Silent Reading : Chapitre 95 - Verhovensky VI
Luo Wenzhou fut frappé d’admiration devant la capacité quasi divine de Fei Du à changer d’humeur. Désemparé, il tendit la main pour se soutenir contre le dossier du canapé.
— « Toi… »
Fei Du l’inspecta rapidement, retirant d’abord ces menottes exécrables. Il prit ensuite une demi-seconde pour se demander s’il devait les garder pour son propre usage. Puis il abandonna sagement l’idée ; il n’avait pas l’expérience professionnelle de Monsieur le Policier et risquait facilement de se retrouver pris à son propre piège. Sur ce, il leva la main et lança les menottes dans la salle à manger.
Luo Wenzhou en resta sans voix.
La sagesse naît de l’expérience. Très bien, le gamin saurait se débrouiller dans la vie.
Il lui tint la taille avec précaution en soupirant.
— « Tu sais que tu n’es pas censé faire d’efforts physiques ? »
— « Pas besoin que ce soit intense. Tu aimes quand c’est doux, non ? »
Glissant un genou entre ses jambes, ses mains se faufilant sous ses vêtements, si glacées qu’il en sursauta, Fei Du l’embrassa. D’une voix basse, presque comme s’il délirait dans son sommeil, il murmura :
— « Tu vas aimer. Fais confiance à ma technique. »
Luo Wenzhou le regarda, surpris.
— « Attends… Qu’est-ce que tu viens de dire ? »
Tu as peut-être mal compris quelque chose…
Fei Du soutint son regard. Dans ses yeux se reflétaient deux images inversées, comme si elles l’encerclaient entièrement, réfractant la lumière couche après couche, d’un éclat presque irréel.
Puis il lui sourit.
— « Ge. »
Luo Wenzhou ne put s’empêcher d’inspirer brusquement. Un frisson lui parcourut le cuir chevelu, et son corps réagit instantanément. Bien sûr, Fei Du le sentit. Profitant de son avantage, il pressa davantage, de plus en plus bas contre son dos.
— « Je te veux. »
À l’origine, ce n’était qu’une phrase lancée à la légère, un simple flirt. Mais à l’instant où il la prononça, elle déclencha une tempête dans le cœur de Fei Du ; comme une brise printanière surgie sans invitation, brisant un immense champ de givre, faisant naître quelque chose à partir de rien, emportant tout sur son passage. Les échos gigantesques résonnaient en lui, vibrants, interminables.
Comme s’il avait, par inadvertance, recraché un fragment ensanglanté de son véritable cœur.
Il ferma involontairement les yeux, retrouvant presque pieusement les lèvres légèrement sèches de Luo Wenzhou, répétant ces mots dans son esprit.
Je te veux.
Toute sa vie, il avait esquivé, lutté, fui. Il n’y avait jamais eu personne, ni rien, qu’il ait hésité à abandonner. C’était la première fois qu’un désir étrange s’emparait de lui ; des vagues invisibles se soulevant dans sa poitrine calme, submergeant ses sens aiguisés.
Fei Du oublia même temporairement toutes ses habitudes et ses techniques ; sa bouche, d’ordinaire pleine de paroles mielleuses, resta muette. Il ne put que suivre son instinct, se rapprochant de la proie qu’il semblait poursuivre depuis une éternité.
Luo Wenzhou avait résisté à ses provocations encore et encore, pensant qu’il allait devenir un modèle de vertu, un homme ayant transcendé ses pulsions vulgaires, atteignant le niveau exemplaire que « richesse et pouvoir ne sauraient corrompre et que la force ne saurait plier1 ». Il ne s’attendait pas à ce qu’à la veille de la victoire, l’offensive ennemie monte soudain d’un cran.
Il n’eut même pas le temps d’analyser ce qui avait changé : sa volonté de fer s’effondra sous cette « balle enrobée de douceur ». Les derniers vestiges de sa raison suffirent à peine à lancer un cri désespéré, lui rappelant :
— « Le canapé est trop dur, on peut se blesser. Retourne dans la chambre. N’oublie pas de fermer la porte. »
Puis son « intellect » bavard fut abandonné dans le malheureux salon, en même temps que sa chemise.
— « Dis-moi si je te fais mal, et si ça devient trop, d’accord ? » murmura-t-il à l’oreille de Fei Du, le souffle court. Les cheveux du jeune homme étaient d'un noir intense sur la taie d'oreiller blanche comme neige ; Luo Wenzhou ne pouvait conserver une apparence à peu près humaine qu'en serrant les dents. « Je sais que tu aimes te faire du mal, mais moi, je n’aime pas ça. Je n’aime pas te voir souffrir. »
Fei Du n’avait pas l’esprit assez clair pour réfléchir au sens de ces mots, car il découvrait seulement à cet instant qu’ils avaient peut-être des conceptions différentes sur certains sujets.
— « Non… » Fei Du laissa échapper un rire sec. « Attends… »
Malheureusement, il était déjà trop tard.
Luo Wenzhou caressa l’os saillant de son poignet et le pressa contre l’oreiller. Il passa la langue sur sa canine et entama son interrogatoire :
— « Qui t'a dit que j'aimais être passif ? »
Fraîchement sorti de l’hôpital, seule la conscience de Fei Du fonctionnait encore correctement. Ses poumons et son cœur, eux, révélaient maintenant leur faiblesse ; il était presque à bout de souffle. En tant que célèbre « défenseur des dames », bien que dans une position délicate, il ne tenait pas particulièrement à donner un nom. Aussi garda-t-il le silence.
Luo Wenzhou en resta bouche bée.
— « Cette personne t'a mis dans ce pétrin, et tu te retiens encore ? »
Fei Du réfléchit et trouva ce raisonnement sensé. Il prit donc une décision rapide.
— « Lan Qiao. »
— « Oh. » Luo Wenzhou conclut sans expression son brève interrogatoire et serra légèrement les dents. « Bien, très bien. »
Il ne savait pas qui était le traître tapi dans l’ombre, mais au moins, il avait attrapé celle ingrate.
La nuit fut longue.
Luo Yiguo vint à plusieurs reprises devant la porte de la chambre principale, sautant pour tirer sur la poignée, découvrant avec surprise qu’elle était verrouillée de l’intérieur. Ses moustaches frémirent, son cerveau de la taille d’un haricot réfléchissant un moment, jugeant que tout était très inhabituel aujourd’hui. Ennuyé, il fit quelques tours sur lui-même, poursuivant sa propre queue et finalement, incapable de trouver une explication, il alla se jeter dans son panier longtemps délaissé, s’y étirant de tout son long.
Ah, oui. Il y avait aussi une certaine camarade bavarde qui risquait bien de devoir manger des petits pains à la coriandre au petit-déjeuner.
⸻
Fei Du eut l’impression d’avoir à peine fermé les yeux que le jour pointait déjà.
Il se réveilla lorsque le premier filet de lumière du matin perça à travers l’interstice des rideaux, mais il n’avait aucune envie de bouger. Bien que Luo Wenzhou ait été précautionneux, parfois même un peu trop, cela n’avait pas été facile. Ses blessures l’avaient tourmenté par intermittence toute la nuit. À la fin, peut-être trop épuisé, il s’était endormi, ou simplement évanoui. Quoi qu’il en soit, la douleur n’avait pas perturbé son sommeil, alors il n’avait rien dit.
Il tourna la tête vers Luo Wenzhou, qui l’enlaçait encore, drapé autour de lui, et laissa ses pensées agitées se vider, dériver librement un long moment. Peu à peu, son esprit désordonné retrouva sa place, et une pensée lui vint, tardivement :
Qu’est-ce qu’il voulait dire par « tu aimes te faire du mal » ?
En y réfléchissant, Fei Du se dit que cela pouvait venir de son séjour à l’hôpital. Il n’y avait aucune intimité face au personnel médical, et ils avaient forcément retiré le faux tatouage griffonné. Les traces de décharges électriques avaient dû être mises à nu, alors… Luo Wenzhou pensait-il qu'il était un intense adepte de sadomasochisme ?
Fei Du hésitait encore entre rire ou pleurer lorsque le téléphone de l’endormi, jeté au bord du lit, se mit à sonner.
Au début, il n’y prêta pas attention. Mais alors que la musique menaçait de faire sauter le toit, Luo Wenzhou continuait à dormir comme une masse, sans le moindre signe de réveil. Il n’eut d’autre choix que d’écarter doucement les bras qui l’enlaçaient, de se redresser maladroitement et de passer au-dessus de lui pour attraper le portable. À peine ses doigts l’effleurèrent-ils que Luo Wenzhou, à moitié endormi, le tira de nouveau contre lui, le serrant plus fort.
Cet homme était un sourd sélectif. Ignorant totalement la sonnerie sans fin, il frotta son visage contre le cou de Fei Du, se retourna et continua de dormir.
Vétéran des cas désespérés en matière de lever matinal, le Capitaine Luo était capable de tous les crimes pour grappiller cinq minutes de sommeil supplémentaires, sans la moindre honte. Malheureusement, lorsqu’il partageait son lit avec le chat, Luo Yiguo ne lui laissait aucune chance. S’il ne se levait pas à l’heure pour lui faire des « offrandes », le félin bondissait du haut de l’armoire et s’écrasait sur lui, capable de réveiller un mort. Il ne pouvait donc jamais exploiter son talent pour traîner au lit. Cette fois, ayant enfin l’occasion de déployer ce comportement détestable, il comptait bien en profiter.
Fei Du regarda l’écran.
— « Chéri, téléphone. »
Luo Wenzhou se retourna et s’allongea sur lui, lui caressant inconsciemment les bras pendant un moment. Puis il grogna d’une voix pâteuse :
— « … réponds. »
Le premier appel de Tao Ran s’était déjà coupé faute de réponse, mais manifestement, il avait de l’expérience, car il rappela aussitôt.
Fei Du, sans autre issue, décrocha.
— « C’est moi. Impossible de le réveiller. Je vais mettre le téléphone près de son oreille, débrouille-toi avec ça. »
—
« …Hein ? Euh… Haha. » Tao Ran bredouilla quelques mots inutiles, puis,
après un long flottement, retrouva enfin sa langue. « D’accord… Bon… Il
s’est passé quelque chose, c’est… assez urgent. Tu peux le faire venir
rapidement ? »
— « Je peux essayer. »
Tao Ran eut un rire gêné.
— « Tu viens de sortir de l’hôpital, fais attention à toi. Tu ne devrais pas… enfin… Tu vois ce que je veux dire. »
Ce que Tao Ran voulait dire, c'était peut-être qu'il pensait qu’il avait mijoté Luo Wenzhou dans une marmite et l'avait mangé. Fei Du soupira vers le plafond et plaqua le téléphone contre l’oreille de celui-ci.
Sans savoir si son interlocuteur avait changé, Tao Ran continua :
— « … Il y avait cette affaire il y a quelques jours, le groupe de collégiens en fugue ? Personne n’y a vraiment prêté attention au début, mais l’un des garçons est mort la nuit dernière. Logiquement, l’affaire n’aurait pas dû remonter jusqu’au Commissariat Central… »
Luo Wenzhou ouvrit silencieusement les yeux.
— « Le meurtrier lui a écrasé les yeux et coupé les membres, puis les a disposés à côté… »
— « Où ? »
—
« Dans une ruelle du District de Gulou », répondit Tao Ran d’une voix
grave. « Capitaine, il faut que tu viennes au plus vite. »
Luo Wenzhou se prépara à une vitesse inhumaine. Lorsqu’il se précipita hors de la porte, Fei Du venait juste de boutonner ses manches. À peine avait-il enfilé un gilet en maille sans encore le lisser qu’il revint en courant.
Fei Du jeta un coup d’œil à la porte du bureau restée déverrouillée, comprenant aussitôt. Très prévenant, il fit semblant de ne rien remarquer.
Sans lever la tête, il demanda :
— « Tu as oublié quelque chose ? »
— « Ça. »
Luo Wenzhou s’avança droit vers lui et, sous son regard stupéfait, se pencha pour l’embrasser férocement, ses mains parcourant son corps.
Constatant qu’il n’avait pas l’air de souffrir, il attrapa ensuite sa main et lui donna deux tapes sur le dos, le réprimandant :
— « Sale gosse, qui t’a dit de me provoquer ! »
Après cette démonstration pleine d’assurance l’ayant laissé sans voix, il jeta un coup d’œil à sa montre et repartit comme une tornade.
Le petit cyclone qu’il avait laissé derrière lui mit longtemps à se dissiper.
Fei Du marcha lentement jusqu’à la porte d’entrée, récupéra les clés que Luo Wenzhou y avait oubliées et échangea un regard impuissant avec Luo Yiguo.
— « À son âge, ton père devrait être un peu plus posé. »
Le chat miaula doucement, exprimant avec courtoisie : « Je suis d’accord avec tout ce que tu dis, tant que tu me nourris. »
Entre deux respirations, une douleur sourde serra la poitrine de Fei Du. Il resta un moment adossé à la porte, puis ferma celle du bureau et alla ouvrir une boîte de nourriture pour chat.
Une fois repu, l’humeur de Luo Yiguo était toujours très stable. Il tourna autour de lui en quête de caresses, formant un cercle de fourrure autour de ses jambes. Fei Du l’observa un moment, puis finit par se pencher et tendre la main avec hésitation. Au moment où ses doigts l'effleuraient, son téléphone sonna soudain. Il retira la main comme s’il sortait d’une transe.
Se pinçant l’arête du nez, retrouvant son expression froide et réfléchie, il décrocha.
— « Professeur Pan. »
Pan Yunteng n’échangea pas de banalités.
— « Si vous pensez en être capable, vous pouvez revenir. »
Fei Du sourit légèrement, attendant la suite.
— « Mais souvenez-vous de ceci », poursuivit Pan Yunteng d’un ton glacial. « Peu importe qui vous êtes ou ce que vous voulez, c’est moi qui dirige le Projet Album cette fois. Tous les documents que vous demanderez au Commissariat Central devront porter ma signature et mon approbation. Sinon, vous n’obtiendrez rien. »
Il semblait qu’après avoir lu son article, le Professeur Pan s’était renseigné sur lui.
Seul Fei Du savait que l’accident de voiture de Fei Chengyu n’était que le fruit de ce qu’il avait semé. Pour un observateur extérieur, surtout quelqu’un connaissant une partie de la vérité sur la version précédente du Projet Album, il apparaîtrait simplement comme un orphelin silencieux, déterminé à découvrir la « vérité » derrière la mort de son père.
— « Bien sûr », répondit-il. « Cela a toujours été ainsi, non ? »
⸻
Quand Luo Wenzhou arriva, les voitures de police encerclaient déjà la scène.
Le District de Gulou était une zone touristique. Il y avait très peu d’habitations aux alentours et, pour préserver les bâtiments anciens, l’hôtel le plus proche se trouvait à plus de cinq cents mètres. Le jour, l’endroit était animé ; la nuit, silencieux.
— « Le corps est toujours là. On attendait que tu jettes un œil avant de le faire emporter », expliqua Tao Ran en venant à sa rencontre.
En parlant, il observa Luo Wenzhou de haut en bas, trouvant qu’il avait quelque chose de différent aujourd’hui. Tiré du lit au petit matin, il ne montrait aucun signe d’impatience. Son humeur était étonnamment stable, comme un lion qui, après avoir passé sa vie à hérisser les poils, se transformait soudain en gros chat docile après qu’on lui ait caressé le dos.
Le fauve en question acquiesça, puis demanda, perplexe :
— « Pourquoi tu me regardes comme ça ? »
Plus embarrassé que les principaux intéressés, Tao Ran toussa et détourna les yeux. Il n’était toujours pas habitué à cette relation si radicalement différente.
Luo Wenzhou soupira et dit sincèrement :
— « Taotao, cette jeune femme habite dans le même immeuble que toi, tu la vois tous les jours, elle s'intéresse à toi… et regarde-toi ! Je me demande bien ce que tu fais de tes journées. Ça fait six mois. Je m'inquiète terriblement pour toi. Si j'étais à ta place, on se serait déjà mariés sur un coup de tête. »
Tao Ran n’eut évidemment aucune réponse, ébahi, et après avoir joué les grands méchants loups, Luo Wenzhou se remit au travail, franchissant le cordon de sécurité.
Le lieu du crime était une petite ruelle aux façades anciennes serrées de part et d’autre. Le passage, étroit et profond, abritait deux grandes poubelles en plastique sur le côté. L’une d’elles s’était renversée, dissimulant le corps derrière elle. Sans la vigilance des agents de nettoyage, le cadavre aurait pu rester là longtemps.
Avant même de s’approcher, une forte odeur de sang lui monta au nez. Il était presque impossible de reconnaître les traits du garçon. Les membres sectionnés disposés à côté lui sautèrent aux yeux, correspondant parfaitement aux images qu’il avait vues la veille dans l’affaire de la nationale 327.
Xiao Haiyang prenait des photos du corps. En pleine prise, il sembla se souvenir de quelque chose et s’immobilisa un instant, perdu dans ses pensées. Luo Wenzhou passa près de lui ; surpris, il se redressa aussitôt.
— « Capitaine Luo. »
Il lui répondit, puis examina attentivement le corps.
— « Les parents ont été prévenus ? »
—
« Oui, ils doivent être en route », l’informa Xiao Haiyang rapidement. «
La victime s’appelle Feng Bin, quinze ans, en première année de lycée à
Yufen. C’est lui qui avait publié cette lettre en ligne pour ses
professeurs et ses parents. Le médecin légiste pense que la blessure
mortelle se situe au cou. Il y a des marques de défense sur les mains et
la tête, il a probablement lutté avant de mourir. Il faudra attendre
l’autopsie pour en savoir plus. »
— « Que font ses parents ? »
— «
D’après les dossiers scolaires, son père tient une petite entreprise et
sa mère s’occupe du foyer. Ils sont plutôt aisés, mais ce n’est pas un
fils de riche. Quand ils arriveront, je leur demanderai s’ils ont
récemment eu des conflits en affaires. »
Luo Wenzhou lança, comme à dessein :
— « Yeux arrachés, membres coupés… Ça ne te rappelle rien ? »
Xiao Haiyang se figea, puis ajusta ses lunettes.
— « Capitaine Luo, avez-vous entendu parler de l’affaire des meurtres et vols en série de la nationale 327 ? »
Il le fixa sans rien dire.
— « Une affaire vieille de quinze ans », poursuivit Xiao Haiyang. Puis, comme une machine, il récita les faits avec une précision parfaite, mot pour mot identique au résumé en ligne. « Le principal suspect, Lu Guosheng, est toujours en fuite. Pensez-vous que cela puisse être lié ? »
Luo Wenzhou plissa les yeux.
— « Quinze ans ? Tu connais les détails d’une affaire vieille de quinze ans… Tu avais quel âge à l’époque ? »
— « Je l’ai lue sur l’intranet et… J’ai une bonne mémoire. »
—
« Pas seulement bonne, carrément eidétique. » Luo Wenzhou se redressa,
fit signe au médecin légiste d’emporter le corps, puis ajouta : « Tu
devais avoir de très bonnes notes. Pourquoi être devenu policier ? On
est mal payés. »
Xiao Haiyang sembla pris de court. Déstabilisé, il évita son regard. Après un long silence, il se reprit.
— « Je… je rêve d’être policier depuis tout petit. »
—
« Tu voulais sauver le monde, toi aussi ? » Luo Wenzhou rit, sans
insister. Il leva simplement les yeux vers le bout de la ruelle ; une
ambulance y était stationnée. « Il est mort depuis un moment, pourquoi
une ambulance ? »
Xiao Haiyang laissa échapper un soupir de soulagement.
— « Ah… Oui, Capitaine Luo, j’ai oublié de vous dire : il y avait un témoin sur place au moment des faits. »
Je suis vraiment vraiment désolée pour ce pauvre gamin démembré mais MES BÉBÉS SONT TROP ADORABLES ET AMOUREUX !!! Je fonds 😍😭
- « Richesse et pouvoir (...)» (富贵不能淫,贫贱不能移,威武不能屈) : Cette phrase est une citation célèbre du philosophe chinois Mencius (孟子, Mèngzǐ, vers 372-289 av. J.-C.), l'un des penseurs majeurs du confucianisme, qui vécut à l'époque des Royaumes combattants. Elle se trouve dans le chapitre Teng Wengong II (滕文公下) du Mencius. « L'homme honorable ne peut être corrompu par la richesse et le pouvoir, ne peut être ébranlé par la pauvreté et l'humilité, ne peut être plié par la force et l'autorité. » (富贵不能淫,贫贱不能移,威武不能屈,此之谓大丈夫). La phrase est devenue en Chine un idéal éthique fondamental, presque un credo civique. Elle décrit l'homme qui reste intègre quelles que soient les circonstances, qu'il soit favorisé par le sort ou accablé par l'adversité. C'est la définition confucéenne de la fermeté morale : ne pas se laisser acheter, ne pas se laisser abattre, ne pas se laisser intimider.
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