Silent Reading : Chapitre 56 - Humbert Humbert XXIV

 

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Xu Wenchao perdit toute occasion de reprendre son souffle.

Il n’eut même pas le temps de réfléchir à la manière dont la police avait découvert cet appartement ou de se demander s’il avait laissé des traces dans la voiture. Au moment précis où il entendit l’adresse, il sut que tout était fini. Le grondement dans ses oreilles dura une bonne demi-minute. Il resta assis, immobile comme une statue, reléguant au fond de son esprit les policiers assis en face de lui, la caméra de surveillance qui observait avidement, et la petite pièce sombre et étouffante. Il sombra dans son propre monde.

Xu Wenchao avait reçu une éducation de haut niveau. Son intelligence était même supérieure à la moyenne. Il savait distinguer le bien du mal, reconnaissait parfaitement la ligne rouge tracée au sol par la loi et la morale. Il savait ce qu’il faisait, et il en connaissait les conséquences. Pourtant, il n’avait pas pu s’arrêter ; il avait fait tout son possible pour être prudent, réfléchi aux moyens de dissimuler ses crimes, d’effacer les traces qui pouvaient l’être.

Toutes ces années, il s’était senti comme quelqu’un flottant à la surface de l’eau. Le haut de son corps baignait dans la lumière éclatante du jour. Il se mêlait aux gens ordinaires, réfléchissait aux mêmes problèmes de la vie qu’eux, partageait les opinions de la majorité.

Seulement, il ne regardait jamais vers le bas.

Parce que la moitié inférieure de son corps était immergée dans une eau glaciale et boueuse. Il était scindé en deux depuis longtemps. Jusqu’à cet instant précis, où une force extérieure violente avait poussé la partie émergée sous la surface, l’enfonçant dans la vase. Sa bouche et son nez s’étaient aussitôt remplis de ce « liquide » nauséabond et gelé.

Pendant un moment, il ne parvint plus à respirer.

Luo Wenzhou attendit patiemment qu’il reprenne contenance avant de poursuivre :

— « Les photos que vous avez prises sont assez nettes. On distingue même les pores de leur peau. Nous sommes en train de vérifier leurs identités et de les convoquer un par un. À propos, si nous avions leurs coordonnées et leurs adresses, ce serait encore mieux. Pourquoi ne pas avoir laissé une fiche complète pendant que vous y étiez ? »

Au son de sa voix, le regard vague de Xu Wenchao se posa sur lui. Après un instant, ses pupilles retrouvèrent enfin leur netteté.

— « Ça ne servira à rien. »
— « Comment ça ? »
— « Ça ne servira à rien », répéta Xu Wenchao d’une voix basse. « Vous ne trouverez pas de preuves, et ils n’avoueront pas. »

Le policier chargé des notes, enfin pleinement réveillé par l’échange, avait rattrapé grâce aux indications reçues dans son oreillette les développements fulgurants de la journée. Pris d’une soudaine colère, il frappa violemment la table.

— « On ne trouvera pas de preuves ?! L’appartement couvert de sang et rempli d’armes, ce n’est pas une preuve ? Ces photos claires comme le jour, ce n’est pas une preuve ? Vous voulez quoi de plus ?! »

Xu Wenchao le fixa, avec dans le regard une étrange nuance, presque une pitié triste.

— « Mais toutes ces photos datent de la dernière décennie. »

Le policier resta un instant interdit. Il eut envie d’attraper ce monstre déguisé en homme par le col et de le secouer jusqu’à ce qu’il parle. Mais Luo Wenzhou avait déjà compris.

Les clients dont Su Luozhan avait parlé n’avaient fait qu’acheter des fillettes ; ils ne participaient pas à la suite.

Savaient-ils ce qui attendait ces enfants ? Bien sûr, mais ils pouvaient tout aussi bien prétendre l’ignorer.

« Je ne savais pas d’où venaient ces filles. Un ami me les a présentées. Ce n’était que quelques fois. »

« Enlevées ? Assassinées ? On m’a dit qu’elles étaient consentantes. »

Même si l’on retrouvait les corps, ils auraient été soigneusement nettoyés, il serait très difficile d’y découvrir des traces. Il était probable que la police ne trouve aucune preuve directe reliant ces hommes aux enlèvements récents d’enfants. Quant aux photos retrouvées dans la boîte de cendres, elles prouvaient seulement qu’ils avaient agressé sexuellement des fillettes.

Si ces photographies avaient été prises avant l'abrogation du délit de « fréquentation de jeunes filles prostituées1 », alors, selon la théorie de la clémence en droit pénal, même si Lang Qiao avait ramené les cinq hommes figurant sur les photos, il est possible qu'ils n'aient arrêté que quelques individus grossiers ayant « sollicité les services de mineurs ». Ils auraient écopé d'une amende, ou tout au plus d'une peine de prison de trois à cinq ans avant d'être relâchés.

Et puis, dans cette affaire majeure s’étendant sur plus de vingt ans, n’y avait-il vraiment eu que cinq coupables ?

— « Juger les autres relève de nos services. Merci de votre sollicitude », déclara Luo Wenzhou sans ciller. « Malgré toute votre bienveillance, nous ne pouvons pas vous offrir une bannière de soie. Vous feriez mieux de penser à votre sort. D’après ce que je vois, d’autres peuvent échapper à toute responsabilité, mais vous, vous ne pouvez pas vous soustraire aux accusations d’enlèvement, de meurtre et de dissimulation de corps. Qu’avez-vous à dire ? »
— « Au final, moi, un simple étranger, je devrais assumer toutes les conséquences. Quand j’y pense, c’est vraiment absurde. » Les mains crispées de Xu Wenchao se desserrèrent lentement. « Je vais vous dire la vérité. Je n’ai jamais touché Su Luozhan, ni aucune de ces filles. Je n’ai jamais pris d’argent. Je ne suis pas une bête. »

Luo Wenzhou resta un instant sans voix.

— « Alors qu’est-ce que vous avez fait ? Vous avez pris des photos, et aidé à dissimuler tout ça bénévolement ? Mais quel saint ! »
— « Je l’ai fait pour Su Xiaolan. »

En prononçant ces mots, Xu Wenchao baissa légèrement les yeux, comme si son regard se perdait très loin.

— « Elle m’a attiré dès la première fois que je l’ai vue au collège. Elle avait quelque chose de particulier, je n’ai jamais rencontré une autre fille avec ça. J’ai tout essayé pour m’en rapprocher, mais elle était très renfermée, et manquait souvent les cours. Il semblait qu’à part notre professeur principal, à l’époque c’était Wu Guangchuan, personne ne savait où elle allait… Et en cinquième, même le nouveau professeur principal l’ignorait. J’ai compris qu’elle ne semblait apparaître qu’autour de Wu Guangchuan. »
— « Vous avez commencé à le suivre avant Guo Heng ? »
— « Je n’avais pas besoin de le suivre. Je le voyais chaque jour par ma fenêtre. J’avais loué un appartement près de l’école ; vous l’avez déjà trouvé. Ma mère m’aidait dans mes études, mais elle devait aussi s’occuper d’un parent âgé. Elle était tiraillée. En dehors des repas, j’étais presque toujours seul. Su Xiaolan était mon premier amour, le genre auquel on pense jour et nuit. »

Il esquissa un sourire, lançant à Luo Wenzhou un regard complice.

— « Une fois, je me suis réveillé en pleine nuit. J’ai sorti une photo d’elle que j’avais prise en cachette lors de l’anniversaire de l’école, et je me suis allongé pour… me soulager. Mon lit faisait face à la fenêtre. C’était l’été, les rideaux n’étaient pas tirés. J’ai vu Su Xiaolan rentrer avec Wu Guangchuan. »
— « En pleine nuit ? »
— « Ça devait être après minuit. Il était très prudent. » Il marqua une pause. « Ensuite… Ce que j’ai vu dépassait totalement ce que j’avais imaginé… Vous savez, l’imagination d’un adolescent reste floue. J’étais tellement choqué que j’en ai oublié d’être en colère ou jaloux. Puis j’ai repris mes esprits et je me suis dit que quelque chose n’allait pas. Wu Guangchuan était professeur, n’était-ce pas un crime ? J’ai eu la nausée. Je pensais qu’elle n’était pas consentante. Alors j’ai réglé un réveil, préparé en cachette une longue-vue, utilisé l’appareil photo et l’objectif que j’avais finalement réussi à obtenir de mes parents. »

D’une main, Luo Wenzhou retint son collègue qui voulait interrompre Xu Wenchao. Il fit lentement tourner un stylo entre ses doigts et demanda d’un ton calme :

— « Alors comment avez-vous découvert que Su Xiaolan n’était pas seulement une victime ? Je suppose que Wu Guangchuan ne ramenait pas les filles kidnappées chez lui ? »

Xu Wenchao ferma les yeux, laissant apparaître un sourire empreint d’autodérision.

— « Pendant un temps, je ne savais vraiment plus ce qui se passait. Je ne pensais qu’à elle, jour et nuit. Quand je pensais à elle, je ressentais à la fois de la tristesse, du désir, et un mélange de chagrin et d’indignation. J’aurais voulu mettre Wu Guangchuan en pièces. Une fois, je n’ai pas pu résister. J’ai menti à mon professeur, demandé un jour de congé pour maladie afin d’aller la voir. Je l’ai aperçue avec une fille que je ne connaissais pas, j’ai hésité, puis je ne suis pas allé lui dire bonjour. Je me suis éclipsé. Peu de temps après, on a annoncé que cette fille avait disparu. C’était aux informations locales. J’ai alors eu un mauvais pressentiment. Le lendemain, je suis allé chez elle sous prétexte de lui apporter ses devoirs. Je l’ai vue à la maison en train de découper une robe… C’était… c’était la robe que portait cette fille. » Il expira. « Elle m’a supplié, paniquée, de n’en parler à personne. J’étais terrifié, vraiment terrifié. Je n’osais même pas réfléchir à ce qui se passait. J’avais l’impression que le ciel me tombait sur la tête… Mais au final… je n’ai pas pu la trahir, j’ai accepté. »

Il se couvrit le visage.

— « J’étais délégué de classe. Il me suffisait de demander pour obtenir un congé. Le professeur me faisait confiance, il ne regardait même pas mon billet d’autorisation. Mais pour elle, j’ai espionné, menti, couvert un crime… J’ai sacrifié plus de dix ans d’une vie normale… Elle m’a détruit, complètement détruit. Et je l’aimais toujours autant. »

Luo Wenzhou enchaîna :

— « Vous n’avez pas croisé Su Hui ce jour-là ? »

Xu Wenchao secoua la tête.

— « Si ça avait été le cas, je ne serais peut-être pas ici à vous parler. »

Après cela, le capitaine garda le silence un long moment. Il pressa ses pouces contre ses tempes, puis dit avec une politesse presque exagérée :

— « Ça vous dérange si je fume ? »
— « Vous pourriez m’en donner une aussi ? » demanda le suspect.

Luo Wenzhou en alluma une et la lui tendit avec une largesse étudiée.

— « Vous n’avez pas l’air d’un fumeur régulier. »
— « Je ne le suis pas. » Les doigts de Xu Wenchao tremblaient légèrement en prenant la cigarette, mais son ton s’était un peu détendu. « Il m’arrive d’en fumer une ou deux en société. D’ordinaire, je n’en ressens pas le besoin… Désolé, aujourd’hui c’est vraiment trop douloureux. Cela fait plus de vingt ans que je porte tout cela dans mon cœur. J’ai toujours fait semblant que ça n’existait pas. Même mes proches n’en savent rien. »
— « Oh. »

Luo Wenzhou jeta un œil à son téléphone. Toujours aucune nouvelle de Tao Ran ni de Lang Qiao. La cigarette avait nettement adouci l’atmosphère. D’un ton modéré, il reprit :

— « Je crois comprendre. Dites-moi, qu’aviez-vous en tête lorsque vous avez aidé Guo Heng à enquêter sur Wu Guangchuan ? »
— « À l’époque, je pensais qu’il la forçait », répondit Xu Wenchao en expirant la fumée. « J’avais promis à Su Xiaolan de ne rien dire à la police ni à personne. Sinon, elle était finie. J’avais des fantasmes délirants… Les garçons se rêvent toujours en super-héros. Je voulais punir Wu Guangchuan moi-même, la sauver. En le suivant, cet homme m’a repéré. Lui aussi enquêtait en secret. Nous agissions tous les deux pour quelqu’un que nous aimions. Je le plaignais, et puis la présence d’un adulte me rassurait… Je n’aurais jamais imaginé qu’il irait jusqu’à poignarder Wu Guangchuan à mort. Si j’avais su, je ne l’aurais jamais aidé. »
— « Pourquoi ? » demanda Luo Wenzhou.
— « Cet homme était fou. Heureusement que je ne lui ai pas parlé de ce qu’avait fait Su Xiaolan, et que Wu Guangchuan n’a pas eu le temps de parler avant d’être poignardé, sinon elle n’aurait pas pu s’en sortir. »

Il tira longuement sur sa cigarette. Son visage se brouillait dans la fumée.

— « En y repensant, j’ai encore peur pour elle. »
— « Peur pour elle… » Luo Wenzhou répéta doucement ces mots, le regard chargé de sens. « Comment étaient vos relations avec Su Xiaolan après la mort de Wu Guangchuan ? »

Un long silence suivit. Xu Wenchao semblait suffoquer dans son col ; il le desserra maladroitement.

— « Su Xiaolan n’a jamais été forcée. Elle le faisait de son plein gré. Elle était née pavot à opium greffé sur un rosier, le poison dans les racines… et elle aimait… vraiment…cet homme… » Il se passa le bras sur le visage. « Après ça, elle s’est fanée. Elle n’était plus qu’un cadavre ambulant. Je n’osais pas y croire. Vous imaginez l’impuissance que j’ai ressentie ? Et je devais faire semblant de ne rien savoir. J’ai dû économiser longtemps pour acheter du temps auprès de sa mère. »

Luo Wenzhou leva la main.

— « Attendez. Su Luozhan n’est pas votre fille, n’est-ce pas ? »
— « Non. » La réponse jaillit sans hésitation. « Je n’ai jamais touché Su Xiaolan. J’achetais seulement du temps pour être avec elle. Ce n’est pas ce que vous croyez. Elle était venimeuse, anormale… mais je l’aimais quand même. Je ne pouvais pas la retenir, et je ne pouvais pas non plus me retenir moi-même … »

Le policier chargé des notes, déjà éprouvé par les familles des victimes toute la journée, était à bout. Il semblait prêt à exploser. Luo Wenzhou le retint d’une douloureuse poigne d’acier.

— « Boss ! »
— « Il reste des choses à éclaircir », dit-il calmement, l’intimant du regard d’être patient. « Xu Wenchao, quand avez-vous commencé à l’aider à couvrir ses crimes ? Quel rôle jouiez-vous exactement ? »
— « Après la mort de Su Hui. » Il soupira longuement. « Cela fait sans doute dix ans. Quand sa mère était en vie, Su Xiaolan souhaitait chaque jour sa mort. Mais quand elle est réellement décédée, elle s’est retrouvée seule. La salle de jeux allait être démolie, elle disait ne pouvoir faire confiance à personne d’autre qu’à moi. Que pouvais-je faire ? Je n’avais aucune limite lorsqu’il s’agissait d’elle. »

Soupirant à nouveau, il reprit :

— « À ce moment-là, les propriétaires de l’appartement du Soleil Levant partaient à l’étranger. Mes revenus étaient corrects, ma famille m’avait donné de l’argent, j’avais des économies, alors je l’ai acheté. Ils sont partis trop vite, le transfert n’a pas eu le temps d’être enregistré. » Il baissa les yeux. « Je l’ai laissé utiliser cet appartement. »
— « Je vois », dit Luo Wenzhou. « Au début, Su Xiaolan était une jeune fille. Avant même d’être adulte, elle est devenue femme enceinte, puis mère avec un enfant en bas âge ; le genre de personne à qui l’on cède sa place dans le bus. Pratique pour leurrer des victimes. Elle enlevait les enfants, les vendait à des pervers pour qu’ils les violent, puis les tuait pour les réduire au silence. Vous fournissiez le lieu et vous vous chargiez des corps. Comment procédiez-vous ? Vous les démembriez et jetiez les morceaux quelque part ensuite ? C’est bien ça ? »

Xu Wenchao inspira profondément, se couvrant le visage sans démentir.

— « Elle est morte, mais le cauchemar n'était pas terminé. J'ai découvert que l'enfant… La petite Luozhan était son portrait craché. Je ne remplissais pas les conditions pour l'adoption. J'ai passé les deux derniers mois à me creuser la tête pour trouver une solution. J'ai détourné le regard un instant, et l'enfant… Elle a vraiment recontacté ces gens en secret. J’ai appris pour la fillette de la Crête Ouest, puis vous m’avez convoqué, vous imaginez mon choc ? » Ses yeux étaient rouges. « Arrêtez-moi. Ce sera comme une délivrance. Je n'aurai plus jamais à… »

Le téléphone du capitaine vibra, affichant un message de Lang Qiao :

« Patron, j’ai arrêté ce salaud ! Il a vu la photo mais refuse d’avouer, il répète qu’il ignorait les faits. J’attends des pistes sur les autres ! »

— « Attendez, j’ai encore une question », dit Luo Wenzhou, imperturbable face à ces aveux “déchirants”. Il posa le portable, son ton, jusque-là doux, changeant brusquement. « Vous dites que vous ne pouviez pas contrôler Su Luozhan, que vous ne saviez rien. Pourquoi l’enfant raconte-t-elle autre chose ? Elle dit que vous collaboriez très bien. Vous vous êtes déguisé en vieil aveugle pour suivre Zhang Yuchen. Quand elle s’est retrouvée seule, vous avez surgi pour l’effrayer, puis Su Luozhan est apparu pour gagner sa confiance. C’est exact ? »

La méthode criminelle du groupe avait toujours été dirigée par les membres de la famille Su. Les « acheteurs » se contentaient de payer et de jouir ; ils ne voulaient courir aucun risque. Les victimes étaient donc choisies par les Su. De l’identification de la cible au suivi, jusqu’à l’enlèvement, tout suivait un processus strict et complet. Ils avaient repéré Chenchen plus d’un mois auparavant, étudié son rythme quotidien, puis agi au moment opportun ; c’était cohérent.

Cela signifiait que l’hypothèse précédente, selon laquelle plusieurs suspects choisissaient eux-mêmes leurs cibles et utilisaient Su Luozhan comme appât, était fausse.

Xu Wenchao était trop intelligent. Une fois le choc initial passé, il avait analysé les preuves et ajusté son récit au plus près des faits, déplaçant subtilement la culpabilité ; il n’aurait couvert les crimes que par amour, se serait uniquement occupé des corps. Mais ce faisant, il avait involontairement confirmé la méthode centrale décrite dans le journal de Su Xiaolan et ainsi prouvé qu’il était bien celui qui avait suivi Chenchen.

Il n’était pas un simple complice passif, mais un acteur actif.

Pourquoi cet imprévu avec Qu Tong, alors ? Pourquoi avait-il été si choqué en comprenant que Su Luozhan imitait l’affaire d’il y a vingt ans ?

Parce que cet enlèvement avait été décidé par Su Luozhan seule !

Elle était réellement incontrôlable et, cherchant à se débarrasser du gardien qu’elle méprisait, elle avait accepté la commande privée d'un client.

— « Quand vous avez découvert la relation de Wu Guangchuan et Su Xiaolan, vous avez été dégoûté. Vous avez suspecté un viol, mais vous n’avez rien dit. Au lieu de ça, vous avez commencé à les espionner, à les photographier. » Luo Wenzhou le fixa intensément. « C’était bon ? Ça vous excitait ? Des années plus tard, vous y pensez encore ? »

Le visage de Xu Wenchao devint livide. Il se couvrait la bouche, les pupilles dilatées. Une goutte de sueur glissa du bout de son nez.

— « Vous dites que vous l’avez vue avec une inconnue et que vous n’êtes pas allé lui dire bonjour. Pourquoi ? On ne salue pas une camarade parce qu’elle est accompagnée ? Ou bien, dès le départ, vous n'aviez aucune intention de la saluer ? »

Luo Wenzhou se leva brusquement et l’attrapa par le col.

— « Vous l'avez aperçue par hasard en train de découper une robe à fleurs chez elle. Par hasard ? Elle n’a pas eu le temps de cacher quoi que ce soit avant d’ouvrir ? Non. Vous êtes entré de force ! Vous avez profité de l’absence de Su Hui pour pénétrer dans une pièce où se trouvait une fillette seule… Xu Wenchao, à quoi jouiez-vous ? »
— « Je n’ai pas… »
— « Vous n’avez pas touché les filles… », murmura Luo Wenzhou à son oreille, « …parce que vous êtes incapable de bander. » Laissant légèrement traîner sa fin de phrase, il continua. « Vous avez placé une photo de Su Xiaolan à treize ans devant la boîte de ses cendres, vous avez collé cette photo vieille de vingt ans sur la fenêtre pour vous tromper vous-même, parce que vous étiez obsédé par la Su Xiaolan froide, anormale, qui blessait sans hésiter des enfants de son âge. Pas par celle terrifiée par la mort de Wu Guangchuan, un “agneau” que vous et sa folle de mère pouviez contrôler. »

Tirant toujours sur son col, il enfonça le clou :

— « Dites-moi, quand vous la regardiez commettre ses crimes comme autrefois, s’occuper des corps, est-ce que c’était le seul moment où vous arriviez à bander ? »

Xu Wenchao peinait à se tenir droit. Il repoussa faiblement la main de Luo Wenzhou.

— « Je… »
— « Pourquoi avez-vous soudain voulu l’épouser ? Parce que sa fille était devenue sa copie parfaite, et que vous vouliez devenir Wu Guangchuan ? » Un faux rire méprisant passa sa gorge. « Vous n’êtes pas une bête ? Bien sûr que non. Les bêtes sont utiles. Elles travaillent, elles donnent de la viande. En êtes-vous capable ? »

 

 

 

 

 

 

Ce Xu Wenchao me ​😡🤬





  1. Fréquentation de jeunes filles prostituées (嫖宿幼女罪, piáosù yòunǚ zuì) : Cette infraction fait référence à un article du droit pénal chinois qui a existé de 1997 à 2015. Le délit de « fréquentation de prostituées mineures » (parfois traduit par « incitation de mineures à la prostitution ») visait spécifiquement les relations sexuelles tarifées avec des filles de moins de 14 ans. Sa particularité était de traiter ces actes comme un délit distinct du viol, relevant non pas des atteintes aux personnes mais des « infractions à l'administration de l'ordre social ». 
    Conséquence grave : les victimes elles-mêmes étaient juridiquement considérées comme des prostituées mineures, donc implicitement fautives. La peine encourue était de cinq à quinze ans de prison, avec une peine plancher de trois ans, mais une peine maximale sans commune mesure avec la réclusion à perpétuité ou la peine de mort possible pour viol. L'article a été supprimé du code pénal en août 2015 (loi entrée en vigueur en novembre 2015) après des années de controverses et de campagnes d'opinion publique. Depuis, ces faits sont poursuivis comme viols aggravés. Si les photos dataient d'avant 2015, le principe fondamental de la clémence en droit pénal (principe de l'application de la loi la plus douce) jouerait en faveur des accusés ; ils ne pourraient être jugés que sous l'ancien chef d'accusation, malgré son abolition.

 









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