’est pourquoi ce détail n’avait été utilisé qu’à titre de référence.
Il n’apparaissait pas dans les notes de Yang Zhengfeng ; même Luo Wenzhou et Tao Ran n’en avaient jamais entendu parler.
La police n’aurait bien sûr jamais rendu public un détail aussi douteux, alors…
Une consolation orale ? Vraiment Wenzhou ? Haha ne t’en fais pas, Fei Du sera partant pour bien plus, promis.
- La Chèvre Joyeuse et le Grand Méchant Loup (喜羊羊与灰太狼, Xǐ Yángyáng yǔ Huī Tàiláng) : série d'animation chinoise extrêmement populaire, diffusée pour la première fois en 2005. Elle se déroule dans un pré appelé "Greengrassland" et met en scène un groupe de chèvres anthropomorphes, menées par l'intelligente et joyeuse "Radieuse Chèvre" (喜羊羊), qui doivent constamment déjouer les plans maladroits et comiques du loup affamé "Grand Méchant Loup" (灰太狼) et de son épouse, "Louve Rouge" (红太狼). Le ton est résolument léger, comique et destiné aux jeunes enfants. Très mignon avec une innocence très marquée, caractéristique de nombreux programmes jeunesse de cette période. La série est devenue un phénomène culturel en Chine, donnant lieu à de nombreux films, produits dérivés et même un parc à thème.
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