Silent Reading : Chapitre 62 - Macbeth IV

 

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— « Pourquoi tu dis que ce n’est qu’une rumeur ? »
— « Parce que je n’y crois pas spécialement. » Fei Du allongea les jambes sur le large siège passager et s’étira, déchirant au passage son déguisement de bon élève pour laisser réapparaître son insouciance habituelle. « S’il existait vraiment une telle personne, la famille Zhou l’aurait reconnue depuis longtemps. De toute façon… »

Luo Wenzhou sentit instinctivement que la suite ne serait pas agréable et s’apprêta à l’interrompre. Mais Fei Du, comme s’il venait de se souvenir de quelque chose, s’arrêta de lui-même.

Lang Qiao, perplexe, relança :

— « De toute façon quoi ? »
— « De toute façon, le Vénérable Zhou s’est tenu correctement ces dernières années. Même s’il y avait eu une incartade dans sa jeunesse, ça n’aurait été qu’une fois. Il a accompli énormément d’œuvres publiques ces dernières décennies. C’est un peu le retour du fils prodigue. Son épouse est décédée depuis longtemps, il n’y a plus personne pour lui reprocher quoi que ce soit. Personne n’est parfait. N’est-ce pas encore plus louable d’avoir fauté puis de s’être amendé ? » Avec un sérieux impeccable, Fei Du ajouta : « Au vu de ses accomplissements, je ne crois pas que le Vénérable Zhou ait eu besoin de dissimuler son passé. »

Lang Qiao hocha vigoureusement la tête, persuadée que le Président Fei n’avait rien du “directeur général dominateur” des romans douteux. On pouvait presque lui décerner une médaille de vertu.

Luo Wenzhou lança un regard d’avertissement discret au jeune homme. Il avait parfaitement saisi le sous-texte. Dans leur cercle de sales garnements, un enfant illégitime ne signifiait rien, surtout à un niveau comme celui de Zhou Junmao. Même si son épouse avait été vivante et farouchement accrochée à lui, cela ne l’aurait pas empêché d’avoir autant de bâtards qu’il le souhaitait.

— « Même si ce n’est qu’une rumeur, ça ne veut pas dire qu’il n’y a rien derrière », poursuivit Fei Du en changeant de sujet. « Zhou Huaixin n’a pas tort sur un point, une voiture est une arme évidente. Pourquoi ne pas creuser un peu plus du côté du chauffeur responsable de l’incident ? »

À peine avait-il fini qu’un appel de Xiao Haiyang arriva.

Luo Wenzhou l’avait envoyé se renseigner sur la situation personnelle de Dong Qian auprès de ses collègues.

Xiao Haiyang, qu’il ait ou non un permis, ne connaissait manifestement pas la notion de frein. Même le signal téléphonique semblait haleter sous la vitesse de son débit.

— « Capitaine Luo, j’ai interrogé les collègues de Dong Qian, tout est conforme à ce qu’a dit Lao Qiu, rien d’exploitable. Alors j’ai pris l’initiative de vérifier ses comptes bancaires, ses biens, ses dossiers médicaux et sa situation familiale. Je peux faire un rapport ? »
— « Binocles, il est déjà mort, on n’est pas à la minute près. Respire un coup et parle plus lentement. » Luo Wenzhou avait l’impression d’avoir des hallucinations auditives. « Tu as vérifié tout ça en si peu de temps ? Même ses bilans médicaux ? »
— « Dong Qian résidait en ville. Son épouse est décédée, il n’avait pas de parents âgés à charge, mais une fille unique, Dong Xiaoqing. Vingt-quatre ans, célibataire, diplômée, comptable dans un grand magasin. Rien d’anormal sur leurs comptes ou leurs biens : les dépenses correspondent à leurs revenus et à leur niveau de vie. Dong Qian n’avait pas de mauvaises habitudes, vivait simplement. Ses revenus étaient corrects, ses économies à six chiffres et il était propriétaire. Son dernier examen médical montre que la tension, le cholestérol et la glycémie sont un peu élevés, mais tout le reste est parfaitement normal. Ah, j’ai aussi interrogé quelqu’un sur le lieu de travail de sa fille. Pas de dépenses importantes récemment, pas de petit ami, pas de maladie. Elle est émotionnellement stable. »

Luo Wenzhou avait mis le haut-parleur. Les trois occupants de la voiture restèrent stupéfaits devant la capacité de Xiao Haiyang à déverser les informations sans respirer.1

Lang Qiao murmura :

— « Mon Dieu… quel… »

Un « hein ? » confus se fit entendre à l’autre bout.

— « Ne faut-il pas écarter la possibilité d’un tueur à gages ? Je ne pense pas que mon raisonnement soit faux. »

Luo Wenzhou fit signe à l’inspectrice de se taire et d’apprendre quelque chose de ce collègue survolté.

— « D’après ce que tu dis, il n’avait ni parents ni enfants à charge, pas de dettes et une situation financière correcte. Alors, le fait qu’il ait accepté ce travail particulièrement pénible, au délai serré, c’était exceptionnel ou normal ? »

Silence.

— « Eh bien… »
— « Haiyang, chez les chauffeurs longue distance, conduire épuisé est courant. Les anciens savent somnoler les yeux ouverts sans appuyer sur l’accélérateur », expliqua Luo Wenzhou avec beaucoup de patience. « Puisque Dong Qian conduit des camions depuis tant d'années sans accident, et que ces derniers temps, il n'y avait rien d'anormal dans sa santé ou ses émotions, pourquoi un tel accident arriverait-il aujourd'hui ? Tu veux savoir s'il a été engagé comme tueur à gages, et tu utilises la méthode de l'épuisement pour éliminer une par une toutes les circonstances auxquelles tu peux penser. Ce n'est pas une méthode d'investigation très rigoureuse, car il y a des choses dans ce monde que tu ne peux pas imaginer. Si possible, l’idéal serait de trouver une cause à l'accident qui soit étayée par des preuves. »
— « Compris, Capitaine Luo, je vais enquêter tout de suite ! »
— « Attends, je disais juste ça comme ça. On n’a même pas établi qu’il s’agissait d’un meurtre. D’abord, pourquoi ne pas… »

Trop tard. Xiao Haiyang avait déjà raccroché avec enthousiasme.

Luo Wenzhou resta un instant silencieux.

Il comprenait mieux pourquoi le petit n’était pas apprécié au sous-bureau du Marché aux Fleurs. En plus d’être socialement maladroit, il avait cette ardeur professionnelle qui donnait l’impression qu’il était prêt à saisir le trône à tout moment. Aux yeux de Wang Hongliang et des autres, il devait représenter un risque latent. Pas étonnant qu’ils ne l’aient pas intégré à leur cercle.

Le plaignant restait vague, les autres protagonistes arrivaient encore à Yancheng, les médecins légistes n’avaient toujours pas atteint de conclusions. À part le camarade Xiao Haiyang, courant partout à la recherche de la vérité, les autres n’avaient rien à faire.

Luo Wenzhou déposa Lang Qiao en chemin, puis reprit la route du Commissariat Central avec Fei Du. Là, chacun récupérerait sa voiture pour rentrer chez soi.

Fei Du rafraîchit son téléphone.

La nouvelle de la mort de Zhou Junmao était partout.

Il parcourut quelques pages.

— « Comme prévu, quelqu’un chez les Zhou gère bien la communication. Si j’appelais des gens pour leur dire de vendre à découvert les actions du groupe avant la fermeture des marchés américains, ce serait trop charitable ? »

Il y avait des embouteillages qui obligeaient les véhicules à faire demi-tour à l'intersection. Luo Wenzhou lui lança un regard dubitatif.

— « Tu parles de Zhou Huaixin ? »
— « Le président du conglomérat Zhou, M. Zhou Junmao, est mort dans un accident de voiture. Les circonstances sont suspectes, son second fils a déjà saisi la police. » Fei Du lut le titre à voix haute, un brin moqueur. « Tu crois qu’ils cherchent la petite bête, hein ? Avec un personnage comme Zhou Junmao, même une mort naturelle susciterait des rumeurs de drames familiaux, alors un véritable accident… Zhou Huaixin, l’un des héritiers, est le seul actuellement dans le pays. S'il n'était pas venu immédiatement pleurnicher auprès de la police pour exiger une enquête approfondie, quel rôle lui aurait-on attribué ? Après tout, tout le monde pensait que Malcolm et Donalbain2 avaient tué leur gracieux père. »

La file de phares devant eux s’étirait comme un dragon lumineux.

Luo Wenzhou fit semblant de ne pas relever l’allusion.

— « Comment était la relation entre Zhou Huaixin et son père ? »
— « Un fils indigne, hors des normes, décalé par rapport à tout le clan Zhou, comparé en permanence à son grand frère, athlète de décathlon et modèle accompli. » Fei Du haussa les épaules. « À ton avis ? Forcément tendue. »

Un silence.

Puis Luo Wenzhou demanda calmement :

— « Et toi ? D’après ce que je sais, tu n’as pas dérapé à l’adolescence, tu es fils unique. Pourquoi ta relation avec ton père était tendue ? »

Fei Du resta figé une seconde. Puis il tourna la tête vers lui, esquivant avec un sourire rusé.

— « Hmm ? Le Capitaine Luo s’intéresse autant à moi ? J’ai entendu dire que, selon les règles tacites de notre société, on ne s’enquiert du contexte familial de quelqu’un que si on le considère comme un partenaire potentiel. » Il se pencha légèrement vers lui. « Tu es sûr de vouloir savoir ? Si je comprends bien… »

À cet instant, la voiture devant eux avança en cahotant. Luo Wenzhou appuya sur l’accélérateur et bondit en avant, puis pila net. Fei Du fut rejeté contre son siège passager.

— « Si tu ne veux pas en parler, n’en parle pas », dit le conducteur d’un ton terne. « Mais évite ce genre de manœuvres. »

Fei Du éclata de rire, sans répondre.

Ils restèrent silencieux un moment. Le feu passa au vert, puis au rouge. La file pour faire demi-tour s’immobilisa de nouveau ; il leur faudrait attendre la prochaine ouverture. Autour d’eux, les conducteurs impatients klaxonnaient les uns après les autres. Parfois, une vitre s’abaissait ; des fragments de musiques diverses s’échappaient dans la nuit.

Peu à peu, le sourire de Fei Du s’effaça.

Peut-être était-ce la densité de la nuit. Peut-être cette foule compacte, paradoxalement, donnait-elle un sentiment de solitude. Il parla soudain :

— « Parfois, je trouve qu’il est très difficile d’échapper à ses origines et à l’environnement dans lequel on a grandi. »

Luo Wenzhou tourna la tête vers lui.

— « Les idées, les habitudes, le tempérament, les manières, le niveau moral, la culture… Ces choses qui peuvent changer sont comme les branches et les feuilles d’une plante. Tant qu’on le veut, on peut se tailler vers n’importe quelle direction. » Fei Du s’enfonça dans son siège, les yeux mi-clos, contemplant le ciel nocturne de la ville de Yancheng. « Mais les couches plus profondes, l’essentiel… C’est extrêmement difficile à modifier. Ce qu’on rencontre dans la toute première enfance, quand on n’a encore aucune notion du monde, s’enfouit dans l’inconscient. Ces traces se cachent dans tous les concepts abstraits que tu assimiles à travers ta langue maternelle. Tu ne t’en rends pas compte, mais elles t'imprègnent toute la vie. »

On aurait dit qu’il avait épuisé toutes ses forces. Dans son esprit, une porte massive, aux gonds rouillés, ne s’ouvrait qu’à peine, malgré tous ses efforts.

Luo Wenzhou attendit patiemment, mais Fei Du ne poursuivit pas.

— « Capitaine Luo, tu peux me prêter ta main ? »

À cette annonce, tous les nerfs du corps de Luo Wenzhou se rassemblèrent instinctivement dans sa main droite posée sur le côté. Fei Du la recouvrit très lentement, très doucement. Ses doigts étaient longs, fins, glacés ; sa paume, chaude. Il n’appuya pas, lui laissant la possibilité de se dégager à tout moment. Une sensation indescriptible remonta le long du bras droit de Luo Wenzhou. La température dans l’habitacle sembla grimper de deux degrés d’un coup. Les muscles de son avant-bras se tendirent d’instinct, mais il ne retira pas sa main.

Fei Du baissa la tête, tenant cette main avec précaution. Cela lui fit penser à Luo Yiguo, réveillé en sursaut par un cauchemar, courant se blottir près de son oreiller au milieu de la nuit.

Soudain, la voiture derrière eux klaxonna avec insistance. Luo Wenzhou sursauta ; le feu avait changé, un espace vide s’ouvrait devant lui, invitant les autres à s’y engouffrer. L’expression fragile de Fei Du s’évapora comme de la buée. Le coin de ses yeux en amande se releva. Il se pencha rapidement et déposa un baiser sur le dos de sa main, ses doigts frôlant au passage l’endroit le plus sensible de sa paume.

Luo Wenzhou retira aussitôt sa main. Fei Du cligna des yeux avec une innocence étudiée.

— « Oh, pardon. Le charme du Capitaine Luo est vraiment trop puissant. J’ai franchi la ligne sans m’en rendre compte. »

Luo Wenzhou pesta intérieurement :

« Ce type transformait la séduction en tactique militaire. »

Il perdit patience. Tout en franchissant péniblement l’intersection, il lança :

— « Fei Du, est-ce que je t’ai trop gâté ? »

Son passager, observant son expression, jugea qu’il avait dépassé les bornes, et se tut prudemment. Luo Wenzhou quitta la circulation en direction de l’entrée ouest, tenant fermement le volant, et les ramena à toute allure au Commissariat Central.

— « Nous, les gens normaux, on n’a pas l’habitude de coucher avec nos connaissances. » Le visage légèrement fermé, Luo Wenzhou fit signe à Fei Du de descendre. « Si tu es en manque, va retrouver ton copain squelettique qui peint des tableaux et boit comme un trou. »

Il claqua la portière et s’éloigna sans se retourner.

Fei Du, assis seul dans la voiture de service, baignait dans l’aromathérapie vaguement écœurante, savourant le malaise que Luo Wenzhou venait de laisser derrière lui. Il trouva ce goût particulièrement intense ; il avait très envie qu’il y ait une suite.

Xiao Haiyang remonta ses lunettes et courut jusqu’à l’hôpital, sortant sa carte en chemin. Il la brandit devant une jeune femme qui semblait avoir perdu son âme.

— « Vous êtes Dong Xiaoqing ? Bonjour, je suis… »

Le regard glacé de Dong Xiaoqing l’interrompit.

— « La police ? » Ses yeux étaient rouges, sa voix enrouée par les sanglots. « Vous êtes déjà allés enquêter sur mon lieu de travail ! Quoi, vous n’avez rien trouvé, alors vous venez m’interroger, moi aussi ? »

Xiao Haiyang n’était pas doué pour parler aux gens. Il resta un instant sans voix. Décontenancé, il se racla la gorge, puis déclara d’un ton maladroitement rigide :

— « Je faisais seulement un relevé de situation… »

Dong Xiaoqing le fixa obstinément.

Après un long moment à chercher ses mots, Xiao Haiyang demanda d’une voix peu assurée :

— « Dong Qian acceptait-il habituellement ce genre de mission difficile ? D’après ce que je sais, votre famille… »
— « Ma famille n’a pas d’emprunts usuraires, personne n’a de maladie incurable, et mon père n’était pas un joueur incapable de rembourser ses dettes ! On n’était pas riches, mais on vivait correctement. On n’avait pas besoin de tuer quelqu’un pour un peu d’argent ! »

Dong Xiaoqing attrapa son téléphone. Le sujet brûlant en ligne fermentait déjà, ouvrant sa gueule sanglante sur cette jeune fille seule au monde. Elle lança brusquement l’appareil à Xiao Haiyang.

— « Mon père a eu un accident. C’est sa faute, sa responsabilité. S’il faut verser une indemnisation, je paierai. Si je n’ai pas assez, j’emprunterai. Même si je dois me tuer à la tâche toute ma vie, je rembourserai. Mais vous n’avez pas le droit de le calomnier comme ça sans raison ! Il est mort, il ne peut même plus se défendre. Vous devez vraiment tremper vos petits pains dans le sang humain pour les manger3 ? »

Xiao Haiyang ramassa silencieusement le téléphone, ne sachant que dire.

— « Eh bien… »
— « Ma mère est morte dans un accident de voiture. À cause de ça, il n’a pas osé toucher un volant pendant un an avant de reprendre la route. » Les larmes de Dong Xiaoqing coulaient à torrents ; elle le regardait avec haine. « Et maintenant vous dites qu’il a percuté quelqu’un pour de l’argent ? Comment pouvez-vous être comme ça ? Comment pouvez-vous être aussi ignobles ? »

 

 

 

 

 


J’aime ce précieux moment de vulnérabilité de Fei Du 🥺, même si ces foutus embouteillages ont tout gâché. Ils n’auraient pas pu durer encore ?!!

Et puis Wenzhou qui ressent tant de choses au contact de la main de Fei Du et qui le compare tout le temps à Yiguo 🥰 On sait que tu les adores, tes précieux chats au caractère compliqué !

Par contre trésor, si Fei Du allait vraiment voir ailleurs, tu ferais une syncope ! Vraiment, tu voulais te la jouer nonchalant mais ta réplique rappelait le très cliché "tu n'as qu'à aller voir ta pouffiasse !" 😂

 

 

 

  1. Déverser les informations sans respirer : Dans ce passage, à l’origine il y a une morceau en plus, « Manger du raisin sans recracher la peau ». Cette phrase est l'incipit du plus célèbre virelangue (绕口令, ràokǒulìng) de la langue chinoise. Sa version complète est : « Manger du raisin sans recracher la peau. Ne pas manger de raisin mais recracher la peau. » (吃葡萄不吐葡萄皮,不吃葡萄倒吐葡萄皮). Ce virelangue a été conçu pour exercer la prononciation des sons difficiles en mandarin, notamment les consonnes b [p] et p [pʰ] , dont la distinction repose sur l'aspiration. Au-delà de sa fonction pédagogique, l'expression est fréquemment citée dans la culture populaire. L'évoquer, c'est convoquer tout un univers de jeux de mots, de défis linguistiques et de complicité culturelle.

  2. Malcolm et Donalbain : personnages de la tragédie Macbeth de William Shakespeare. Ils sont les deux fils du roi Duncan d'Écosse. Dans la pièce, après l'assassinat de leur père les deux frères fuient l'Écosse par crainte d'être assassinés à leur tour. Malcolm se réfugie en Angleterre, Donalbain en Irlande. Leur fuite soudaine les rend immédiatement suspects aux yeux de l'entourage : on les accuse d'avoir commandité le meurtre de leur propre père pour s'emparer du trône. C'est cette rumeur que le personnage de Lennox évoque avec une ironie amère dans la pièce : « Qui ne trouverait monstrueux que Malcolm et Donalbain aient tué leur gracieux père ? »

  3. Tremper ses petits pains dans le sang humain (吃人血馒头) : Cette expression percutante puise son origine dans un célèbre récit de la littérature chinoise moderne. Elle fait référence à la nouvelle « Le Remède » (药, Yào) de Lu Xun (鲁迅), publiée en 1919. Dans cette nouvelle, des parents désespérés, croyant aux superstitions populaires de l'époque, achètent un mantou imbibé du sang d'un révolutionnaire exécuté pour tenter de guérir leur fils atteint de tuberculose. Ils ignorent que ce remède macabre est inefficace et que le sacrifice du révolutionnaire est incompris par le peuple qu'il voulait sauver. Lu Xun utilisait cette image pour dénoncer l'ignorance, la superstition et l'indifférence de la société de son temps. Aujourd'hui, l'expression est devenue une métaphore puissante pour dénoncer toute personne ou entité qui profite du malheur, de la souffrance ou de la mort d'autrui pour en tirer un bénéfice personnel qu'il soit financier, médiatique ou social.

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

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