Silent Reading : Chapitre 74 - Macbeth XVI

 

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Les voitures de police hurlantes s’étaient arrêtées en cercle autour de l’endroit où Dong Xiaoqing avait trouvé la mort. La caméra de surveillance du carrefour montrait clairement toute la scène, du véhicule qui la percutait jusqu’à la fuite.

— « C’est bien cette voiture. »

Là où le rétroviseur avait frappé Luo Wenzhou, la douleur lançait violemment ; la chair était déjà enflée, même si rien ne semblait cassé. Cela ne l’empêchait pourtant pas de sautiller d’un endroit à l’autre sur la scène en distribuant des ordres.

— « Ce salaud avait le visage couvert, et il était équipé de la tête aux pieds, pas un cheveu visible. Ce n’est certainement pas la première fois qu’il fait un coup pareil. Tourner brusquement à cette vitesse pour renverser quelqu’un… C’est facile de perdre le contrôle et de retourner la voiture, donc il avait forcément prévu sa fuite à l’avance. »

— « Capitaine Luo, vous allez bien ? » Le collègue à côté de lui, qui examinait les images de la caméra de sécurité, fut horrifié en voyant son état. « Pourquoi ne pas demander à un médecin de vous examiner ? »
— « Ça va. Je ne vais pas en mourir. »

Une colère sourde brûlait dans le cœur de Luo Wenzhou, au point qu’elle aurait pu percer un trou dans le sol. Il la réprima de force et dit aussi calmement que possible :

— « Réexaminez les relations sociales de Dong Xiaoqing et de Dong Qian. Toutes les relations. En particulier celles de Dong Qian. La flotte pour laquelle il travaillait, ses clients, les aires de repos où il passait, les endroits où il achetait à manger… »
— « Capitaine Luo, au moins mettez un pansement ! Votre bras saigne. »

Interrompu pour la deuxième fois, Luo Wenzhou finit par exploser :

— « On ne sait toujours pas où est passé le meurtrier qui a renversé quelqu’un en plein jour, alors pourquoi est-ce que vous me fixez tous comme ça, bordel ? »

Les personnes autour de lui furent réduites au silence par son rugissement, comme des cigales en hiver. Le petit médecin qu’on avait appelé n’osa même plus respirer profondément. Luo Wenzhou, irrité, essuya son avant-bras sur sa chemise. Puis, se rendant compte qu’il avait perdu son sang-froid, il inspira rapidement, écrasant à la vitesse de la lumière l’exaspération inutile qui lui montait brouillait l’esprit.

— « Désolé, ce n’était pas contre vous. » Il baissa légèrement la tête, sa voix moins tendue. « Ce meurtrier a tué quelqu’un juste sous mes yeux, et je l’ai laissé s’échapper. C’est mon problème. Je suis furieux et je me suis défoulé sur vous. »

Le collègue à côté de lui connaissait son tempérament et se montra compréhensif.

— « Patron, c’est déjà une chance que vous n’ayez rien. Qui aurait pu l’arrêter ? Vous n’êtes pas un Transformer. »

Luo Wenzhou lui adressa un sourire forcé.

— « Le meurtrier avait le visage et la tête couverts à ce moment-là. Il est peu probable qu’il nous ait gentiment laissé les informations de sa voiture pour qu’on enquête comme on veut. Je pense que… »

Il n’avait pas terminé qu’une équipe partie chercher la voiture selon ses ordres transmit une information :

— « Capitaine Luo, nous avons trouvé la propriétaire du véhicule impliqué. C’est une employée de bureau ordinaire, une femme, qui passait aujourd’hui un examen de qualification professionnelle. Elle dit qu’elle était en retard et qu’elle cherchait désespérément une place. Elle a dû se garer n’importe où. Comme elle avait peur de recevoir une contravention, elle a volontairement choisi un endroit isolé sans caméras de surveillance. Elle ne savait même pas que quelqu’un avait pris sa voiture avant que nous la contactions. »

Luo Wenzhou poussa un profond soupir. Sa bouche porte-malheur venait encore de faire une prédiction exacte.

— « Capitaine Luo, le réseau de caméras a repéré la voiture ! »
— « Lancez la poursuite ! »

Mais ils étaient déjà trop tard.

Une demi-heure plus tard, la police retrouva la voiture abandonnée dans la cour d’une usine désaffectée. Le pare-brise avant de la berline blanche, auparavant bien entretenu, avait subi un choc violent et il ne restait qu’un seul rétroviseur, ce qui lui donnait des airs du personnage de dessin animé une oreille1. Les quatre portières étaient grandes ouvertes et il n’y avait personne. Les phares brisés et le pare-chocs tordu, légèrement éclaboussés de sang, formaient comme un sourire moqueur.

Luo Wenzhou entendit les techniciens venus avec eux commenter à voix basse :

— « Dans quel état elle est… On peut encore la réparer ? »
— « La réparer mon cul. Qui voudrait conduire une voiture qui a tué quelqu’un ? »
— « Mais ce modèle n’est pas donné. Je crois que le prix de base tourne autour de trois ou quatre cent mille, non ? La propriétaire est riche ? »
— « Je ne pense pas. Elle s’acharne à passer un certificat pour trouver du travail. »
— « Si j’étais la propriétaire, je deviendrais fou. Ce n’est pas une catastrophe tombée du ciel, ça ? »

Ces techniciens venaient d’être appelés directement depuis le Commissariat Central. Ils n’étaient pas allés sur la scène du meurtre et n’avaient pas vu le cadavre. Au début, ils ne faisaient pas le lien avec ce meurtre glaçant. Cette “arme du crime” mise à la casse touchait plutôt une angoisse éternelle des salariés : respecter la loi et la discipline chaque jour, travailler dur et courir dans tous les sens, économiser un peu ici et un peu là. En dix ans, réunir assez pour acheter un appartement où l’on ne rentre que pour dormir ; en cinq ans, économiser pour une voiture qui passe son temps coincée dans les embouteillages. Vivre sous le poids des prêts, considérer comme une catastrophe le fait d’arriver en retard et de ne pas faire ses heures complètes. Des années de lutte et de vie frugale, puis quelqu’un s’en empare au hasard et détruit tout en un instant. Impossible de porter plainte auprès de qui que ce soit.

Mais comparé à la jeune fille transformée en tas de chair, perdre une voiture ne semblait plus si grave. On pouvait même appeler ça de la chance.

Les portes et les cours verrouillées dissuadent les honnêtes gens, pas les scélérats. Toutes sortes de lois et de règlements semblent n’exister que pour contrôler les citoyens honnêtes et respectables. Vu sous cet angle, « honnêteté », « décence », « civilité », « raison », toutes ces qualités paraissaient être des défauts qui ne vous rendraient jamais aussi heureux qu’un chien enragé mordant tout le monde.

Lorsque Luo Wenzhou s’approcha, les techniciens occupés à leur travail se turent aussitôt sous l’effet de la pression glaciale qui l’entourait. Il fit le tour des lieux, sachant que le meurtrier avait soigneusement choisi cet endroit pour abandonner la voiture. Tout avait été calculé à l’avance pour assurer une fuite parfaite ; à présent, il devait déjà s’être fondu dans la marée humaine.

Il retourna seul s’asseoir dans la voiture de police garée à l’extérieur de la scène et alluma une cigarette. L’odeur du tabac mêlée à la légère senteur du sang lui fit plisser les yeux. Après un moment de réflexion, il prit une bouteille d’eau et la versa négligemment sur les éraflures et les plaies de sa peau à découvert. Puis il s’efforça d’envoyer des notifications brèves et précises à toutes les personnes concernées. Lorsqu’il arriva au nom de Fei Du, il hésita. Devinant qu’il devait être à l’hôpital, profitant de l’état mental fragile de Zhou Huaijin pour lui soutirer quelque chose, il se contenta de lui envoyer un message.

Il ne s’attendait pas à ce que Fei Du le rappelle avant même qu’il ait rangé son téléphone.

En entendant sa question sans préambule, il expira lentement un rond de fumée.

— « Qu’est-ce qui pourrait bien m’arriver ? »

Fei Du resta silencieux un instant. À travers le téléphone, Luo Wenzhou entendit sa respiration longue et légère. Elle resta suspendue près de son oreille et, sans raison apparente, le calma peu à peu.

Malheureusement, il n’eut pas deux secondes de répit.

Soudain, un tumulte éclata en arrière-plan du côté de Fei Du. Quelqu’un cria quelque chose, suivi de pas précipités et d’un brouhaha de voix. Il leva les yeux et vit Zhou Huaijin agenouillé sur le sol.

En lisant le langage corporel du personnel médical, il comprit le résultat de la tentative de sauvetage.

Le clan Zhou était le principal bailleur de fonds de l’hôpital Heng’ai. Personne n’osait les traiter avec légèreté. Les gens se précipitèrent les uns après les autres pour aider Zhou Huaijin à se relever. Le directeur de l’hôpital et les chefs de tous les services arrivèrent également à leur tour peu après. Leurs « condoléances » ressemblaient à un chœur de grenouilles après la pluie, coassant à l’unisson.

Fei Du était toujours au téléphone. Dans son esprit, une pensée claire se forma :

On dirait que Zhou Huaixin est mort.

À peine cette idée apparue, son cœur eut un léger sursaut, comme lorsqu’une voiture passe sur un petit caillou sur la route.

— « Je pense qu’avec tes capacités, tu aurais dû rattraper Dong Xiaoqing facilement. » Sans cligner des yeux, il fixait les portes sombres de la salle d’opération, sa voix stable. « Tu as déjà participé à de nombreuses prises d’otages, impossible que tu ne saches pas calmer une jeune fille armée d’un couteau. Même si elle avait prévu de se suicider, je pense qu’une seconde d’hésitation t’aurait suffi pour la maîtriser. Alors pourquoi est-elle morte ? Un imprévu ? »

La voix parfaitement calme de Fei Du ressemblait à un bol d’eau tiède qui se déversait dans l’oreille de Luo Wenzhou à travers le téléphone. Sans qu’il sache pourquoi, ses émotions agitées furent rincées par ces quelques mots. Il écrasa sa cigarette, posa le pouce contre son front et, sans raison particulière, eut très envie de le voir.

— « Je ne peux pas expliquer ça clairement en quelques mots… Les collègues sont déjà à Heng’ai. Qu’est-ce qu’il se passe avec Zhou Huaijin ? Il a avoué quelque chose ? »
— « Oui, il a avoué. L’enlèvement, c’est lui qui l’a planifié. »
— « Très bien. Dis-leur de le placer en garde-à-vue et de le ramener au Central. » Luo Wenzhou marqua une pause, puis ajouta : « Attends-moi à l’hôpital. »

Fei Du ne sembla pas remarquer que la dernière phrase avait été prononcée d’une voix plus douce. Il raccrocha et se dirigea vers Zhou Huaijin.

Il n’y avait pas de larmes sur le visage de ce dernier. Ni presque aucune expression d’ailleurs. Il fixa la salle d’opération d’un air incrédule, jusqu’à ce qu’un corps recouvert d’un drap blanc soit poussé à l’extérieur. Soudain, il trouva une force venue de nulle part, repoussa les gens qui tentaient de le retenir et se jeta en avant sans réfléchir. Son premier réflexe fut d’arracher le drap blanc qui couvrait le visage du défunt ; il avait besoin de voir de ses propres yeux.

Zhou Huaixin reposait là, immobile. Son visage était pâle, tirant légèrement sur le gris. Il ne ressemblait en rien à ce qu’il était de son vivant. Fei Du pensa soudain à un tableau qu’il lui avait acheté ; le carrefour d’une grande rue animée. Les immeubles et les panneaux publicitaires verticaux étaient recouverts de larges taches grises appliquées à la hâte, de différentes épaisseurs. La rue était remplie de squelettes en train de marcher, chacun vêtu de vêtements éclatants d’un style différent, distinguant les squelettes selon leur sexe, leur âge et leur classe sociale.

Zhou Huaixin n’était ni particulièrement bon ni particulièrement mauvais. Il choisissait généralement des sujets qui donnaient l’impression que quiconque accrochait ses tableaux dans son salon devait être fou. Beaucoup de gens achetaient ses peintures uniquement dans l’espoir de recevoir ses faveurs. Une fois acquises, elles finissaient au fond d’un coffre à prendre la poussière. Fei Du et leurs compagnons de boisson l’avaient souvent taquiné à ce sujet.

— « Grand Maître Zhou, quand est-ce que tu vas mourir ? Quand tu mourras, ce tableau prendra vraiment de la valeur ! »

Maintenant, tout allait bien. Pour les tableaux abandonnés sous les lits, dans les caves ou dans les débarras, la meilleure nouvelle capable de faire monter leur cote venait enfin d’arriver. Ils avaient l’espoir de revoir la lumière du jour.

— « Président Zhou ! Ne regardez pas, Président Zhou ! »

Tout le monde se précipita pour tirer Zhou Huaijin en arrière. Ses lèvres tremblaient. Il semblait ne pas encore avoir réagi.

Fei Du l’observa de haut en bas.

— « Président Zhou. »

Au milieu du chaos, Zhou Huaijin rassembla péniblement les restes de sa lucidité et leva vers lui un regard faible.

— « Je… Pardonnez-moi, je… ma tête ne… »

À cet instant, la police entra. Ayant reçu la notification de Luo Wenzhou, ils venaient l’emmener.

Fei Du leur tournait le dos. Levant légèrement la main, il leur fit signe d’attendre un instant.

— « J’ai peur que vous deviez les accompagner. Président Zhou, croyez-moi, je peux m’occuper de Huaixin pour vous pour le moment. »

Le regard de Zhou Huaijin balaya les policiers autour de lui. Il sembla vouloir se retourner pour regarder son frère une dernière fois, mais peut-être n’en eut-il pas le courage ; quoi qu’il en soit, il ne regarda finalement pas.

Passé le choc initial, Zhou Huaijin recommençait déjà instinctivement à préserver son image devant les autres. Il repoussa le soutien de ses gardes du corps et se redressa, puis hocha la tête.

— « Alors je vous laisse vous en charger. »

Fei Du planta calmement un autre couteau dans son cœur.

— « Huaixin vous a protégé au prix de sa vie parce qu’il espérait que vous vivriez bien. Président Zhou, prenez soin de vous. »

Zhou Huaijin lui tournait le dos. Ses pas vacillèrent.

— « Ah, au fait. » Fei Du le regardait. « Il y a une autre chose assez importante que j’ai oubliée de mentionner. Lorsque nous avons testé le lien de parenté entre Yang Bo et le Vénérable Zhou, nous avons aussi prélevé des échantillons sur vous et sur Huaixin. Président Zhou, je ne sais pas à quel point les relations dans votre famille sont compliquées, mais l’ADN, lui, est simple et clair. »

Les pupilles de Zhou Huaijin se contractèrent. Lorsque la voix de Fei Du marqua une pause, un pressentiment sombre l’effleura et il se retourna. L’autre secoua la tête d’un air faussement compatissant, dissimulant la trace d’un sourire au coin des lèvres.

— « C’est très étrange. Les résultats du test de paternité sont pourtant limpides. Vous êtes le fils de Zhou Junmao. »

Pendant un instant, Zhou Huaijin sembla ne plus comprendre le chinois. Il regarda Fei Du d’un air hébété, puis, finissant par réaliser, il bondit aussitôt pour l’attraper par le col.

— « Qu’est-ce que vous avez dit ? Répétez… répétez encore… »

Lorsqu’un monde intérieur s’effondre, il suffit de regarder dans les yeux d’une personne pour assister à un spectacle grandiose ; comme une avalanche sur une haute montagne, une tornade balayant un village, un tsunami de dizaines de mètres se fracassant sur la terre, une pluie de météores tombant du ciel… Fei Du ressentit clairement ce plaisir incomparable, celui que les sadiques et les tueurs en série poursuivent avec fascination depuis des temps immémoriaux.

Les policiers à côté d’eux crurent que Zhou Huaijin voulait l’agresser et se précipitèrent aussitôt pour le maîtriser. L’homme, réputé toujours élégant devant les autres, s’effondra complètement.

— « Non ! Non ! Répétez ! C’est impossible ! »
— « Ça va ? »

Un policier aida Fei Du à garder l’équilibre.

— « Ça va. » Il rajusta son col. « Occupez-vous de lui. Si vous ne pouvez vraiment pas le contrôler, utilisez un sédatif. Ne vous inquiétez pas, quand il se réveillera, il vous dira tout. Vous avez travaillé dur, allez-y. J’attendrai le Capitaine Luo. »

Le policier hocha la tête et se dépêcha de rejoindre ses collègues. Après avoir fait une dizaine de pas, il se retourna pourtant pour le regarder. Sans raison claire, un frisson de terreur lui traversa le cœur.

Fei Du organisa méthodiquement la gestion de la dépouille de Zhou Huaixin. Il prévint le médecin légiste, puis se débarrassa habilement du directeur de l’hôpital Heng’ai qui voulait lui poser des questions. Ensuite, il attendit Luo Wenzhou devant l’entrée de l’hôpital. Ce dernier, craignant qu’il ne supporte pas la vue du sang, s’était contenté de traiter rapidement ses blessures visibles. Il s’attendait à devoir l’emmener, déshydraté, directement à l’hôpital.

Mais non seulement Fei Du allait bien, il y avait même une légère couleur rosée sur son visage habituellement pâle.

Ils échangèrent brièvement leurs informations. Luo Wenzhou hésita, puis cacha ce que Dong Xiaoqing lui avait dit. De son côté, Fei Du résuma grossièrement les aveux de Zhou Huaijin, sans mentionner comment il l’avait poussé pas à pas jusqu’à l’effondrement.

Après avoir entendu l’étrange drame familial de la riche famille Zhou, Luo Wenzhou lança un regard de côté à Fei Du.

— « Donc ta soi-disant peur du sang, c’était encore une blague pour te moquer de moi ? »

Le jeune homme sourit sans répondre.

— « Shixiong n’a probablement pas envie de sortir avec moi aujourd’hui. Tu pourrais me ramener chez moi ? À la villa. Tu y es déjà allé. »

Fei Du vivait habituellement en ville, dans un appartement de taille moyenne près du conglomérat. Luo Wenzhou le fixa un moment, puis comprit qu’il parlait de la maison où sa mère était morte.

— « Qu’est-ce que tu veux aller faire là-bas ? »

Toujours avare de mots, Fei Du répondit :

— « Des choses à faire. »

Luo Wenzhou fronça les sourcils, sentant vaguement que quelque chose n’allait pas chez lui. Après avoir appris la mort de Dong Xiaoqing, la première réaction de Fei Du avait été de rappeler pour lui demander ce qui lui était arrivé. Mais maintenant, en le voyant couvert d’ecchymoses florissantes, il ne posait pas une seule question. Celui qui disait d’habitude tant d’absurdités restait maintenant silencieux, affalé sur le siège passager, les yeux fermés.

L’hôpital Heng’ai n’était pas très loin de la villa familiale de Fei Du. Sans circulation, il fallait à peine vingt minutes. Luo Wenzhou arrêta la voiture de service devant la grille de la résidence, sombre et majestueuse, il le poussa.

— « On est arrivés. »

Fei Du ouvrit les yeux. Son regard était si froid qu’on aurait dit qu’ils étaient faits d’une matière inorganique. Il ne dit même pas merci, ouvrant simplement la portière pour descendre.

Luo Wenzhou, ne pouvant plus se retenir, attrapa son poignet.

— « Attends. Qu’est-ce qui t’arrive ? »

Fei Du se débattit, mais il ne put évidemment pas se libérer. Il soupira, semblant épuisé.

— « Lâche-moi », dit-il, presque inaudible.

Plus Luo Wenzhou le regardait, plus il trouvait que quelque chose clochait. Bien sûr, il ne lâcha pas.

— « Toi… »

Il n’avait prononcé qu’un mot lorsque, l’instant suivant, il fut repoussé contre le siège conducteur. Les blessures dans son dos lancèrent violemment, le paralysant à moitié et le clouant sur place.

Des lèvres glacées lui coupèrent le souffle.

 

 

 

 

 

 

 

Ahhh ce premier baiser absolument pas romantique mais tellement en accord avec leur dynamique.

Wenzhou chéri, j’ai vraiment hâte que tu saches à quel point Fei Du souffre et que tu puisses mieux le comprendre… 😭

Quant à mes deux frères, je l’ai déjà dit, je suis en mode "delulu is the solulu". 😔

 

 

 

Une oreille (一只耳, Yī zhī ěr) : One-Ear est le principal antagoniste de la série animée culte Le Détective Chat Noir (黑猫警长, Hēimāo Jǐngzhǎng), diffusée en Chine à partir de 1984. Une une souris anthropomorphe dont le surnom vient de sa particularité physique : il a perdu une oreille lors d'une fusillade avec le Détective Chat Noir au début de la série. Cette blessure, infligée par le héros, devient son trait d'identité et sa marque de fabrique. 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

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