Silent Reading : Chapitre 80 - Macbeth XXII

 

Retour au sommaire   


 

 

 

 

— « Tu rêves pendant les réunions maintenant ? » Luo Wenzhou baissa la voix et donna un petit coup dans l’épaule de Fei Du. « Tu as assez mangé et bu, et ta glycémie n’est pas trop basse, n'est-ce pas ? C'est honteux. »

Fei Du n’avait pas spécialement cherché à se cacher en dessinant. Il prit tranquillement le carnet et le feuilleta.

— « Où est passée l’autre page ? Shixiong, pourquoi tu as arraché une feuille de mon carnet ? »

Avec l’assurance d’avoir raison, Luo Wenzhou répondit :

— « Je l’ai confisquée. »

Puis il réprima son sourire et ouvrit la porte de la salle d’interrogatoire.

Le bruit de leur entrée fit sursauter Zhou Huaijin. Il leva vers Luo Wenzhou un regard vide. En moins d’une journée, cet homme était passé d’un jeune prodige dont l’âge semblait impossible à deviner à un homme d’âge moyen au visage hagard et aux yeux tombants. Chez les hommes comme chez les femmes, cette enveloppe de chair brillante et lisse était fragile, il suffisait qu’un peu de vitalité s’évapore comme de la fumée pour que le corps dépasse sa date de fraîcheur en un clin d’œil.

Avant que Luo Wenzhou puisse parler, Zhou Huaijin rompit le silence.

— « Pouvez-vous me montrer les résultats du test de paternité ? »

Luo Wenzhou resta un instant figé. Mais derrière lui, quelqu’un lui tendit un dossier ; Fei Du semblait avoir prévu la question et l’avait déjà préparé.

— « Les vôtres, ceux de Huaixin et ceux de Yang Bo sont tous là. »

Zhou Huaijin prit une profonde inspiration. Il lui fallut presque une minute entière pour ouvrir ce mince dossier, comme s’il ouvrait la tragédie de toute sa vie. Ses mains tremblaient violemment.

Fei Du abandonna son attitude légèrement moqueuse d’un peu plus tôt et lui tendit un verre d’eau chaude.

— « Mouillez-vous la gorge avant que nous parlions. Je crois que le Président Zhou est un homme de foi ? Selon vos convictions, les gens ont une âme. Les inquiétudes de Huaixin ne se sont pas dissipées, et il ne doit pas être allé bien loin. Ne le laissez pas vous voir dans cet état. »

Pour quelqu’un plongé dans un chagrin extrême, ce genre de conseil bienveillant était le moyen le plus efficace de déclencher des larmes. Au-delà de ses limites, Zhou Huaijin laissa échapper un sanglot ; tout son corps trembla longtemps. Il prit le mouchoir que Fei Du lui tendait et s’essuya le visage.

— « Je vous dirai tout ce que je peux. Quelles autres questions avez-vous ? Vous voulez connaître l’identité des personnes qui m’ont aidé à mettre en scène l’enlèvement ? »
— « Le Président Hu nous a déjà donné ces informations », répondit Luo Wenzhou. « Monsieur Zhou, je ne sais pas si vous êtes au courant, mais Dong Xiaoqing, la meurtrière qui a tué votre petit frère, a été renversée par une voiture et est morte peu après s’être échappée de l’hôpital Heng’ai. »

L’expression de Zhou Huaijin se figea un instant.

— « Vraiment ? » dit-il froidement. « C’est encore trop clément pour elle. »
— « La personne qui l’a renversée l’a fait délibérément », ajouta Luo Wenzhou en fixant attentivement son visage.

Zhou Huaijin recula légèrement et croisa les bras devant sa poitrine, adoptant une posture très défensive.

— « Si j’avais fait une chose pareille, j’aurais espéré le faire moi-même. »

Fei Du prit la parole :

— « Président Zhou, pourquoi Dong Xiaoqing a-t-elle été réduite au silence si peu de temps après avoir commis le crime ? Quelqu’un avait manifestement peur qu’elle dise quelque chose une fois arrêtée. Même si elle était la meurtrière, elle n’était qu’un couteau. Vous ne voulez pas savoir qui tenait ce couteau ? »

Les joues de Zhou Huaijin se tendirent immédiatement.

Fei Du poursuivit :

— « Quoi qu’il en soit, Dong Xiaoqing est morte. Peu importe à quel point vous la détestiez ou à quel point vous auriez voulu la réduire en morceaux, cela ne sert plus à rien. Même si vous pouviez traîner son cadavre dehors pour le fouetter, elle ne sentirait rien. Vous êtes prêt à accepter cela ? »

Les émotions de Zhou Huaijin furent aussitôt attisées. Il fixa Fei Du, les yeux injectés de sang.

Après un long moment, il demanda :

— « Que voulez-vous ? »
— « Je vous ai posé une question tout à l’heure à laquelle vous n’avez toujours pas répondu », dit Fei Du. « Pourquoi n’avez-vous jamais demandé pourquoi elle voulait vous tuer ? Savez-vous quelque chose ? Connaissiez-vous Dong Xiaoqing ? »
— « Je ne la connaissais pas », répondit Zhou Huaijin. « Je ne l’avais jamais vue auparavant. Si j’avais seulement soupçonné quelque chose d’étrange, je n’aurais jamais laissé les gardes du corps la laisser entrer quand elle s’est approchée. »

Fei Du hocha la tête.

— « Donc vous vous êtes souvenu de quelque chose plus tard. »

Zhou Huaijin devait avoir la gorge sèche. Il prit le verre d’eau que Fei Du lui avait servi et le vida d’un trait.

— « J’ai vraiment fait certaines choses déshonorantes, mais Huaixin, lui, était innocent du début à la fin. Si vous pouvez lui rendre justice, peu m’importe que le clan Zhou fasse faillite et devienne sans valeur dès maintenant. Peu m’importe d’être ou non l’héritier légitime… Monsieur Fei, vous comprenez ce que je veux dire. »

Fei Du observa soigneusement ses paroles et son expression. Comme un caméléon aux réflexes rapides, il ajusta aussitôt le rythme et le ton de sa voix et répondit très directement :

— « Je comprends. J’ai profité de la situation précaire de votre entreprise pour faire des bénéfices. Comme vous ne semblez pas m’en tenir rigueur, je ne présenterai pas d’excuses. »

Zhou Huaijin leva les yeux vers le plafond. Les lumières piquaient cruellement ses pupilles. Il sembla hésiter, ne sachant pas par où commencer.

Après un long moment, il dit :

— « Avez-vous obtenu des résultats positifs dans votre enquête sur les fonds de charité du clan Zhou soupçonnés de blanchiment d’argent ? Si vous n’avez rien trouvé, cherchez encore un peu. Il doit forcément y avoir quelque chose. Malheureusement, ils se sont toujours méfiés de moi et ne m’ont jamais laissé approcher ces activités, donc je n’ai aucune preuve. Mais je sais que le clan Zhou n’est pas un groupe de pieux bouddhistes. Ils n’ont pas bâti leur fortune uniquement par des moyens légaux. »

Luo Wenzhou demanda :

— « Vous faites référence au soupçon selon lequel Zhou Junmao aurait assassiné Zhou Yahou ? »
— « Pas seulement. » Zhou Huaijin secoua la tête. « Ce n’est pas seulement ça. Ceux qui volent un crochet sont pendus ; ceux qui volent un pays deviennent princes1. Le siège du clan Zhou est à l’étranger, et les eaux sont profondes. Après tant d’années de succès et de renommée, beaucoup de choses sont devenues impossibles à vérifier. Après le choc de l’attaque de Dong Xiaoqing, je me suis souvenu de quelque chose. Il y a de nombreuses années, ma vie a croisé la sienne… Et cela a un lien avec Zheng Kaifeng. »

Marquant une légère pause, il reprit rapidement :

— « Vous devez déjà connaître l’origine de Zheng Kaifeng, il a commencé comme homme de main pour un passeur d’êtres humains, puis il s’est associé à Zhou Junmao et a parcouru le monde en se donnant des airs d’homme accompli. Mais les gens médiocres restent médiocres, ils ne peuvent jamais changer ce qu’ils sont. Jusqu’à aujourd’hui, il n’a toujours pas appris à se tenir debout comme un être humain civilisé. »

Le coin de l’œil de Fei Du tressaillit légèrement et la pointe de son stylo s’arrêta un instant sur la page, mais Zhou Huaijin ne s’en aperçut pas du tout, entièrement plongé dans ses souvenirs.

— « Cela devait remonter à… plus de vingt ans, peu après la naissance de Huaixin. La dépression post-partum de ma mère empirait de jour en jour. Elle était presque devenue folle, impossible de communiquer avec elle. Elle n’avait plus l’énergie de s’occuper de lui, alors j’ai déplacé son berceau dans ma chambre et je l’ai gardé avec moi tous les jours. »

Luo Wenzhou l’observa.

— « J’ai entendu dire qu’un bébé qui hurle toutes les nuits peut conduire de jeunes parents au bord de l’effondrement pendant plusieurs années. Monsieur Zhou, vous étiez très patient pour votre âge. Votre famille ne pouvait pas engager une nourrice ? »
— « Il n’y a pas beaucoup de jeunes hommes dans ce monde qui aiment sincèrement les bébés. Moi, j’avais simplement peur. »

Zhou Huaijin ferma doucement les yeux et inspira profondément. Il tendit la main vers Luo Wenzhou.

— « Vous pourriez me donner une cigarette ? Merci. Le fait que j’aie pu survivre juste sous le nez de Zhou Junmao reposait entièrement sur la protection de ma mère. Mais à cette époque, son état physique et mental empirait de jour en jour. J’étais désespéré. En la regardant chaque jour, je voyais mon destin suspendu à un fil. Huaixin était la paille à laquelle je me suis raccroché au hasard. À cette époque, je ne le quittais presque jamais. Parfois je réduisais même ma nourriture en bouillie pour lui en donner quelques bouchées. Je pensais que, quoi que Zhou Junmao veuille faire, il hésiterait à s’en prendre à son propre enfant. » Plongé dans ses souvenirs, il poursuivit. « Cette nuit-là, Huaixin avait mouillé son lit. Il hurlait. Je me suis levé à moitié endormi pour changer ses couches. Quand j’ai enlevé l’ancienne, je me suis rendu compte qu’il n’y en avait plus de propre. J’allais aller en chercher dans le débarras, mais j’ai vu que la lumière était allumée dans le bureau du premier étage. Zhou Junmao, qui n’était pas rentré à la maison depuis plusieurs jours, tenait une réunion secrète avec Zheng Kaifeng. »

Il marqua une nouvelle petite pause :

— « À cette époque, la stratégie principale du conglomérat visait l’Asie de l’Est. Le clan Zhou voulait profiter de la politique nationale encourageant les investissements étrangers pour s’emparer du marché et obtenir une main-d’œuvre bon marché. Zheng Kaifeng dirigeait personnellement cette activité. Sa valise était posée près de la porte. Il devait tout juste descendre de l’avion. Si Huaixin ne m’avait pas attendu, quand je les ai vus tous les deux, je me serais immédiatement retourné pour fuir. Mais je n’avais pas le choix. J’ai essayé d’être aussi silencieux que possible pour passer devant le bureau et me glisser vers le débarras… Et c’est à ce moment-là que j’ai entendu Zheng Kaifeng dire des choses comme “Mort et déjà froid, ne t'inquiètes pas, il n’y a absolument aucune trace”… »

À ce moment-là, Zhou Huaijin s’arrêta. Il posa les mains sur son front et pressa ses tempes, prenant une profonde inspiration.

— « Quand on vit chaque instant dans la peur pour sa vie, on devient particulièrement sensible à certains mots-clés. Dès que j’ai entendu le mot “mort”, avant même de comprendre le contexte, j’ai été si effrayé que mes mains et mes pieds sont devenus glacés. Je suis resté figé sur place. »

Il continua :

— « Ensuite j’ai entendu Zhou Junmao dire : “J’ai vu les informations, on dirait qu’il y a eu un petit accident.” Puis Zheng Kaifeng a répondu : “Vous voulez parler de ce Dong ? Inutile de s’inquiéter pour lui, il ne sait rien. Il ne regardait pas où il allait et s’est retrouvé mêlé à l’affaire. C’est sa malchance.” Zhou Junmao a ri et a dit : “Il n’y a rien au monde que l’argent ne puisse acheter. Peu importe si c’est un peu cher, tant que ça évite les ennuis.” »
— « Attendez une minute », intervint soudain Luo Wenzhou. « Monsieur Zhou, pouvez-vous me donner un moment précis ? Quand cela s’est-il produit ? »

Après plus de vingt ans, le simple fait que Zhou Huaijin puisse répéter approximativement ces paroles était dû à la terreur extrême et à l’adrénaline qu’il avait ressenties à l’époque. Il lui était très difficile de se souvenir d’autres détails immédiatement ; il fronça involontairement les sourcils.

Fei Du observa son visage fatigué et tapa doucement la table en bois avec le capuchon de son stylo.

— « Président Zhou, étudier et travailler la journée, puis s’occuper d’un bébé la nuit, c’est difficile même pour un adulte. Vous étiez encore à l’école à l’époque, n’est-ce pas ? Est-ce que cela a affecté vos résultats ? Vous endormiez-vous en cours ? »
— « Ça allait… Mes cours n’étaient pas très lourds, seulement des matières de base l’après-midi… » répondit Zhou Huaijin instinctivement. À ce moment-là, il sembla saisir un fragment lointain de sa mémoire. « Oui, c’était une école de commerce. J’y étudiais à ce moment-là. J’avais dix-sept ans. C’était ma première année. »

Cela remontait à vingt et un ans.

Fei Du poursuivit :

— « Vous avez dit que la porte du bureau n’était pas fermée. Donc ce n’était ni l’hiver, où il aurait fait froid, ni l’été, où la climatisation aurait été allumée ? »
— « Exact. Il ne faisait ni froid ni chaud. Si ce n’était pas septembre, alors c’était octobre. L’état mental de ma mère était fragile. Une fois la nuit tombée, personne ne se déplaçait librement dans la maison, et la plupart des employés ne comprenaient pas le chinois. Ils pouvaient donc parler avec la porte ouverte. »

Luo Wenzhou échangea un regard avec Fei Du, puis baissa la tête pour envoyer un message à Tao Ran :

« Septembre ou octobre, il y a vingt et un ans. Est-ce qu’il s’est passé quelque chose concernant le clan Zhou ou la famille Dong ? »

La voix de Tao Ran arriva rapidement dans son oreillette.

— « J’allais justement te le dire. Le 16 septembre de cette année-là, la mère de Dong Xiaoqing est morte dans un accident de voiture. »

Le coin de l’œil de Luo Wenzhou tressaillit ; la date de la mort de Zhou Junmao était également le 16. Le premier jour où Fei Du avait « pris ses fonctions ».

Zhou Huaijin continua :

— « Après avoir entendu cela, je n’ai pas osé rester plus longtemps et je me suis enfui. Mais je me suis toujours souvenu de cet incident. À l’époque, les informations circulaient peu. Quand on était à l’étranger, il était difficile d’obtenir des nouvelles de l’intérieur du pays. J’ai vu l’étiquette de bagage enregistré sur la valise de Zheng Kaifeng et remarqué que l’abréviation de la ville de destination était celle de Yancheng. J’ai donc secrètement contacté une amie de confiance qui étudiait en Chine et je lui ai demandé de m’aider à chercher des informations liées à Yancheng, au nom Dong et à une mort suspecte. »

Luo Wenzhou consulta les vieux articles de presse que ses collègues à l’extérieur venaient de lui envoyer sur son téléphone.

— « Vous avez trouvé la nouvelle disant qu’un homme d’affaires bien connu était mort dans un accident de voiture ? »
— « Oui. Trois mois plus tard, l’entreprise qu’il avait bâtie lui-même a été rachetée par un investisseur étranger. La source de cet investissement provenait d’une société écran enregistrée aux îles Caïmans par le clan Zhou. »

Zhou Huaijin écarta les mains.

— « Vous voyez, lorsqu’un meurtrier tue quelqu’un sans être puni, la seconde fois il sera encore plus impitoyable. Pour prendre une comparaison un peu déplacée, c’est comme quelqu’un qui triche aux jeux : il finit par développer l’habitude de tricher partout. Deux voyous sont devenus de célèbres entrepreneurs et ont réussi à entrer dans la haute société en tuant un Zhou Yahou. S’ils éliminaient un autre obstacle, ils pourraient prendre le contrôle de son réseau national et gagner dix ans d’avance d’un seul coup. À l’époque, le pays encourageait les investissements étrangers, et les meilleurs projets ne revenaient pas aux entreprises qui n’étaient pas implantées localement. Président Fei, vous avez beaucoup d’expérience dans le monde des affaires. Savez-vous combien cela coûte d’accumuler les relations nécessaires pour rivaliser avec des marques locales dans un endroit inconnu ? »

Fei Du soupira.

— « Je sais aussi que soudoyer un chauffeur routier qui se trouve justement prêt à mourir ne peut pas se faire pour n’importe quel prix. Votre honorable père était le genre d’homme à renverser l’échiquier s’il ne pouvait pas gagner. »
— « Cette femme… cette Dong. » Zhou Huaijin couvrit ses yeux avec sa main. « Quand elle a agi, elle a dit quelque chose. Seuls Huaixin et moi l’avons entendu… »
— « Qu’a-t-elle dit ? » demanda Luo Wenzhou.
— « Elle a dit : “Un ne suffisait pas ? Pourquoi n’avez-vous même pas épargné mon père ?” »
— « Qu’est-ce que ça veut dire ? »
— « Je ne sais pas. Elle semblait croire que, d’une certaine manière, j’avais utilisé le désir de vengeance de son père pour provoquer l’accident de voiture de Zhou Junmao. » Zhou Huaijin secoua la tête. « Mais mes capacités ne sont vraiment pas si grandes. Si la mort de Zhou Junmao était vraiment intentionnelle, je vous recommande d’aller voir Zheng Kaifeng. »

Luo Wenzhou fronça les sourcils, se rappelant soudain les paroles que Dong Xiaoqing lui avait dites avant de mourir.

« Il est l’un d’entre eux aussi… »

Si la mort de la mère de Dong Xiaoqing n’avait pas été un accident mais un complot, alors le fait que le chauffeur responsable et la cible meurent tous deux sur place était exactement la même situation que dans l’accident de Zhou Junmao.

Se pourrait-il que « eux » soient un groupe d' assassins de la route prêts à sacrifier leur propre vie pour emporter celle d’un autre ?

Existait-il une « flotte de la mort » agissant en plein jour à Yancheng ?

Luo Wenzhou se leva brusquement.

— « Amenez Zheng Kaifeng. »

Tao Ran avait suivi tout l’interrogatoire de Zhou Huaijin.

— « Attendez une minute. Dong Xiaoqing pensait que Zhou Huaijin était le véritable commanditaire ? Je ne comprends pas bien, pourquoi aurait-elle pensé cela ? »

Fei Du sortit de la salle d’interrogatoire et intervint :

— « Cela dépend de la quantité d’informations contenues dans le mystérieux colis qu’elle a reçu. Par exemple : savait-elle que Zhou Huaijin avait mis en scène son propre enlèvement ? Que Yang Bo n’était pas du tout le fils illégitime du clan Zhou ? Que Zheng Kaifeng et Zhou Junmao avaient conspiré ensemble lors de l’accident d’il y a vingt ans ? » Il poursuivit : « Lorsque Zhou Huaixin a appelé la police, il a fait beaucoup de bruit et raconté beaucoup de choses absurdes pour semer la confusion. Parmi tout cela, il a dit qu’il pensait que quelqu’un avait divulgué l’itinéraire de Zhou Junmao ainsi que la marque et le modèle de la voiture qu’il utilisait, afin de pousser Dong Qian dans la rumeur selon laquelle il s’agissait d’une lutte de pouvoir entre riches impliquant un assassinat. Pour que Dong Qian réussisse son attaque suicide, il devait y avoir quelqu’un à l’intérieur du clan Zhou qui était en contact avec lui et lui fournissait ces informations. Selon vous, qui est la personne la plus probable ? »

Lang Qiao ajouta :

— « Et puis, personne dans la famille de Zhou Huaijin ne savait qu’il était en réalité le fils biologique de Zhou Junmao. Est-ce que cela pourrait être le résultat d’une manipulation délibérée ? Par exemple, quand Zhou Huaijin était enfant, ses parents n’étaient peut-être simplement pas sûrs, et il y avait toujours des gens pour dire que l’enfant ressemblait plutôt à M. Wang, le voisin d’à côté. Après tout, il ne ressemble vraiment pas à Zhou Junmao. Puis un “ami” serait venu dire qu’il existait une nouvelle technologie permettant de faire un test de paternité, mais qu’avec un conglomérat aussi important que le clan Zhou, il ne fallait surtout pas faire d’esclandre et donner un spectacle aux autres. Il fallait donc le faire en secret. Et cet “ami” se serait proposé pour aider, exactement comme Zhou Huaijin a piégé Yang Bo… »

À ce moment-là, le téléphone se mit à sonner frénétiquement, interrompant Lang Qiao. Au moment où elle décrocha, la certitude d’une mauvaise nouvelle lui traversa l’esprit.

— « Allô ? »

La voix d’un policier chargé de surveiller le suspect retentit à l’autre bout du fil :

— « Qiao’er, préviens le patron… Zheng Kaifeng s’est enfui ! »

 

 

 

 

 

 


Wenzhou, tu kiffes voir ton chéri te dessiner, hein ? Je comprends…

Cette affaire est vraiment complexe, non ? À chaque fois qu’on pense saisir le bout, on voit que le fil est bien plus long que prévu.

Sinon, désolée pour le rythme décousu parfois, je suis malade mais j’essaye de respecter au moins les 9 chapitres par semaine.

 

 

 

 

  1. Ceux qui volent un crochet sont pendus ; ceux qui volent un pays deviennent princes. (彼窃钩者诛,窃国者为诸侯) : Cette citation est un passage célèbre du philosophe taoïste Zhuangzi (庄子, IVe siècle av. J.-C.), l'une des figures majeures de la pensée chinoise aux côtés de Laozi. L'extrait se trouve dans le chapitre « Le voleur » (胠箧, Qūqiè) du Zhuangzi. Zhuangzi y dénonce l'hypocrisie fondamentale de la morale et du pouvoir. Le petit voleur (celui qui dérobe un objet modeste) est puni sévèrement. Le grand voleur (celui qui s'empare d'un État, d'un trône) est non seulement impuni mais honoré, anobli, glorifié, parce que c'est lui qui détient désormais le pouvoir de définir ce qui est légal ou non. Pour Zhuangzi, cette contradiction révèle que la justice et la morale sont des constructions sociales arbitraires, au service de ceux qui détiennent l'autorité. Le véritable criminel n'est pas celui qui transgresse la loi, mais celui qui écrit la loi et s'en sert pour légitimer sa propre domination. 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

Vous pouvez me retrouver sur : Instagram - TikTokWattpad  - AO3 -Tumbler

 

Retour au sommaire 

 

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Top Edge : Chapitre 10 - Il faudra payer pour continuer à mater

Bienvenue sur Danmei Traduction FR

Top Ege : Chapitre 1 - Révéil étrange