Silent Reading : Chapitre 64 - Macbeth VI
La personne qui filmait avait fait très attention.
À part Zhou Huaijin lui-même, il n’y avait dans le cadre qu’une chaise en bois délabrée et un petit morceau des cordes qui le ligotaient. L’arrière-plan était entièrement noir. Impossible de distinguer quoi que ce soit. La vidéo était très courte, moins d’une minute. Elle tournait autour de Zhou Huaijin, inconscient, comme si l’on craignait qu’il ne soit pas reconnu, s’efforçant de laisser les spectateurs voir chaque pore de son visage.
En dehors de cela, le ravisseur n’émettait pas le moindre son.
— « La personne qui a posté cette vidéo a utilisé un tas de proxys. On ne pourra pas la remonter tout de suite », dit Lang Qiao. « Patron, c’est la première fois que je tombe sur un ravisseur aussi étrange. Qu’est-ce qu’il veut, au juste ? On fait quoi ? »
Luo Wenzhou ne répondit pas. Il baissa les yeux et fit défiler l’écran de son téléphone.
Lang Qiao avait réagi rapidement, s’occupant de la vidéo dès qu’elle l’avait repérée. Mais la nouvelle de l’enlèvement de Zhou Huaijin apparaissait déjà sous plusieurs mots-clés, filant dans tous les sens sur Internet.
— « À quelle heure ça a été mis en ligne ? » demanda-t-il.
— « Six heures du matin. »
Six heures, c’était le moment où la ville commençait à se réveiller.
À part un réveil strident, quoi de plus revigorant qu’un potin bien chaud ?
Fei Du soupira et fit un pas en arrière.
— « Capitaine Luo, je devrais peut-être rester à l’écart pour coopérer à l’enquête ? »
Lang Qiao ne comprit pas ce qu’il voulait dire et lâcha simplement :
— « Hein ? »
—
« Hein toi-même. Il fait aussi partie des suspects. » Luo Wenzhou lui
rendit brusquement le téléphone, puis se tourna vers Fei Du. « Pour
l’instant, j’ai besoin de savoir quelles personnes pourraient être
impliquées et quels groupes spéculent en coulisses. Donne-moi une liste
de noms. »
Zhou Huaijin menait une vie très discrète et apparaissait rarement en public. Il circulait à peine une dizaine de photos nettes de lui. Les gens ordinaires reconnaissaient les acteurs et les célébrités, mais qui allait savoir à quoi ressemblait un fuerdai passant l’essentiel de son temps à l’étranger ?
Alors comment cette vidéo de moins d’une minute avait-elle réussi à attirer autant d’attention ? Qui la poussait ?
À première vue, la mort de Zhou Junmao et l’enlèvement de Zhou Huaijin semblaient étroitement liés, comme si quelqu’un avait voulu éliminer le père avant de s’en prendre au fils, toute l’affaire cachant un « drame familial de riches » aux mille ramifications. Mais en y réfléchissant bien, quelque chose clochait.
Admettons pour l’instant que l’accident de voiture de Zhou Junmao ait été délibéré. Dans ce cas, la personne qui l’avait planifié voulait sans aucun doute sa mort ; et surtout une mort discrète, sans attirer l’attention. Le conducteur responsable étant déjà décédé, si la police ne trouvait pas de preuve claire d’un meurtre, l’affaire risquait fort d’être classée comme un simple accident de la route. À l’inverse, l’enlèvement de Zhou Huaijin était beaucoup trop ostentatoire, avec un évident goût pour la mise en scène et le sensationnel. Les objectifs de ces deux crimes étaient diamétralement opposés.
Cela n’avait aucun sens.
Mais à part faire sursauter la police et la population, quel avantage y avait-il à annoncer un enlèvement aussi publiquement ? Avec un événement si délicat à un moment aussi sensible, les seuls à pouvoir en tirer profit semblaient être les capitalistes prêts à profiter de l’occasion pour saigner à blanc le conglomérat Zhou.
Par exemple, des gens comme Fei Du.
Si les bureaux de la sécurité publique de la ville n’avaient pas été « hors marché », une certaine personne aurait probablement gagné assez d’argent en une nuit pour acheter deux commissariats centraux.
—
« Je peux vous donner quelques noms de personnes que je connais », dit
Fei Du en sortant calmement son téléphone pour envoyer un e-mail. « Mais
tu sais que le monde entier est rempli de gens prêts à saisir la
moindre opportunité. Si on exclut les investisseurs privés, je ne sais
même pas combien d’institutions sont impliquées là-dedans. Je ne suis
pas un immortel qui connaît tout le monde. »
— « Enlever quelqu’un à
l’aéroport sans que personne ne s’en aperçoive… Ça ressemble au travail
d’un gros opérateur local. » Le regard de Luo Wenzhou tomba sur lui
comme une lame. « Vous n’allez pas me dire que vous ne connaissez pas
tous les joueurs de ce bac à sable, Président Fei ? »
— « En tant que
suspect potentiel, laisse-moi te donner un conseil. À titre indicatif
seulement, pas forcément correct », dit Fei Du calmement. « À mon avis,
les ravisseurs ont peut-être contacté les personnes qui diffusent cette
affaire. Mais ceux qui la propagent ne sont pas forcément les
kidnappeurs, et ils n’ont pas nécessairement collaboré à l’avance. Alors
que Das Kapital1 dit que
lorsque le profit atteint 100 %, le capital foule aux pieds toutes les
lois humaines, je trouve personnellement cette appréciation peu juste.
En réalité, tout le monde sait que même un profit de 1000 % ne sert à
rien si on n’est plus en vie pour en profiter. Capitaine Luo, nous
mangeons peut-être des petits pains trempés dans le sang humain, mais
nous ne mangeons pas les humains. »
Ses paroles étaient froides et scandaleuses au possible.
Luo Wenzhou le fixa d’un air glacial. Pendant un instant, ils semblèrent revenir à l’époque de l’enquête sur le meurtre de He Zhongyi, lorsque Fei Du était venu au Commissariat Central fournir un alibi à Zhang Donglai et avait débité toute une série de théories absurdes.
— « Très bien, je vais être plus précis. » Fei Du écarta les mains, souriant tandis qu’il versait de l’huile sur le feu. « Nous ne mangeons pas les humains en plein jour. »
Lang Qiao était tétanisée par l’atmosphère épaisse et glaciale, persuadée que les deux hommes allaient finir par se battre. Leurs regards, qui ne cédaient pas d’un millimètre, ressemblaient à des armes laser sorties d’un roman de science-fiction, prêtes à s’entrechoquer dans les airs. Elle se tenait à l’écart, morte de peur, cherchant désespérément une façon de détendre l’atmosphère. Malheureusement, elle ne comprenait même pas pourquoi les deux hommes étaient en désaccord. Après un long moment, elle n’avait toujours pas trouvé la bonne formule et aurait donné n’importe quoi pour échanger sa place avec Tao Ran, qui avait été envoyé fouiller le bassin de la rivière Baisha.
Mais à ce moment-là, Luo Wenzhou détourna soudain le regard, rompant le duel silencieux.
— « Entre le moment où la vidéo a été mise en ligne et celui où elle s’est répandue sur tout Internet, il ne s’est pas écoulé une demi-heure. Les méthodes de cet opérateur sont clairement très rodées. La personne qui agit dans l’ombre n’en est pas à son coup d’essai. Et il est probable qu’elle entretienne une rivalité irréconciliable avec le conglomérat Zhou. Avec ces indices, combien de temps te faudra-t-il pour me donner une liste ? »
Au moment où il terminait sa phrase, le téléphone de Fei Du émit la douce notification d’un e-mail. Comme s’il s’y attendait déjà, celui-ci lui passa son téléphone sans même regarder l’écran.
— « Je suppose que ça doit être l’un de ces deux ou trois groupes. Voici la liste que mon assistante a compilée. Vous pouvez organiser des entretiens avec les responsables. »
Puis il ne regarda plus Luo Wenzhou. Il glissa une main dans sa poche et retourna dans la somptueuse résidence des Zhou. Avec une aisance familière, il accepta une tasse de thé du majordome et alla discuter avec Zhou Huaixin, toujours en pleurs.
Luo Wenzhou parcourut le contenu de l’e-mail. La personne qui travaillait pour Fei Du était manifestement très fiable. En si peu de temps, elle avait non seulement établi une liste d’opérateurs suspects, mais aussi joint les coordonnées des dirigeants concernés, ainsi que des résumés des affaires auxquelles ils avaient été mêlés auparavant ; presque comme un petit rapport parfaitement ficelé.
Luo Wenzhou transféra l’e-mail à Lang Qiao.
— « Va t’occuper des procédures. On doit non seulement rencontrer les responsables, mais aussi vérifier leurs e-mails professionnels, leurs relevés téléphoniques et leur situation financière. Il te faut les autorisations nécessaires, et appelle quelques gars des crimes financiers pour prêter main-forte. »
En quelques mots, il venait de lui confier une montagne de travail fastidieux ; rien qu'à l’entendre, les cheveux de la nuque de Lang Qiao se dressèrent.
Mais il ajouta encore :
— « Si l’hypothèse de Fei Du est correcte, on ne peut pas savoir ce qui va se passer ensuite. Ces gens peuvent faire n’importe quoi pour attirer l’attention, au risque de mettre la victime en danger. Dépêche-toi, pas de retard ! »
Lang Qiao inspira brusquement. Après s’être vu tomber dessus une demi-tonne de pression sans prévenir, elle n’avait plus une seconde à consacrer aux tensions sous-jacentes entre son supérieur et le beau gosse. Elle tourna les talons et partit en courant.
Resté inactif un moment, le téléphone de Fei Du se verrouilla tout seul. L’écran de verrouillage était celui par défaut du système. La coque métallique avait gardé la chaleur de la main de Luo Wenzhou. Il leva la tête et observa le jeune fuerdai au loin qui parlait très naturellement avec Hu Zhenyu et Zhou Huaixin, son langage corporel détendu ; il devait sans doute leur expliquer l’avancement de l’enquête sur l’enlèvement de Zhou Huaijin. Il n’alla pas l’interrompre, sachant qu’il n’était pas du genre à dire une parole de trop.
Il y a longtemps, Luo Wenzhou avait considéré Fei Du comme un individu dangereux.
Bien qu'il n'y ait à peu près pas de limite à la noblesse et à la bassesse humaines, en dehors de situations extrêmes, les pensées d’une personne ordinaire ayant grandi dans une société régie par la loi restent relativement limitées. Par exemple, si quelqu’un apprend qu’un groupe se réunit pour préparer quelque chose de louche, les réactions habituelles sont du genre : “aller voir par curiosité”, “signaler l’affaire aux autorités compétentes”, “s’en tenir à l’écart pour éviter les ennuis”, et ainsi de suite. Parfois, certaines personnes, à la morale corrompue, peuvent même être tentées d’aller se vautrer dans le même bourbier.
Mais des pensées comme “tuer quelqu'un et attirer l'attention de la police en abandonnant le corps là où ils opèrent” n'étaient pas du tout normales.
En temps de paix, même un meurtrier diabolique sait au fond de lui que pousser quelqu’un vers une mort certaine n’est pas quelque chose d’aussi banal que manger et boire. La société tout entière est balisée par les lignes rouges de la loi, renforcées à maintes reprises au fil des ans, de sorte que, génération après génération, les gens ont inconsciemment une référence pour ce qui est tabou. Mais Luo Wenzhou avait clairement senti que Fei Du était différent. Dans son esprit, ces tabous n’étaient que les règles du jeu, au même titre que des comportements comme “exploiter une faille législative pour échapper à l’impôt” ou “accumuler des fonds étrangers pour contourner la régulation”. S’il ne faisait pas ces choses, c’était simplement pour éviter les ennuis ; et si un jour il devait les faire, il n’en éprouverait aucun remords. Il était même prêt à étudier de près ces méthodes pour « jouer avec la loi », au cas où il aurait un jour besoin de s’en servir.
Pourtant, Fei Du avait accompagné Wang Xiujuan, la mère de He Zhongyi, assise sur cette chaise glaciale. Il avait dépensé de l’argent comme de l’eau pour apparaître sur la Canopée du Ciel. Il avait même, le bras fracturé, sauvé Chenchen du couteau de Su Luozhan au beau milieu de la nuit. Luo Wenzhou avait donc fini par penser qu’il avait simplement la langue acérée et le cœur tendre.
Jusqu'à l'instant d'avant.
Pendant un moment, il avait soudainement perçu quelque chose d'anormal dans le sourire inattaquable de Fei Du et sa façon constante de chercher les ennuis.
Il se rappela les paroles vagues prononcées dans la voiture la veille au soir et réalisa qu'il n'avait pas esquivé le sujet après tout. Fei Du semblait avoir grandi dans un endroit différent, où le bien était vraiment le bien et le mal vraiment le mal ; les règles de cet endroit étaient totalement différentes de celles du monde réel. Aussi intelligent qu'il fût, Fei Du devait être bien conscient de son incapacité à s’intégrer, alors il portait soigneusement une peau humaine, se restreignant à un cercle, imitant Tao Ran, imitant Zhang Donglai, imitant tous ceux avec qui il entrait en contact… Ce n'est que devant Luo Wenzhou, qui avait eu une si haute opinion de lui-même quand il était jeune et avait toujours voulu arracher les masques des autres ,que Fei Du avait cessé de jouer la comédie. Il laissait simplement la peau humaine qu’il portait pendre mollement, lui permettant d’apercevoir les crocs venimeux en dessous.
Pour une raison inconnue, dès que cette pensée lui traversa l’esprit, Luo Wenzhou n’eut soudain plus envie de lui en vouloir comme d’habitude. A ses yeux, tout le comportement capricieux de Fei Du depuis la veille au soir devenait soudain compréhensible. Il effleura vaguement cette forme de protection calculée, tendue, maîtrisée, et une douceur faite de sentiments contradictoires s’éleva dans son cœur.
À ce moment-là, l’appel soudain de Tao Ran interrompit son regard et ses pensées.
— « On a trouvé le taxi », haleta son adjoint. « Abandonné près du réservoir. Il reste une odeur d’éther dans la voiture. À part une empreinte de pied sur le dossier du siège conducteur, il n’y a pas de signe clair de lutte. Je soupçonne qu’il y avait plus d’un ravisseur. Sinon, comment auraient-ils pu maîtriser un homme adulte pendant qu’il conduisait ? Ah, au fait, le sac de Zhou Huaijin est dans la voiture. Sa carte d’identité, son téléphone et son portefeuille sont tous intacts… Hé ! »
Il s’interrompit brusquement, inspirant avec colère. Luo Wenzhou devina qu’il retenait un juron et demanda aussitôt :
— « Qu’est-ce qu’il y a ? »
—
« Quelqu’un prend des photos », répondit Tao Ran rapidement. « Ils nous
ont peut-être suivis depuis l’aéroport. Je vais m’en occuper. »
Luo Wenzhou raccrocha et se frotta l’arête du nez, incapable d’imaginer jusqu’où la situation avait dégénéré. Il n’avait vraiment plus envie d’aller voir Internet.
— « On a retrouvé le taxi utilisé pour l’enlèvement. Zhou Huaijin mesure plus d’un mètre quatre-vingts, ce n’est pas un enfant qu’on peut soulever d’une main. Toute personne voulant transporter la victime a forcément utilisé un véhicule. Vérifiez toutes les caméras de surveillance dans un rayon de trois kilomètres autour de l’endroit où le taxi a été abandonné et cherchez des véhicules suspects. Contactez les médias et dites-leur de se tenir tranquilles s’ils ne veulent pas remettre de l’huile sur le feu. Et demandez aussi au service de surveillance d’Internet de nous assister… »
Il n’avait pas fini de parler qu’un technicien leva soudain la tête.
— « Capitaine Luo, la personne qui a mis la première vidéo en ligne vient d’en poster une autre ! »
Le cœur de Luo Wenzhou se serra.
Le fond noir était encore là et Zhou Huaijin toujours inconscient. Mais cette fois, une main gantée était également dans le cadre, tenant un couteau, la lame brillante posée contre la gorge de l’otage. Elle appuya soudain et alors que tout le monde laissait échapper un cri d’effroi, une entaille s’ouvrit à un endroit extrêmement dangereux. L’homme inconscient eut un tressaillement instinctif, et le sang jaillit. Ensuite, la caméra descendit. Les mains gantées de noir arrachèrent le devant de la chemise de Zhou Huaijin et trempèrent un petit pinceau dans le sang qui venait de couler. Sur la poitrine du blessé, elles écrivirent :
« Une entaille pour chaque vidéo supprimée. »
L’agent de la police d’Internet qui s’apprêtait à supprimer la publication fut pris de sueurs froides et appela aussitôt.
— « Capitaine Luo, qu’est-ce que je fais ? Je la supprime ou pas ? »
Le soleil du matin baignait entièrement Yancheng ; l’heure de pointe avait commencé. À peine un instant d’hésitation et la vidéo était déjà repostée à une vitesse hallucinante, se répandant comme une explosion.
Zhou Huaixin l’avait évidemment vue lui aussi. Il poussa un hurlement capable de faire s’effondrer le plafond. Fei Du l’attrapa par la taille, lui arracha son téléphone et le poussa vers le majordome, médusé.
— « Emmenez-le à l’étage pour qu’il se repose. »
À ce moment-là, une voiture s’arrêta devant les grilles de la résidence des Zhou. Un jeune homme d’environ vingt-huit ou vingt-neuf ans en descendit. L’air pressé, il s’apprêtait à entrer lorsqu’il fut bloqué par les policiers postés à l’entrée.
Il sortit précipitamment sa carte.
— « Désolé, voici ma pièce d’identité et ma carte professionnelle. Je suis l’assistant de l’Honorable Zhou… »
Zhou Huaixin tourna la tête et aperçut le nouveau venu.
Aussitôt, il se mit à se débattre furieusement.
— « Non ! Arrêtez ce salaud ! C’est lui le meurtrier ! Et tu as encore le culot de venir ici ! Tu oses venir chez nous ! »
Même si Zhou Huaixin ressemblait à un squelette ambulant, sa frénésie n’était pas à prendre à la légère. Fei Du et Hu Zhenyu, qui n’avaient pas l’air particulièrement costauds, eurent un instant du mal à le retenir. Il agitait les bras comme des armes mortelles et envoya valser sans faire exprès les lunettes de Fei Du. Soudain, une main surgit de nulle part et saisit ses bras qui battaient l’air. Comme on soulèverait un poussin, Luo Wenzhou attrapa Zhou Huaixin, plaqua brutalement la tête du petit maître Zhou et le roula en boule avant de l’enfoncer dans le canapé en cuir véritable.
Le dominant de toute sa hauteur, il demanda froidement :
— « Tu préfères un tranquillisant ou un vaccin contre la rage ? »
Une fois Zhou Huaixin réduit au silence, le jeune homme à la porte esquissa un sourire amer et put enfin terminer sa présentation.
— « Je suis l’assistant de l’Honorable Zhou et le secrétaire du conseil d’administration du conglomérat. Je m’appelle Yang Bo. »
Dès qu’il eut parlé, tous les regards convergèrent vers lui.
Yang Bo. Fils illégitime présumé. Criminel présumé. L’un des bénéficiaires potentiels de la disparition de Zhou Junmao et de Zhou Huaijin…
Il s’était présenté bien tôt.
Ne t’inquiète pas, Lang Qiao chérie, c’est leur façon de flirter. Une sorte de parade nuptiale, si tu veux…
Ah, les pensées de Wenzhou concernant Fei Du me rendent toujours soft. J’aime la façon dont ses méthodes d’analyse évoluent. Genre, il n’est pas aveugle et ne se dit pas soudain que mon bébé est un ange, mais en même temps, il ne reste plus à la surface des choses.🥺
Das Kapital (Le Capital) : œuvre majeure du philosophe et théoricien politique allemand Karl Marx (1818-1883). Le premier volume a été publié en 1867. Fei Du paraphrase un passage célèbre du livre où Marx décrit la soif insatiable de profit du capital. La citation exacte, tirée du chapitre XXIV (« La prétendue accumulation primitive »), est la suivante : « Dès que le profit à réaliser atteint 10 pour cent, le capital s'emploie partout ; à 20 pour cent, il devient ardent ; à 50 pour cent, il est prêt à se briser la tête ; à 100 pour cent, il foule aux pieds toutes les lois humaines ; à 300 pour cent, il n'est pas de crime que le capital ne risque, fût-ce sous peine du gibet. » En citant Marx, Fei Du reconnaît la puissance de cette analyse ; oui, le capital pousse à transgresser les limites morales et légales. Mais il ajoute aussitôt une correction pragmatique : au-delà d'un certain seuil, le profit ne sert à rien si l'on y laisse sa vie. Cette nuance est cruciale dans le contexte : les promoteurs immobiliers peuvent être cupides, mais ils ne sont pas nécessairement des tueurs. Ils préféreront toujours un profit moindre à la prison ou à la peine capitale.
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