My Adorable Pregnant Husband - Chapitre 2
Dans l’hôpital où je travaille, nous sommes trois gynécologues-obstétriciens à temps plein. Mon ancien professeur, Fuwa-san, Shimabukuro, et moi.
Fuwa est excellent dans le traitement du cancer du col de l’utérus. Shimabukuro est obstétricien, récemment arrivé d’Okinawa à cause du travail de sa femme.
C’est les vacances d’été et le nombre de patientes a doublé. Pas à cause des vacances, mais à cause de Shimabukuro.
Monsieur est actuellement à Paris, en train de passer du bon temps avec son fils aîné.
Merci. Vraiment. Merci infiniment.
Cet hôpital est spécialisé dans les cancers gynécologiques. On s’occupe rarement d’accouchements ou de suivis de grossesse sur le long terme, mais on en fait quand même. On suit des femmes enceintes. On traite aussi l’infertilité.
Rien qu’aujourd’hui, trop de patientes. Échographies transvaginales à la chaîne, mesure fœtale par échographie abdominale, contrôle des ovaires et de l’utérus, biopsie, cytologie, consultation pour résultats sanguins…
Et les internes.
Parce que oui, c’est les vacances, donc deux étudiants en médecine sont venus faire leur stage de fin de semestre. L’un est un garçon maigre avec une aura franchement inquiétante. L’autre est chauve.
Pourquoi les envoyer maintenant, sérieusement ? Qu’est-ce que je suis censé leur montrer ? Le mieux que je puisse faire, c’est leur faire regarder un fœtus flotter tranquillement dans du liquide amniotique pendant cinq heures.
Seigneur…
Merde.
⸻
Sur un banc de la salle d’attente, un jeune homme à la carrure impressionnante est assis.
Sa tête bien dessinée est enveloppée dans une serviette. Son cou est épais, ses joues pleines, et toute sa peau a cette belle teinte cannelle. Son visage est assuré, ses lèvres charnues, mais ses yeux, eux, n’arrêtent pas de tressaillir. Il a l’air extrêmement nerveux. Le T-shirt blanc qu’il porte, trempé de sueur et collé à sa peau, semble prêt à se déchirer à chaque mouvement de ses pectoraux. Un simple regard suffit à deviner qu'il doit être maçon ou quelque chose dans le genre.
Il abaisse son bras lourd et puissant vers son abdomen, et pour une raison étrange, son corps se contracte.
Il a mal.
— Ce n’est pas étrange qu’il soit dans un service de gynécologie-obstétrique ?
— Si, répond Fuwa en se grattant la joue, visiblement embêté.
Puis il m’explique la situation.
Taichi Iwamoto, 25 ans. Il est venu en pensant avoir des hémorroïdes. Aucun antécédent médical, en parfaite santé. Depuis quelques jours, il se sent fatigué, avec des bouffées de chaleur. Aucun autre symptôme. Appétit normal. Transit normal.
Charpentier de profession, comme d’habitude, il s’est penché pour soulever du bois et a senti quelque chose d’humide couler entre ses jambes. Croyant à une diarrhée, il s'est précipité aux toilettes, mais ses sous-vêtements étaient rouges de sang.
Il est venu ici immédiatement.
Apparemment, son patron lui a même lancé une menace du genre :
“Si tu as vraiment des hémorroïdes, tu ne peux pas continuer à travailler ici. Tu peux perdre énormément de sang, même avec un effort léger.”
Sauf que… il n’a pas d’hémorroïdes.
Même après un examen rectal par un chirurgien, aucune masse, aucune fissure significative. Pourtant, pendant la consultation, Iwamoto continuait de saigner. Le sang était sombre, et il séchait rapidement, ce qui nous a au moins rassurés sur le fait que ce n’était pas artériel.
Les analyses montrent un sang légèrement plus fluide que la normale pour un homme, mais pas d’anémie et une tension qui reste normale.
Et ses douleurs abdominales ont empiré.
Tout ça est étrange, mais il y a forcément une explication.
Et c’est là que Fuwa se souvient soudain d’une pathologie évoquée lors d’un congrès auquel nous avions assisté. Un colloque sur la santé digestive.
— Ça peut paraître idiot, mais… le docteur Ishikawa en avait parlé, tu te souviens ? Je n’ai jamais vu de cas réel. Enfin… un homme avec un utérus fonctionnel ? Même moi, ça me paraît absurde.
Et là, ça me revient.
Cette mutation qui a agité le monde médical ces dernières années. Certains parlent de miracle, d’autres d’intervention divine. D’autres encore d’une évolution de l’espèce humaine.
Une mutation liée à l’alimentation.
— Tu es en train de me dire que ton diagnostic, c’est un HMFU ?
Homme à Fonction Utérine et Annexielle.
— Mais ce type a l’air un peu instable… Il est grand, massif. On dirait qu’il peut nous frapper à tout moment. Qu’est-ce que je suis censé lui dire ? Il est anxieux, frustré. Il saigne, il souffre. Tu peux lui parler ?
Je m’exclame :
— Je n’ai jamais vu de HMFU ! C’était une hypothèse de conférence !
— Eh bien… j’ai lu quelque chose récemment dans un magazine japonais.
Une rubrique étrange : “Maladie rare à ne pas confondre avec des
hémorroïdes”.
— Sérieusement ?
— Si tu n’y vas pas, j’y vais.
Merde.
Fuwa est un chercheur brillant, je ne peux pas lui enlever ça. Mais avec les patients, c’est une catastrophe. Il a déjà causé des problèmes à répétition, même à l’université. Trop direct. Trop brutal.
Merde. Je suis le seul sur qui cet hôpital peut compter.
Ah. Non.
Je suis juste le seul ici.
Sérieusement, pourquoi est-ce qu’on confie des missions aussi délicates à un pauvre type incapable de parler aux gens ?
Je jette un coup d’œil aux internes. Le charpentier a à peu près leur âge. Il a l’air complètement perdu. Le pauvre, il n’a probablement jamais été malade de sa vie. Voir du sang comme ça a dû le terrifier.
— Vous devriez faire une pause, je vais m’occuper du patient seul, dis-je aux étudiants.
Je prends enfin ma décision.
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