Silent Reading : Chapitre 58 - Lecture à voix haute 2

 

 Retour au sommaire    

Cover du Tome 3 - Version Thaïlandaise VREKX 

 

 

 

 

Résumé et personnages du livre III


 

 

Lorsque le Capitaine Luo quitta la salle d’interrogatoire, il eut l’impression de marcher dans du coton.

Un interrogatoire long et exténuant est une forme de supplice pour les deux camps ; surtout face à quelqu’un comme Xu Wenchao, avec un mental aussi solide. Ne pas laisser à l’autre une seconde pour respirer, c’est s’en priver soi-même.

Tandis que les équipes à l’extérieur couraient encore après la moindre preuve, l’interrogateur et l’interrogé devaient, eux, lire entre les lignes, traquer dans le moindre clignement d’yeux, dans la plus infime crispation, une information involontairement trahie ; pour se tromper mutuellement, pour se jauger.

Combien de preuves ont-ils réellement ? Qu’a exactement révélé Su Luozhan ?

Où vient-il de se contredire ? Parmi ses paroles, lesquelles sont vraies, lesquelles ne sont que des esquives ?

Sont-ils en train de me piéger ?

Comment puis-je le piéger pour lui arracher des aveux ?

La moindre faille, et Xu Wenchao aurait aussitôt saisi l’occasion de chipoter, de se rétracter. Impossible d’espérer le remplacer par un autre interrogateur.

Du cou vers le haut, Luo Wenzhou avait pratiquement cessé de fonctionner. Guidé par une mémoire musculaire plus que par sa volonté, il regagna mécaniquement son bureau.

Les parents de Qu Tong, ayant appris la nouvelle, s’étaient précipités à Binhai malgré les tentatives pour les en dissuader. Seul Guo Heng était resté. En voyant son dos, Luo Wenzhou crut d’abord qu’il dormait. Instinctivement, il ralentit le pas, ramassa une veste d’uniforme abandonnée non loin et s’apprêta à la lui poser sur les épaules lorsque Guo Heng releva brusquement la tête. Les rides au coin de ses yeux s’étiraient en méandres complexes, de l’arête du nez jusqu’aux tempes, telles des fissures dans une terre asséchée. Dans ses yeux, aux blancs jaunis striés de vaisseaux sanguins, il n’y avait pas la moindre trace de sommeil.

Le bureau autrefois animé de la brigade criminelle était plongé dans un silence total. Les uns étaient encore dehors à travailler, les autres avaient fini par s’effondrer quelque part. Les deux hommes se regardèrent sans un mot ; l’air semblait figé, épais, comme collé. Même la climatisation à pleine puissance n’aurait pas pu le dissiper.

Au bout d’un long moment, Guo Heng parla le premier, avec difficulté.

— « Votre… votre chef, le dénommé Lu, m’a tout raconté. »

Luo Wenzhou tira lentement une chaise et s’assit en face de lui.

— « Il ne m’a pas donné beaucoup de détails », reprit Guo Heng. « Il a dit que vous vérifiiez encore certains points… Maintenant, pouvez-vous me dire précisément ce qui s’est passé ? »
— « Il y a vingt ans, durant cet été-là, Guo Fei a fait la connaissance d’une jeune fille qui disait être venue au Mont Lotus avec son professeur », commença le capitaine. « Elle portait une très jolie robe à fleurs et, totalement dépourvue de sens de l’orientation, elle lui a demandé son chemin à plusieurs reprises. »

Un jour, en sortant de son cours de soutien, Guo Fei avait de nouveau croisé la jeune fille qui avait l’air inquiète. Elle affirmait que le professeur avec qui elle était venue avait été hospitalisé et qu’elle ne retrouvait plus seule le chemin de l’hôtel. Guo Fei était une enfant au grand cœur. À la fin de chaque trimestre, ses enseignants notaient qu’elle était “toujours prête à aider les autres”. Les archives de l’école le prouvent encore aujourd’hui. Elle avait essayé de lui expliquer plusieurs fois la direction, mais l’autre ne comprenait toujours pas.

— « Ce n’était qu’un petit détour, elle pensait qu’elle n’aurait que quelques minutes de retard. Alors elle a décidé de l’accompagner. »

Dès que le nom de sa fille fut prononcé, Guo Heng s’était mis à trembler de façon incontrôlable. Des larmes troubles roulaient au coin de ses yeux, détournées par les sillons des rides jusqu’aux tempes blanchies. Luo Wenzhou s’interrompit un instant et posa la main sur son épaule.

Ces épaules maigres, cette poitrine secouée de sanglots ; l’ensemble évoquait un vieux soufflet usé, gluant et fatigué.

Guo Heng inspira avec peine.

— « Continuez. »
— « Cette jeune fille, c’était Su Xiaolan. Elle a drogué la boisson de Guo et l’a laissée à l’hôtel, en attendant que le meurtrier, Wu Guangchuan, sorte de l’hôpital. Il a prétexté son état de santé pour s’éloigner de son équipe et emprunter un véhicule de la société. Après avoir assassiné Guo Fei, il a dissimulé son corps dans le coffre et a quitté le Mont du Lotus. Su Xiaolan a pris sa trousse. »

Bien qu’il sache, au vu du journal intime de la fillette coupable, de l’uniformité des méthodes et d’autres éléments que la véritable meurtrière était en réalité Su Xiaolan, Luo Wenzhou déforma légèrement les faits d’un ton apparemment objectif.

— « La relation entre Su Xiaolan et le meurtrier était tordue. Elle était profondément jalouse de la victime. En plein crime, une dispute a éclaté entre eux à cause de cela. Furieuse, elle est descendue de la voiture, a dévalé la pente que vous avez découverte, a vu la cabine téléphonique près du centre de transfert des déchets, et a soudain eu une idée pour se soulager : vous appeler, vous faire entendre ce cri… et le bruit de la trousse. »
— « Pourquoi aurait-elle… Pourquoi… »
— « Parce qu’elle était jalouse que Guo Fei ait des parents comme vous, un foyer heureux, qu’elle soit devenue une petite fille mille fois meilleure qu’elle, qu’elle possède ce qu’elle-même n’aurait jamais, même en vivant vingt ans de plus. »

À son ton, Guo Heng leva les yeux vers Luo Wenzhou, incapable de parler.

— « Oncle Guo, à l’époque, vous ne vous êtes pas trompé de cible. Vous étiez simplement… trop bon. Vous n’avez jamais soupçonné l’autre personne dans cette maison. Mais comme vous avez tué Wu Guangchuan sous ses yeux, Su Xiaolan a été terrifiée. Elle a compris pour la première fois que ses actes pouvaient entraîner des représailles. Sa vie par la suite a été douloureuse, déformée, et la fréquence de ses crimes a nettement diminué. Vous avez, en quelque sorte, sauvé de nombreuses victimes potentielles. Plus d’une centaine au moins. »

Mais Guo Heng se couvrit les yeux, incapable de parler à travers ses larmes.

— « Oncle Guo… »
— « N’en dites pas plus », il agita la main, distraitement. « Ne vous donnez pas la peine d’inventer des paroles réconfortantes. Merci. »

Parce qu’il avait, à l’époque, poignardé Wu Guangchuan sous l’impulsion et effrayé Su Xiaolan, la contraignant à modifier sa manière d’agir et à cesser d’utiliser ce même procédé pour torturer les familles, les dossiers des petites filles assassinées s’étaient ensuite noyés parmi d’innombrables disparitions, ne refaisant surface que vingt ans plus tard.

Guo Heng était impulsif, colérique, mais certainement pas stupide. Il savait reconnaître un mensonge mal ajusté.

— « Alors… Où est ma Feifei ? »
— « Su Hui, l’auteur principal à l’époque, n’a pas participé à cette affaire. Nous supposons donc que Guo Fei se trouve quelque part le long de la route nationale qui reliait alors le Mont Lotus à la ville. »
— « Vous pouvez encore… la retrouver ? Vous la cherchez toujours ? »
— « Nous la retrouverons », répondit Luo Wenzhou. « Une personne ne disparaît pas comme ça. Elle est forcément quelque part. Il y a toujours des traces. Même si nous ne la trouvons pas tout de suite, il restera de l’espoir. Même si les autres oublient, moi je m’en souviendrai. Rassurez-vous. »

Guo Heng quitta le Commissariat Central aux premières lueurs d’un nouveau matin. Luo Wenzhou le regarda s’éloigner jusqu’à ce qu’il disparaisse. Il ignorait ce que l’avenir réservait à cet homme, mais qu’on ait soixante, soixante-dix ou quatre-vingts ans, il faut continuer à vivre. Continuer d’avancer. Continuer de regarder devant soi.

Peut-être se consolait-il lui-même, mais il lui sembla que le dos de Guo Heng était un peu plus droit.

Traînant des pas lourds, il retourna à son bureau et s’effondra à moitié sur sa chaise. Il expira longuement, puis eut soudain l’impression d’avoir oublié quelque chose. Il leva les yeux : une tasse de café, déjà froide, l’attendait sur son bureau.

Ah.

Il avait fait attendre Fei Du.

Mais le jeune Maître Fei n’allait évidemment pas patienter toute la nuit au bureau. Il devait être parti depuis longtemps.

Alors que Luo Wenzhou, perplexe, prenait la tasse et l’examinait, une main surgit à côté de lui et la lui retira. Un filet discret d’eau de Cologne boisée glissa jusqu’à ses narines depuis le revers d’une manche. Instinctivement, il inspira, la gorge un peu sèche.

Fei Du semblait tout juste sorti de son palace hors de prix. Il s’était changé et, sous son regard confus, il posa sur la table le petit-déjeuner et le café emballés par l’établissement.

— « T’as vraiment rien de mieux à faire ? Tous les jours à l’hôtel au lieu de rentrer chez toi. C’est ta boîte qui le gère, ou quoi ? »
— « On peut dire ça », répondit le jeune homme avec naturel. « Je détiens 60 % des parts. »

Le Capitaine Luo, une fois n’est pas coutume, en perdit la parole.

Les grands patrons qui étalent volontairement leur richesse sous le nez des salariés sont tous des salauds.

— « Tu n’avais pas quelque chose à me dire ? »
— « Ah, oui. » Luo Wenzhou ouvrit le café et en avala une grande gorgée, comme si la caféine pouvait lui rendre le cerveau qu’il venait d’égarer. « Je voulais te dire… »

Quoi, exactement ?

Il s’arrêta net. Un trou noir. Peu importe comment il fouillait, rien ne remontait ; pas même un point de ponctuation. 

Symptôme précoce d’Alzheimer.

La chemise blanche de son vis-à-vis lui parut soudain un peu trop éclatante, presque au point de lui faire voir double.

— « Te dire que… »

Le jeune fuerdai le regarda marmonner comme s’il parlait en rêve. Puis Luo Wenzhou bascula en arrière avec le dossier de sa chaise et s’endormit ainsi, sans cérémonie.

Fei Du rattrapa d’une main souple la tasse qui manqua de s’écraser au sol, la posa à l’abri, puis arrangea sa main dans une position plus confortable.

L’endormi fronçait légèrement les sourcils. Il avait l’air épuisé. Ses paupières formaient trois plis fatigués, son menton, d’ordinaire impeccablement rasé, était couvert d’une barbe naissante, ce qui lui donnait une vague allure de "tonton" déprimé. Son visage semblait avoir maigri. 

Après quarante-huit heures sans pause, même un immortel aurait mauvaise mine.

Mais quelque chose avait changé. L’air de jeune seigneur à la langue bien pendue s’était effacé, laissant place à une densité plus grave, plus réelle.

Fei Du s’appuya contre le bureau, tendit deux doigts et releva doucement le menton de Luo Wenzhou. Il l’examina avec une attention délicate, comme un collectionneur contemplant une porcelaine officielle de Ru1.

Au bout d’un moment, il se redressa et soupira silencieusement. Il devait l’admettre : ce visage l’avait ému.

Lang Qiao, traînant les pieds comme un chien battu, venait de rentrer. Elle se pensait assez épuisée pour s’effondrer et s'endormir au milieu du chemin, mais en levant la tête, tombant sur cette scène, toute la somnolence s’évapora. Les romans érotiques débordants de « CEO autoritaires » qu’elle avait lus toute sa vie défilèrent sous ses yeux. Figée sur le seuil, elle se transforma en statue.

Le « directeur général autoritaire » aux intentions douteuses ne manifesta aucune gêne. Il tourna la tête, cligna des yeux vers elle et lui offrit un sourire lourd de sous-entendus. Désignant le grand sac de nourriture à côté de lui, l’invitant à se servir, il prit la tasse dans laquelle Luo Wenzhou venait de boire et en avala une gorgée avant de s’éclipser avec grâce.

La lumière du soleil levant piquait les yeux de Tao Ran, incapable de les ouvrir complètement. Les collègues venus en renfort prirent le relais et il alla se reposer. Il secoua vaguement la terre collée à ses vêtements et monta dans la première voiture venue.

À cet instant, son téléphone vibra. Chang Ning lui envoyait une photo : elle tenait Chenchen dans ses bras. L’enfant, cramponnée à ses vêtements, forçait tout de même un sourire vers l’objectif.

« Le médecin dit que ses blessures sont légères, elle peut sortir de l’hôpital. Ma tante veut remercier tout le monde. Est-ce que je pourrais vous inviter, toi et tes collègues, à dîner un de ces jours ? »

Pour la première fois, Tao Ran ne répondit pas immédiatement au message de la déesse. Le téléphone à la main, il s’endormit.

Fei Du prit un taxi jusqu’à son entreprise. Avant même le début officiel de la journée de travail, il signa les documents qu’il avait promis de traiter pour l’Assistante Miao, puis resta seul un moment dans son bureau élégamment décoré.

C’était l’ancien bureau du Président Fei père. À l’entrée se trouvait une salle d’attente avec un bar dissimulé dans le mur. À côté, une immense bibliothèque montant jusqu’au plafond. La moitié supérieure abritait des exemplaires uniques, des parchemins en peau de mouton, des soieries, même des lamelles de bambou ; une collection complète. La moitié inférieure exposait la collection de montres de l’ancien maître des lieux.

L’autre mur était entièrement vitré, rempli d’armes anciennes. Parmi elles, un sabre large que l’on disait avoir appartenu à un empereur d’antan. La poignée était élégante ; malgré les années, la lame brillait encore comme neige. Sous la lumière froide, on aurait cru qu’elle allait jaillir de sa vitrine pour boire le sang.

Entre les canapés se dressait un présentoir rond d’un mètre quarante, couvert sur son pourtour de monnaies retirées de la circulation. Au centre, trois œuvres de lauréats successifs d’un certain concours international de joaillerie ; trois années seulement. Avant que la quatrième ne puisse être exposée, le collectionneur était parti s’allonger dans un sanatorium en bord de mer, tel un cadavre.

Quiconque entrait pour la première fois dans ce bureau était frappé par ce musée miniature. À y rester trop longtemps, argent, pouvoir, ambition et désir semblaient suinter par tous les pores.

Le bureau lui-même était à la fois séparé et relié à la salle d’attente, par un passage assez étroit pour ne laisser passer qu’une personne. Une courbe ingénieuse empêchait la lumière d’y pénétrer. Sur deux côtés, de petites fenêtres assuraient l’aération ; à l’arrière, une immense baie vitrée donnait sur la moitié de Yancheng. Le trafic s’alignait lentement en contrebas, les passants ressemblaient à des fourmis.

Fei Du ouvrit une armoire verrouillée et en sortit un dossier peu épais. À l’intérieur : des contrats, des états financiers, des explications sur des mouvements d’actifs importants. Il s’agissait d’une coopération au nom du groupe avec un « Fonds Guangyao ». Du temps où son père était aux commandes, ils avaient collaboré avec ce fonds et versé régulièrement des contributions à l’une de ses filiales caritatives.

Le contrat était arrivé à expiration ; la coopération avait pris fin naturellement. L’autre partie n’avait manifesté aucune intention de renouveler.

Tout au fond des documents reposait tranquillement un projet intitulé : « Sanctuaire balnéaire des ressources marines de Binhai : créer des Maldives chinoises », sollicitant un investissement. À l’époque, son père, qui dominait le conseil d’administration, avait refusé sous prétexte de « capital initial trop élevé et d’absence de modèle de profit mature ». Le projet était resté lettre morte.

— « Binhai… »

Fei Du traça lourdement une ligne sur le document avec le capuchon de son stylo.

Les trois grands principes pour faire disparaître un corps :

Premièrement, l’endroit doit être absolument sûr. Personne hors de votre contrôle ne viendra creuser. Personne ne découvrira le secret sous la terre.
Deuxièmement, un lieu où l’on peut dissimuler le corps parmi des morts ordinaires, de sorte que celui qui le trouve n’appelle pas la police.
Troisièmement, même si la police est appelée, elle ne peut déterminer l’identité du défunt.

Le troisième principe était applicable il y a vingt ans, mais aujourd’hui, avec les progrès de la médecine légale, il est presque irréalisable. 

Vu son QI, Xu Wenchao aurait donc forcément privilégié les deux premiers.

Pourquoi avoir choisi Binhai ?

Jeter les corps au large présentait un risque considérable qu’ils soient repêchés. Les emmener plus loin nécessitait un moyen d’aller en mer, et ce n’était pas possible en toute saison. Certains corps avaient nécessairement été enterrés à terre.

Ni Xu Wenchao ni les trois générations de la famille Su n’avaient, dans leurs origines ou leurs parcours, le moindre lien avec Binhai. Alors pourquoi ce choix ? Était-ce simplement parce qu’un photographe indépendant avait trouvé le paysage vierge et magnifique ?

Une semaine plus tard, grâce à la coopération des polices des deux villes, la poussière retomba enfin sur cette affaire majeure d’une complexité, d’une durée et d’un retentissement exceptionnels.

Sous diverses pressions et flatteries, le pianiste de l’hippodrome identifia finalement l’un des quatre autres hommes présents sur les photographies. Leur système d’admission était strict : il fallait être introduit. Au départ, on ne pouvait qu’emmener la petite Su Luozhan au restaurant. Il fallait dépenser énormément d’argent et entretenir la relation longtemps avant d’accéder au statut de « membre senior ».

À mesure que les « membres » s’identifiaient les uns les autres, c’était comme arracher un radis et voir toute la chaîne venir avec ; y compris ceux qui ne figuraient pas sur les photos, d’anciens membres déjà retirés des transactions. Parmi eux, nombre de figures respectables et prospères. Lorsque la police frappa à leurs portes, le scandale fut retentissant.

En suivant étroitement la piste suggérée par Fei Du, le corps de Guo Fei fut retrouvé dans le cimetière sauvage d’un village situé le long de la route nationale reliant le Mont Lotus à la ville. Les habitants racontèrent qu’avant la généralisation de la crémation, on y enterrait spécialement les morts violentes ou prématurées. Le lieu, chargé de superstitions, effrayait. Personne n’osait s’en approcher.

À l’époque, un villageois ivre s’y était égaré par erreur et avait découvert un tertre funéraire qui n’aurait pas dû se trouver là. Terrifié, il avait propagé plusieurs histoires de fantômes.

Malheureusement, à cause des tabous, personne n’était allé vérifier.

Les annonces, les collectes de preuves, les inculpations… Le travail ne s’arrêta pas. Quand tout prit fin, Luo Wenzhou réalisa soudain que l’on était déjà à la mi-septembre.

Le premier jour où il reprit un rythme de travail normal, il n’eut même pas le temps de savourer la chose qu’il aperçut, à l’entrée, une petite voiture de sport arrêtée. À côté, un sale gosse bien connu souriait en regardant un agent de la circulation lui dresser une contravention.

 

 

 

 

 


Voila, on débute le livre III ! On change d'univers par rapport aux deux premières enquêtes. 

Pour le moment on part sur trois chapitres le lundi, trois chapitres le mercredi et trois chapitres le samedi.   

À l’exception d'aujourd'hui où j'en poste quatre, vu qu'il y a le chapitre "Lecture à voix haute". 

 

 

 

 

  1. Porcelaine officielle de Ru (汝瓷, Rǔ cí) : La porcelaine de Ru est l'une des céramiques les plus rares et les plus prisées de l'histoire chinoise. Produite sous la dynastie des Song du Nord (960-1127), elle était exclusivement réservée à la cour impériale pendant une très brève période, d'environ vingt à quarante ans, autour de 1100. Sa glaçure, d'une teinte bleu-vert unique, est souvent décrite comme « le bleu du ciel après la pluie » (天青, tiān qīng), une couleur que l'empereur Huizong (souverain artiste et esthète) aurait vue en rêve et ordonné de reproduire. La surface présente généralement de fines craquelures, et les pièces sont d'une simplicité élégante, sans décor superflu. La production n'a duré que quelques décennies avant la chute des Song du Nord en 1127. Moins d'une centaine de pièces complètes auraient survécu jusqu'à aujourd'hui, dispersées dans les grands musées du monde. Cette rareté leur confère une valeur inestimable. En 2017, un lave-pinceau en porcelaine de Ru a été vendu aux enchères pour près de 38 millions de dollars. Mentionner la porcelaine de Ru dans un texte, c'est évoquer le summum du raffinement esthétique chinois, un objet d'une beauté presque mythique, réservé à une élite et porteur de toute la nostalgie d'un âge d'or révolu.

 

 

 


 

 

 

 

Vous pouvez me retrouver sur : Instagram - TikTokWattpad  - AO3 -Tumbler

 

Retour au sommaire 

 

 

 

 

Commentaires

  1. Ooh je suis venue juste pour vérifier par hasard et que vois-je ? Des chapitres 😍 Merci !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. J'ai été assez productive ces derniers jours donc on embarque pour le livre III ! ☺️ Heureuse d'avoir pu agréablement te surprendre

      Supprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Top Edge : Chapitre 10 - Il faudra payer pour continuer à mater

Bienvenue sur Danmei Traduction FR

Top Ege : Chapitre 1 - Révéil étrange