Silent Reading : Chapitre 57 - Humbert Humbert XXV
Luo Wenzhou avait en réalité un bureau privé. Mais, sans doute pour faciliter la communication, ou parce que ce grand bavard n’aimait pas rester seul, son bureau donnait directement sur l’extérieur. Il y avait bien une porte, mais elle n’avait pas été fermée depuis des années ; écrasée contre le mur par un amas de bric-à-brac entassé là par ses collègues, elle ne servait plus à rien.
La végétation, en revanche, était entretenue avec un soin méticuleux. Les fleurs et les plantes sur le rebord de la fenêtre prospéraient visiblement. Celles qui aimaient la lumière étaient disposées à l’avant, celles qui préféraient l’ombre reléguées dans un coin, le tout arrangé avec un certain sens esthétique. Seules les deux plantes à monnaie1 près de la porte menaient une existence mouvementée : chaque matin, les collègues paresseux les arrosaient avec les restes de thé de la veille, si bien qu’elles vivaient en permanence à l’agonie, le marc menaçant de fermenter en substance toxique.
Le portefeuille et les clés de Luo Wenzhou avaient été jetés négligemment sur le bureau, sans la moindre crainte qu’on les lui vole ; encore que, d’après Fei Du, il n’y eût rien de bien intéressant à subtiliser.
Le jeune homme attendit docilement un moment dans le bureau. Puis il s’ennuya. Les odeurs ambiantes étaient franchement difficiles à supporter.
Pressentant que Luo Wenzhou ne reviendrait pas de sitôt, il lui envoya un message :
— « Tu as besoin que je nourrisse ton chat ? »
Au milieu de mille urgences, le capitaine répondit par un simple point.
Il devait être trop occupé pour écrire davantage.
Fei Du prit cela pour un acquiescement tacite, ramassa ses clés et partit.
⸻
L’appartement de Luo Wenzhou n’était pas loin du Commissariat Central, assez proche pour qu’on puisse s’y rendre à vélo. En taxi, la course dépassait à peine le tarif minimum. Fei Du avait appris de l’expérience de la dernière fois : à peine la porte entrouverte, une boule de poils passa la tête avec impatience. L’instant d’après, constatant que ce n’était pas la bonne personne, elle se rétracta et fila sous le canapé, allongeant le cou pour observer la situation avec inquiétude.
La veille au soir, ils avaient été interrompus en plein dîner par un appel de Tao Ran et n’avaient pas eu le temps de ranger. Comme face à une inspection surprise en dortoir universitaire, Luo Wenzhou avait empilé assiettes et bols dans le réfrigérateur. Faute d’organisation, il n’y avait plus eu de place pour la dernière assiette de croquettes, qu’il avait posée provisoirement sur le dessus du frigo, haut d’un mètre quatre-vingts ; comptant beaucoup sur la chance quant aux talents d’escalade du chat.
Manifestement, la chance n’avait pas été au rendez-vous.
Des éclats de porcelaine étaient éparpillés comme des étoiles dans le ciel, traçant une ligne de la salle à manger au salon. Les cadavres de croquettes jonchaient le sol, chacune marquée de traces de dents. Le camarade Luo Yiguo avait appliqué une méthode scientifique irréprochable et ce n’est qu’après des tests exhaustifs qu’il avait conclu qu’aucune ne convenait à son palais.
La gamelle était vide, luisant faiblement sous la lumière ; le chat l’avait sans doute léchée.
Fei Du versa des croquettes comme Luo Wenzhou le faisait d’ordinaire. Puis, après réflexion, il ouvrit aussi deux boîtes qu’il posa à côté. Affamé au point d’en lécher sa gamelle, Luo Yiguo ne résista pas longtemps. Il passa timidement la tête, croisa aussitôt le regard de l’intrus et se retira en tremblant.
Fei Du l’ignora. Il se lava les mains deux fois avant d’estimer avoir éliminé toute odeur de nourriture féline, puis prit un balai dans la cuisine et tenta de rassembler le désordre en un tas ; tâche pour laquelle il n’était manifestement pas doué. Après un long moment, il n’avait toujours pas pris le coup.
Le Président Fei, une manche retroussée, s’appuya sur son balai et évalua objectivement le fruit de ses efforts. Il avait l’impression d’avoir créé une nappe d’huile, atteignant par un autre chemin le même résultat que le sol graisseux de la cantine du Commissariat Central. Il décida donc d’abandonner, trouvant sur son téléphone une société de ménage familière dont il fit venir une employée.
À cet instant, il sentit quelque chose effleurer l’arrière de ses talons et se retourna. Luo Yiguo s’était approché sans qu’il s’en rende compte. Une partie de la nourriture avait disparu et, rassasié, il avait enfin trouvé le courage de venir tourner autour de Fei Du, reniflant ses jambes avec hésitation. Quand il posa les yeux sur lui, le chat se replia à deux mètres. Puis, voyant qu’il n’y avait aucune réaction, il revint, comme explorant un territoire inconnu.
Fei Du retroussa son pantalon, s’accroupit et lui tendit deux doigts. D’abord, Luo Yiguo esquiva par instinct. Puis, constatant qu’il ne bougeait pas, il s’approcha en frémissant des moustaches. Peut-être reconnaissant l’odeur familière de la nourriture, il baissa peu à peu sa garde, toucha les doigts du bout du nez. Ne recevant aucun mauvais traitement, il osa frotter le sommet de sa tête contre la paume offerte.
La main de Fei Du se raidit.
Voyant qu’il tardait à réagir, Luo Yiguo devint plus hardi. La queue haute, il fit le tour du jeune homme en poussant de petits sons doux au fond de la gorge. Enfin, Fei Du posa la main sur son dos et caressa doucement la fourrure lisse. Le chat se pressa contre lui, cherchant une position plus confortable, poussant parfois sa manche quand il levait le bras.
— « Tu ne te souviens pas de moi ? » demanda Fei Du à voix basse.
Luo Yiguo, avec son cerveau pas plus gros qu’un poing, le regarda avec ignorance et une pointe de crainte.
Les animaux obéissent à l’instinct, et l’instinct lui disait de se méfier de Fei Du, sans qu’il sache pourquoi.
Pourtant, Luo Wenzhou l’avait élevé de façon à se souvenir des bienfaits et à oublier les mauvais traitements ; un bol de nourriture avait suffi à lui faire surmonter sa peur. Mais en le regardant, une fine couche de sueur perla soudain dans les paumes de Fei Du. Il reposa doucement le chat et retira vivement la main.
Le corps souple du petit animal, le rythme de sa respiration, les battements de son cœur ; tout cela lui était insupportable.
Il se releva brusquement, ignora le chat curieux et s’adossa au mur.
Qu’était-ce que « la vie » ?
Cela relevait d’une définition biologique, et pourtant chacun en avait une intuition bien avant d’ouvrir un manuel. Certains faisaient très tôt l’expérience de la naissance, de la vieillesse, de la maladie, de la mort ; les adultes les expliquaient alors avec leurs propres mots, plus simples ou plus romantiques. D’autres formaient des idées floues à force de répétitions dans les livres et les films.
Fei Du tâtonna pour trouver son téléphone et ses écouteurs, les enfonça dans ses oreilles avec la hâte d’un toxicomane. Une chanson familière et mélancolique envahit aussitôt son monde. Il retint instinctivement son souffle, les yeux fixés sur le chat. Vraiment insupportable. Rassasié et désœuvré, il avait fait tomber la porcelaine, couvert le sol de croquettes, répandu de la graisse partout.
« Qu’est-ce que la vie ? » résonna une voix près de son oreille.
L’homme lui prit la main et la posa sur un petit animal. Peut-être un hamster, une caille, un lapereau ; Fei Du ne s’en souvenait plus. Il se rappelait seulement une minuscule boule de duvet lovée dans sa paume, chaude et douce, le cœur battant, vibrant presque.
C’était comme un miracle.
— « Ça, c’est la vie », dit la voix.
Soudain, la main qui le guidait se contracta, telle un étau de fer, refermant brutalement ses doigts sur le cou de la petite créature. L’animal se débattit, poussa des gémissements d’agonie. Il tenta instinctivement de résister, mais l’homme le maîtrisait sans effort, jusqu’à ce que les battements tremblants cessent dans sa paume.
— « Ça, c’est la mort », poursuivit la voix. « Tu vois, le passage de la vie à la mort est en réalité très prosaïque. Rien d’aussi solennel que ce que les gens racontent. S’ils exagèrent, c’est que l’homme est un animal social, avec de graves faiblesses innées. D’un côté, il veut améliorer son existence grâce à la communauté et à la société. De l’autre, il peine à contrôler toutes sortes d’impulsions et de désirs pervers. Il doit donc accepter des règles contraignantes, comme la loi ou l’ordre public. La première est un contrat avec la société. Pour éviter que tu ne le violes en secret, il y a la seconde qui t’endoctrine avec les valeurs collectives et t’amène à te conformer volontairement à la majorité. En comprenant cela, tu t’es affranchi du schéma de la majorité. »
La voix continua :
— « Tu veux revoir la vérité de la vie et de la mort… Pourquoi secoues-tu la tête ? Un enfant doit être modeste. Il faut répéter ce qu’on apprend pour que cela devienne vraiment sien. Viens, on recommence… »
On frappa à la porte. L’arrivée de l’employée de ménage interrompant ses pensées, Fei Du sursauta violemment ; ses tempes étaient trempées d’une sueur froide.
⸻
Une heure plus tard, il revint au Commissariat Central avec plusieurs cafés fraîchement moulus.
Les proches des victimes qui faisaient les cent pas étaient presque tous partis. Il ne restait plus que les parents de Qu Tong et Guo Heng, assis face à face. D’un côté, des gens qui n’osaient pas encore accepter la réalité et s’accrochaient à l’espoir d’une chance sur un million ; de l’autre, quelqu’un qui attendait la vérité depuis plus de vingt ans. Guo Heng engageait une conversation banale avec le père de Qu Tong, interrompue à intervalles réguliers par les sanglots du jeune couple. Une fois calmés, ils s’efforçaient de se réconforter mutuellement.
Fei Du venait d’atteindre les bureaux de la Brigade Criminelle lorsqu’il aperçut un homme trapu d’âge mûr, une cicatrice au sourcil, menant rapidement un groupe.
— « …toujours à domicile. Que le personnel indispensable reste. Les autres vont prêter main-forte. Xiao Tao manque d’effectifs, je vais soumettre un rapport au répartiteur et demander une action conjointe avec la police locale… »
Il vit Fei Du, s’interrompit net.
Le jeune homme en déduisit qu’il devait s’agir d’un des dirigeants du Commissariat Central. Il ignorait ce que Luo Wenzhou avait bien pu raconter à ses supérieurs. Il s’apprêtait à se présenter quand l’homme fit signe à ceux qui l’accompagnaient d’accélérer le pas, puis s’approcha de lui et lui tendit la main.
— « Vous devez être le Président Fei. Je suis Lu Youliang, directeur par intérim du Commissariat Central. C’est moi qui vous ai remis la bannière de soie la dernière fois. »
Fei Du posa les cafés et lui serra la main avec courtoisie.
— « Directeur Lu, ravi de vous rencontrer. »
Après quelques politesses d’usage, Lu Youliang en vint au fait :
— « Tao Ran et les autres ont déjà localisé le site d’inhumation des suspects. Nous déployons une opération d’envergure. Les fouilles devraient avancer très vite. Nous pourrons bientôt fournir une réponse à la population. »
Au mémorial, Luo Wenzhou avait mentionné que la ville natale de Su Hui se trouvait dans le district de Pinghai, sous la juridiction de Yancheng, où se situait aussi l’un des réservoirs de la ville ; il était probable que les corps y aient été abandonnés.
Fei Du demanda avec politesse :
—
« À Pinghai ? J’ai des parts dans un projet en cours là-bas. Le
chantier est bien fourni en main-d’œuvre. S’il y a besoin, je peux
appeler pour envoyer du monde. »
— « Hein ? » Lu Youliang resta un
instant interloqué, pensant qu’il avait mal entendu. « On ne vous a
peut-être pas expliqué clairement. Ce n’est pas à Pinghai, mais à Binhai2,
à trois ou quatre heures de route d’ici. C’est la ressource maritime la
plus proche, mais administrativement, ce n’est pas dans notre province.
La coordination va être compliquée… »
Dans le couloir faiblement éclairé, les pupilles de Fei Du se contractèrent brusquement. Il lui fallut un moment pour retrouver sa voix.
—
« Ils ont immergé les corps en mer ? Mais on est en pleine saison des
typhons. Jeter des corps à l’eau ne poserait pas problème ? »
— « Si,
ceux qui ne pouvaient pas être jetés à la mer ont été enterrés »,
répondit le Directeur Lu. « C’est ceux que nous cherchons actuellement,
surtout Qu Tong. Cette petite est cruciale. »
À cet instant, alertés par le déploiement des forces, les parents de Qu Tong et Guo Heng s’approchèrent pour demander des nouvelles. Des policiers de permanence tentèrent de les retenir.
— « Hé, laissez-les », intervint rapidement le Directeur Lu. « Qu’ils viennent s’asseoir. Tout le monde comprend la détresse des familles. Je vais leur dire quelques mots. »
Fei Du s’éclaircit la gorge, un peu sèche.
— « Vous êtes occupé, directeur. Je ne vous retiens pas. »
Lu Youliang hocha la tête et soupira profondément.
— « Les suspects de cette affaire sont vraiment… Même arrêtés, nous ne sommes pas certains d’obtenir un résultat satisfaisant. J’ai peur que ce qui s’est produit il y a vingt ans ne se reproduise. »
Il salua Fei Du d’un signe de tête et s’éloigna à grands pas.
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Ces dernières années, la société ayant renforcé ses exigences en matière de protection environnementale, les projets de développement de Binhai n’avaient pas passé certaines procédures d’homologation écologique et avaient été suspendus jusqu’à ce jour.
Sur les petites îles alentour, quelques centres de convalescence prospéraient encore. Non loin de là, un village de peintres vivait au rythme des saisons : chaque année, des écoles liées par convention y envoyaient leurs élèves pour dessiner, apportant un peu d’activité à ce « village de vacances » à mi-chemin entre station balnéaire et agritourisme. Le reste du temps, les visiteurs étaient rares.
À l’écart du littoral, de nombreuses collines s’étendaient en ondulations ininterrompues, totalement inhabitées. Seules quelques routes anciennes les traversaient. Sous la brise saline, l’herbe et les forêts profondes déployaient un vert dense et intact.
Toutes les routes avaient été bouclées. Sur le mur couvert de photographies, chaque paysage limpide avait été marqué d’un repère. Les points s’étendaient sur près de dix kilomètres, suivant une même petite route aux limites indistinctes. La police de Yancheng et les agents dépêchés par la ville de Binhai posaient d’innombrables rubans jaunes le long du tracé.
— « Adjoint Tao, on a trouvé un endroit… Attendez ! Ce corps est récent ! »
Le petit corps de Qu Tong avait été découpé en sept ou huit morceaux et enterré séparément. À l’aube, ils purent enfin la reconstituer entièrement. Les traces de découpe correspondaient aux outils retrouvés dans l’appartement du lotissement du Soleil Levant. Les médecins légistes réussirent même à prélever des fluides corporels sur le cadavre.
Cette chance inespérée au milieu du malheur fit s’effondrer sur place l’homme d’âge mûr arrêté par Lang Qiao.
— « Je suivais une autre enfant à ce moment-là. Je savais déjà que ses parents étaient occupés, qu’elle rentrait toujours seule. Je ne m’attendais pas à tomber sur une histoire aussi bizarre qu’un détournement de bus… Je voulais appeler la police. C’est cette petite, Su Luozhan, qui m’a ensorcelé. Elle a dit qu’elle aimait celle-ci, elle m’a supplié de prendre celle-ci. Je connaissais bien la Crête Ouest, je me suis échauffé… »
— « Je ne l’ai pas tuée ! Je ne l’ai absolument pas tuée ! Je suis parti après avoir terminé, vraiment. Ensuite, cet homme, “le concierge”, a fait irruption furieux et a attrapé Su Luozhan. J’ai vu que quelque chose clochait et j’ai pris la fuite… Je ne savais vraiment pas qu’ils seraient aussi dérangés. Croyez-moi ! »
— « Je les aime tellement. Comment aurais-je pu leur faire du mal ? »
Vous ne pouvez pas imaginer comme j'aime Fei Du et à quel point je tiens à sa relation avec Yiguo 🥺
Sinon, sur cette terrifiante phrase, très "Humbert Humbert", le livre II se conclut. Frustrant, hein ? Vous vous dites qu'on ne sait encore rien ou presque, n'est-ce pas ?
Sinon, pour le livre III Macbeth, ça sera pour dans quelques temps. Une semaine ou deux, je ne sais pas encore. Je préviendrai sur Instagram.
- Pilea peperomioides : Aussi connue sous l'appellation plante à monnaie chinoise, pancake plant, lefse plant ou plante du missionnaire, est une espèce de plante à fleurs de la famille biologique des Urticaceae. Cette plante est endémique de la province du Yunnan dans le sud-ouest de la Chine.
- Binhai/Pinghai : Cette réplique repose sur un jeu de mots toponymique. Pinghai (平海) signifie littéralement « mer calme » ou « mer plate » et Binhai (滨海) signifie « bord de mer », « littoral ».
Note sur l’œuvre – Lolita
Le Livre II porte le nom de Humbert Humbert, narrateur et personnage central de Lolita de Vladimir Nabokov.
Dans le roman, Humbert est un homme adulte obsédé par les très jeunes filles qu’il appelle des « nymphettes ». Il épouse une femme uniquement pour se rapprocher de sa fille de douze ans, Dolores Haze, qu’il rebaptise « Lolita », puis l’entraîne à travers les États-Unis, l’isolant et abusant d’elle pendant des mois. Tout le livre est son récit rétrospectif : il écrit depuis sa cellule, en attente de jugement, et tente de convaincre son lecteur de la noblesse de sa passion, de la fatalité de son désir, voire de sa propre souffrance.
C’est là que réside la force et l’horreur du personnage : Humbert ne nie pas complètement ses actes, mais il les enrobe d’une langue brillante, érudite, souvent ironique. Il transforme la prédation en romance, la contrainte en consentement supposé, la violence en tragédie intime. Il cherche moins à dire la vérité qu’à contrôler la manière dont elle sera perçue.
Le parallèle avec cet arc devient alors plus net. Ici aussi, la question n’est pas seulement celle du crime, mais celle du récit qu’on en fait. Qui reformule les faits ? Qui se place au centre, comme victime incomprise ou amoureux transi ? Qui tente de déplacer la faute par la rhétorique, la psychologie ou une pseudo-lucidité sur la société ?
Comprendre Lolita, c’est comprendre que le danger ne réside pas uniquement dans l’acte lui-même, mais dans la capacité à le justifier avec éloquence.
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