My Adorable Pregnant Husband - Chapitre 4

 

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— Yuge-sensei, le patient…
— Merci. Iwamoto-san, veuillez vous asseoir de ce côté. Je suis Yuge, votre gynécologue-obstétricien.

Derrière l’infirmière, Taichi Iwamoto paraît encore plus massif une fois debout. Il est plus grand que moi ? Et cette musculature… Il doit peser le double de n’importe qui ici. Ça en devient presque gênant de lui demander de s’asseoir sur une serviette pour contenir le saignement.

L’homme s’incline légèrement, sans un mot. Ses lèvres sont épaisses et une vitalité brute déborde de tout son corps. Ses yeux sont ceux de quelqu’un de solide, déterminé. Son cou est aussi épais que ses bras et ses jambes.

Quand il s’assoit, le mobilier métallique grince bruyamment.

— D’abord, excusez-nous pour l’attente.
— Pourquoi je suis dans un service de gynécologie-obstétrique ?

Il fait semblant d’ajuster sa blouse, mais sa voix se brise presque.

Il doit être à bout.

— Je suis venu pour des hémorroïdes, non ? Ce n’est pas ça ? Vous ne pourriez pas au moins me donner quelque chose contre le saignement ?

Il soupire avant de continuer.

— Franchement… C’est une blague ? Je ne devrais pas être ailleurs ? Aux urgences ?

J’avale toute la salive accumulée.

Calme-toi. Si tu paniques, il ne te fera jamais confiance.

— Je vais tout vous expliquer, je vous le promets. Mais avant ça, Iwamoto-san… Avez-vous des vêtements de rechange ? Êtes-vous venu en voiture ? Y a-t-il quelqu’un que je peux appeler ? Nous pouvons vous prêter quelque chose si nécessaire.
— Je n’en ai pas besoin…

Iwamoto ferme les yeux.

— J’en ai assez. Je veux juste rentrer chez moi.

Dans un geste brusque, presque violent, il retire la serviette de sa tête. Ses cheveux noirs sont courts.

— Très bien. Dites-moi simplement ce que j’ai. Pas besoin d’y aller doucement.

Cette fois, il me regarde droit dans les yeux.

Je comprends parfaitement ce qu’il ressent. Moi non plus, je ne garderais pas mon calme si on m’envoyait ici alors que je suis un homme.

Son ton est rude, son attitude aussi, mais étrangement il ne me met pas mal à l’aise.

— Je vais vous expliquer à partir de vos radios, Iwamoto-san.

Je n’ai qu’une chose à faire.

Être clair et précis.

Iwamoto reste sans voix.

C’est normal.

Ses yeux sont grands ouverts, comme s’il refusait de croire ce que je viens de dire. Ses lèvres tremblent, son visage a perdu toute couleur.

Non, pire que ça, il est livide.

Et pourtant, dans cette expression déstabilisée, presque honteuse, il paraît plus jeune. Peut-être qu’il a simplement un joli visage. Ou peut-être que c’est moi qui suis déjà un vieux.

Je dois continuer.

— Je ne peux pas encore confirmer à cent pour cent, mais au vu des symptômes… c’est presque certain. Ce n’est pas une maladie mortelle. Si nous posons le diagnostic d’HMFU, cela expliquerait les saignements. C’est normal. Cela ne remet pas en cause votre fonction masculine, ni votre vie quotidienne…

Je marque une pause.

— Vous avez vos règles, c’est tout. Et cela se reproduira quelques jours chaque mois, comme chez une femme.
— Mais… c’est quoi ce délire… Désolé ! Je… je n’arrive pas à y croire. Ce n’est pas juste une maladie intestinale ?
— Je sais que c’est difficile à comprendre, mais c’est très peu probable que ce soit autre chose.
— Mon corps est… comme celui d’une femme ?
— Oui…
— Et ce que vous avez dit… sur le fait que je puisse tomber enceinte… c’est vrai ?
— Oui. Vous pouvez porter un enfant.
— Porter un enfant…

Iwamoto ouvre la bouche, le regard perdu dans le vide.

— Mais cela ne signifie pas que vous devez le faire.

La chaise métallique grince à nouveau lorsqu’il se retourne brusquement.

Il est énorme, et moi… Je suis incapable de gérer un type comme lui.

— Pourquoi… Pourquoi ça m’arrive à moi ?

Finalement, Iwamoto enfouit son visage dans ses mains. Son cou hâlé est complètement exposé.

— Sensei… c’est dû à quoi ?
— Je… ne le sais pas vraiment moi-même.
— Je… je ne suis plus un homme ?
— Si. Vous êtes un homme. Simplement… votre corps possède des “structures supplémentaires”. Il n’y a rien d’anormal.
— Rien d’anormal ? Vous êtes sérieux ? J’ai un utérus et je saigne ! Ce n’est pas ça, être un homme !

Son visage se tord, prêt à céder aux larmes.

— Et ce truc… HMFU… ça donne l’impression que je n’ai pas le choix, que je dois coucher avec un homme et avoir un enfant ! Je veux pas… je veux vraiment pas…
— Non. Ce n’est pas le cas.
— Évidemment que si ! Je ne veux pas être différent !

Il hurle. Puis baisse les yeux.

Sa voix retombe.

— Alors… Je fais quoi ? Comment je guéris ? Comment j’explique ça si j’ai une copine un jour ? J’ai mes règles comme une femme… je peux avoir un enfant…

Sa voix tremble.

— Je… je suis un monstre.

Quand le concept d’HMFU a été découvert, il y a eu des émissions, des documentaires. Ce n’est pas totalement inconnu. Et puis, ces hommes ne perdent rien, ils gagnent même de nouvelles capacités. Certains y voient une bénédiction.

Mais ça, c’est mon regard de médecin.

Le sien est différent. Son monde n’est pas le mien.

Et pour lui, ce choc est brutal.

— Iwamoto-san… Comme je vous l’ai dit, ce n’est encore qu’une hypothèse. Nous parlons à partir des éléments que nous avons. C’est très probable, mais nous pouvons faire d’autres examens.
— Vraiment ?

Il sourit, mais ses larmes menacent toujours.

— J’ai… j’ai eu une sale journée. Je suis venu trop vite, j’ai oublié ma carte d’assurance… J’ai mal au ventre depuis un moment. Ici…

Il désigne son bas-ventre.

— C’est bizarre…

Pour moi, ça ressemble clairement à des douleurs menstruelles.

C’est difficile de voir quelqu’un souffrir avec cette peur dans les yeux.

Il existe des protections, des antidouleurs, mais lui donner ça maintenant ne servirait à rien. Il faut d’abord confirmer.

— Iwamoto-san. La probabilité d’une autre maladie est faible, mais elle existe. Il faut vérifier. Vous êtes jeune, mais il pourrait s’agir d’une tumeur.
— Hein… ?

Je pose doucement une main sur son épaule.

— Il vaudrait mieux observer la prostate avec une échographie en temps réel. Cela vous rassurera.
— Une échographie ?
— Oui.
— Quel type d’examen ? Ça prend longtemps ?

Enfin, son visage s’éclaire un peu.

— Avec une sonde rectale. Ici, on utilise plus souvent la voie vaginale, car c’est très similaire à l’examen pratiqué chez les femmes. Il y a un fauteuil dans la pièce à côté. Il suffit de vous allonger et d’écarter les jambes. C’est simple, et rapide.

Je me lève et pose une main dans son dos. J’essaie de lui transmettre un peu de réconfort. Mais il se fige complètement puis il me repousse violemment.

— Ne me touchez pas !

Mon dos percute le mur, ma respiration se bloque.

Iwamoto arrache sa blouse et enfile un pantalon à toute vitesse, la chaise métallique tombe dans un fracas horrible. Ses yeux croisent les miens ; remplis d’une tristesse qui me serre la gorge. Comme un enfant grondé.

— Vous pensez que je suis un monstre… Vous n’avez jamais pensé autrement.
— Pardon ?
— Et maintenant… vous voulez même… m’insérer quelque chose. Vous avez dit que c’était comme pour les femmes.
— Non, attendez…

Iwamoto pleure.

C’est normal. Pour ce type d’examen, on utilise aussi la voie anale chez les hommes. Mais il ne le sait pas.

C’est entièrement ma faute.

Je lui ai expliqué comme à une patiente classique, en oubliant qu’il est un homme.

Je veux m’excuser. Je veux le rassurer.

Je le vois essuyer ses joues, encore et encore, essayant de se cacher.

— Je ne suis pas… je ne suis pas…

Il est au bord de la rupture.

— Attendez ! Ce n’est pas ce que je voulais dire…

Je tente de corriger mes mots.

Trop tard.

Des bruits de pas. Des voix. Une agitation soudaine.

Un agent de sécurité. Une infirmière.

Iwamoto s’enfuit.

— Yuge-sensei, ça va ? Vous avez une bosse sur la tête.
— C’est… code jaune.

La porte s’ouvre brusquement. Un agent de sécurité costaud regarde autour de lui.

— On va le rattraper.
— Non ! Attention ! C’est aussi un patient !
— Il saigne, sensei !
— Non, il…
— Il s’est échappé ! Il a passé la porte !

Merde.

Comment ça, il s’est échappé ?

Je baisse les yeux.

Des serviettes ensanglantées jonchent le sol.

Ma poitrine me fait plus mal que ma tête. Parce que, quoi que je fasse…

Je rate tout.

 

 

 

 

 

 

 

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